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INDICATEUR CÉLESTE

l’n grand nombre de personnes aimeraient à s’adonner aux observations astronomiques, niais elles se rebutent souvent devant les difficultés du début, et rencontrent des obstacles qui les découragent quand elles cherchent en vain à reconnaître les constella tions dans la voûte céleste.

La disposition de l’appareil Maupérin, que nous reproduisons ici, peut donner de grandes facilités aux amateurs ; en effet, il permet de nommer instanta-

/ Ckaiiot

,. G J< Ûuxoe \

Figure servant h indiquer comment on trouve dans le ciel l’étoile polaire.

nément chaque étoile ou constellation, que l’on aura fixée, en pointant dans sa direction le viseur on tringle supérieure T. Cette tringle, montée sur la colonne S, est mobile à son centre, dans le sens vertical; dans le sens horizontal, elle entraîne un indicateur-alidade I, fixé au bas de la colonne S, dont les deux branches restent toujours parallèles au plan de la tringle T, quelle que soit leur position sur la carte et l’inclinaison de la tringle T. Les deux extrémités de cette tringle tout terminées : d’un côté, par un croissant C ; de l’autre, par un œilleton 0.

L’appareil ayant été orienté, il suffira, en mettant l’œil au petit oeilleton 0, d’apercevoir, au milieu du croissant C, l’étoile que l’on aura choisie dans le ciel. Celte étoile, avec son noin, se trouvera dans l’intérieur des branches de l’indicatcur-alidade I.

On peut également opérer inversement ; c’est àdire trouver au ciel, à l’aide du viseur T, les étoiles que Ton aura préalablement choisies sur la carte entre les branches de l’indicateur-alidade.

La carte représente exactement le ciel tel qu’on le regarde. Cette disposition nouvelle, inverse de celle adoptée pour toutes les cartes célestes, est trèsimportante; elle évite d’avoir à tenir la carte retournée et placée au-dessus de la tète.

On trouve facilement la Grande-Ourse ou le Chariot, en se tournant vers le Nord. On reconnaît cette belle constellation composée principalement de sept I étoiles secondaires, dont quatre forment un trapèze:

| alpha a, bêta j3, gamma y, delta S (les quatre roues ; du chariot); et dont les trois autres: epsilon e, zêta ç, êta, r,, forment une ligne convexe vers le pôle (le limon du chariot).

La ligne /3 a prolongée du côté d’a, d’environ b fois sa valeur, quelle que soit d’ailleurs la position de ia constellation, passe près d’une étoile isolée qui brille j dans cette région du ciel : c’est la Polaire. Cette | étoile est la troisième a du timon d’une constellation I semblable à la Grande-Ourse, plus petite qu’elle,

I mais placée en sens inverse. Cette constellation est la l’etite-Oursc.

L’appareil ayant été placé dans une cour, un jardin, ou sur une terrasse, de telle sorte que la colonne 11 de l’instrument se trouve dans une position verticale, on dévisse de deux tours la vis V du bourrelet B, ce qui rend mobile la partie supérieure de l’appareil. On dévisse également la vis K et l’on abaisse entièrement dans le sens de la flèche descendante, le côté de la carte qui porte minuit. S’étant mis eu face de Y étoile polaire, on prend la partie supérieure de la carte, par le petit bouton G, où se trouve mii nuit, et, par un mouvement de rotation horizontal ,

| on l’amène devant soi.

On place Tindicateur-alidade sur midi et on le maintient dans cette position tout en manœuvrant le haut de l’appareil, jusqu’à ce que Ton ait aperçu l’étoile polaire au milieu du croissant C, l’œil visant par l’œilleton O. On a alors la ligne méridienne et I Ton a soin de serrer aussitôt la vis du bourrelet B.

Il suffit alors de relever la carte dans le sens de la flèche ascendante, jusqu’à ce que la vis d’arrêt du cercle C vienne buter; elle règle la position du quart du cercle C, suivant la latitude du lieu, puis on serre le bouton K. L’appareil est orienté. ’ •

Ces préliminaires peuvent se faire en moins d’une minute.

Le disque supérieur a une ouverture elliptique, (jui contient pour chaque instant l’ensemble des étoiles visibles sur l’horizon; sa circonférence porte une graduation en heures divisées par b minutes. Il est fixé sur l’appareil. La ligue midi-minuit (en partie pointillée) donne le méridien, l’appareil étant orienté comme il vient d’être dit.

Le disque placé au-dessous est la carte céleste; sur sa circonférence se trouvent les jours de chaque mois. Il est mobile autour delà colonne S, qui figuie l'axe du monde, autour duquel tourne la sphère céleste. Lorsqu’il s’agit d’observer les étoiles, on fait arriver le quantième du jour où Ton est, en face de' Theure à laquelle on observe. On peut dès lors

lire la carte, en visant avec la tringle T, ainsi qu’il a été dit ci-dessus. Toutes les cinq minutes , déplacer la carte d’une division, qui est égale à 5 minutes écoulées. Après la séance d'observation, on peut enlever l’appareil pour le mettre à l’abri ; mais si l’on veut éviter une nouvelle orientation, il suffira de faire un repère sur le sol indiquant la position du pied P, Y appareil orienté, et de ne plus dévisser le bouton R.

Gela peut être utile dans le cas où l’on voudrait

observer les étoiles visibles par un ciel en partie couvert, le Chariot et la Polaire pouvant ne pas cire visibles. — La première orientation pourra ainsi servir une fois pour toutes.

Une petite lanterne L hermétique projette sa lumière sur la face inclinée des cartes, sans gêner l’œil de l’observateur. F.lle peut être placée en L'. L’inclinaison de l’appareil varie suivant la latitude du lieu où l’on se trouve ; à cet effet, le demi-cercle C\

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A.WtX

Indicateur céleste Maupérin.

placé en dessous, permet de faire varier celte inclinaison. Pour Paris, elle est de 48 °j0\

Cet appareil permet également de connaître toujours quel sera l'aspect du ciel, à un jour quelconque d’un mois et à une heure donnée. On placera la carte à ce jour et à l’heure ; elle présentera l’ensemble des étoiles qui seront visibles au-dessus de l’horizon. De même, il sera facile de connaître exactement l’heure à laquelle se lèvent et se couchent les étoiles, ainsi que celles qui ne se coucheut jamais; savoir l’heure à laquelle elles passent au méridien

(ligne midi-minuit de la carte fixe) ; et l’époque où elles apparaissent à l'horizon. On pourra conclure que l’on aura fixé une planète, lorsque l’astre ne sci a pas signalé par l’indicateur-alidade I. Cet appareil convient à tous les établissements d’enseignement, aussi bien qu’aux observateurs les moins versés dans la science astronomique. Sa combinaison dispense d’aucune étude préalable et permet de lire dans le ciel comme dans un livre.

CHRONIQUE

Sir Charles Lyell. — Nous avons la douleur d'apprendre que la géologie vient de faire une perte trèsdouloureuse dans la personne de sir CharlesLyell. Ce savant a succombé dans sa 78’année à Londres, dans sa résidence d’Ilartley— Street. Il était né dans la maison de campagne de son père à Kerriémuir dans le comté de Forfar (Ecosse) , le 1 4 novembre 1797. 11 avait été élevé à l'Université d’Oxford, a\ec l’intention de suivre le barreau. C’est l’inlluence d>s leçons du docteur Bucklund qui le décida à se livrer aux études qui devaient l’immortaliser. Nous n’avons pas besoin de rappeler le succès des principes de géologie qui ont été traduits dans toutes les langues. Nous devons cependant ajouter que la traduction de son Manuel (le géologie élémentaire fut faite sous les auspices d’Arago. Sir Charles Lyell a successivement visité la Norwége, l’Espagne, la Suisse, l’Allemagne et les Étals-Unis. Cette exploration a donné naissance à un de ses meilleurs ouvrages, et l’a conduit, quelques années plus lard, jusqu’au Mexique.

Dans les dernières années de sa vie, sir Charles Lyell a couronné sa carrière par un admirable volume sur l’Ânfiipdté de l'homme , qui a décidé du triomphe des idées ino— d< mes. Il était correspondant de l’Académie des sciences de Paris, membre de la Société royale de Londres, qui lui avait décerné en 1858 la médaille Copley. Dans la session de 1805, l’Association britannique l’avait choisi pour son président, et lord Palmerston en avait fait un baronet. Lors de sa mort, il était lord-bcutenanl du comté qui l’a vu naître. Aucun honneur n’a manqué à sa vie. Une tombe l’attend probablement à Westminster.

Une gloire étudiée sur le lac Léman. — Nous avons souvent parlé dis ombres qui s'entourent d’auréoles lumineuses, comme cela a été observé par Ulloa et par un grand nombre de physiciens ou d’aéronautes. M. le docteur F .-A. Forci vient de décrire une variété nouvelle ou peu connue d’une ombre analogue, qu'il appelle gloire et que l’on voit fréquemment apparaître sur l'eau du lac Léman. L’ombre de l’observateur portée sur l’eau bleue, sur l’eau profonde et transparente, présente cela de particulier, dit M. Forci, d’etro entourée dans certains cas d’une gloire très-brillante. Ce sont des rayons lumineux qui divergent autour d'un centre situé au milieu de l’ombre de la tète. Voii i les conclusions des observations nombreuses de SI. F. -A. Forci :

I. La gloire que nous voyons autour de l'ombre de notre tète, lorsque cette ombre est portée sur l’eau bleue du Léman, est due aux différences d’illumination des couches d’eau. Les couches d’eau sont différemment illuminées suivant qu’elles correspondent aux surfaces convexes (con- j vergentes) ou concaves (divergentes) des vagues. II. La ! production de cette gloire est une démonslralion de. la fa- * eu lté d'illumination de l'eau en raison des poussières qu’elle renferme. De l’eau physiquement pure ne fournirait ni ombre ni gloire; un liquide absolument opaque, de l’encre ou du mercure, offrirait une ombre portée à sa surface, mais point de gloire.

Universités allemandes. — Le corps enseignant des vingt universités de l’empire d’Allemagne a compté pendant le semestre d’été dernier 1,590 membres; il y a eu 17,704 auditeurs. Les membres du corps enseignant ont été : 888 professeurs ordinaires, 554 professeurs. extraordinaires; 3G professeurs honoraires et 558 Privat-Docenten. Les professeurs ordinaires y onl été : b Munich, GG ; il Berlin,

j 59; àGceltingue, 58 ; à Bonn, 57 ; à Leipzig, b7 ; à Strasbourg, 51 ; à Bres'au, 50 ; à Halle, 48 ; à Kcenigsberg, 4G ; à Tubingue.4G ; à Heidelberg, 41 ; à Marburg, 5$ ; àCreifsvvald, 57 ; à Kiel, 57 ; à Fribourg, 5G ; à Giessen, 5G ; à Wurzburg, 50 ; Erlangen, 53; à Iéna, 29 ; à Kostock, 27. Lesprofesseurs extraordinaires (agrégés) ont été : à Berlin, 57 ; à Leipzig, 48 ; à Bonn, 26 ; il Gœttingue, 25 ; à Brcslau, 22 ; a Halle, 22 ; à lLidelberg, 22 ; à Strasbourg, 17 ; à Iéna, 15; à Tubingue, 12 ; à Erlangen, 1 1 ; h Geissen, Il ; à Greifswald, 11 ; à Marburg, 9 ; à Kcenigsberg, 8; à Fribourg, 7 ; à Kiel, G; à Wurzbourg, G; à Kostock, 4. Professeurs honoraires : Munich, H; Iéna, 8; Berlin, 4; Brcslau, 5; Leipzig, 2; Bonn, Erlangen, Fribourg, Geissen, Gœllinguc, Heidelberg, Tubingue, 1 pour chaque; 8 universités n’en comptent point. Les Privât- Docenlen ont été pour: Berlin, 62; Leipzig, 50 ; Heidelberg, 28; Breslau, 24; Munich, 23; Halle, 20 ; Tubingue, 20 ; Gœllingue, 10; Kiel, 15; Iéna, 14: Kœnigsbcrg, 14; Bonn, 15; Marburg, 13; Wurzburg, 15; Strasbourg, 8; Grcifswald, 7 ; Kostock, G ; Fribourg, 5 ; Geissen, 5 ; Erlangen, 1. Berlin compte donc pour 120 professeurs, 02 Prival-Docenlen , tandis que Et langen n’a qu’un Privât- Docenlen pour 45 professeurs.

11 y a eulo,9G5 étudiants inscrits, 1,759 auditeurs bénévoles, total: 17,704, ce qui donne un membre enseignant pour 9 à 10 étudiants et 10 à 11 auditeurs. Sur les 15,905 étudiants on compte 3,717 étudiants cr. médecine qui ont été: à Wurzburg, 518 ; à Leipzig, 502; à Munich, 510; à Berlin, 299 ; à Greifswald, 281 ; à Strasbourg, 184 ; à Brcslau, 170 ; à Halle, 1 G3 ; à Kcenigsberg, ICI; à Tubingue, 158; à Erlangen, 151 ; àGceltingue, 155 ; à Marburg, 152; à Bonn, 126 ; à Fribourg, 1 17, à Heidelberg, 85; à Iéna, 78; à Geissen, 05; à Kiel, 50; à Kostock, 20 ( Wiener, Mcdiz. Wochenschrift) .

Combustion spontanée du charbon. — Les

cas de combustion spontanée du charbon sont très-fréquents. Les causes de ces accidents sont assez variables. D’après la Revue commerciale do Philadelphie, 44 navires ont été détruits ou avariés dans l’espace do deux ans, par suite delà combustion spontanée de charbons bitumineux. Dans ce cas, ce phénomène est sans doute dû à des actions chimiques. Dans la fabrication de la poudre, il arrive souvent que le charbon pulvérisé s’échauffe, et même prenne feu spontanément. Ici la cause est différente. Le charbon finement pulvérisé acquiert des propriétés analogues àcello du fer dit pyrophorique , propriétés ducs à la grande quantité d’oxygène qu’il absorbe sous cet état, et à la chaleur dégagée par la condensation de cet oxygène.

Certains cas de combustion spontanée dans les mines de houille n’ont pas d'autre cause. Cependant les combustions spontanées peuvent se produire dans les mines sous d'autres influences, telles que la décomposition des houilles pyriteuses et des houilles riches en oxygène', ou le frottement dû au glissement de la partie inférieure sous l’action de l’énorme pression qu’il supporte dans certains cas. 11 n’cxisle pas de remède préventif absolument général contre les combustions S| oi.tanécs dans les mines; mais, dans la plupart des cas, une ventilation énergique et continue constitue un excellent moyen d’empèchcr la production de ccs accidents, dont on connaît la gravité.

I> ’Omalius d’IIalloy. — L’illustre doyen des géologues européens, membre de l’Académie royale de Belgique, correspondant de la section do minéralogie de l’Académie des sciences de Paris, est mort le 15 janvier 1875, à 1 âge de 95 ans. Occupant dans sa patrie une position élevée,

LA NAT ÜR K.

dit M. Cli . Sainte Claire Deville (il ctiit vice-président du Sénat belge) il avait, plus qu’aucun savant avant Dumont, fait connaître la nature géologique. La France, à laquelle le rattachaient des liens de famille et de nombreuses amitiés avait été dès longtemps l'objet de ses éludes. Son Essai ( l'une carte géognostique de la France a été justement apprécié par les illustres savants qui devaient doter notre pays de la carte géologique que tout le inonde connaît.

Les vendanges de I8Î4. — On n'a pas oublié bu'à la suite des gelées qui s'étaient produites pendant la première quinzaine du mois de mai dernier, on avait cru qu'au point de vue des vendanges, l'année 1871 ressemblerait à l’année 1875, de triste mémoire. On disait la récolte perdue, et les cours s’étaient ressentis de cette panique. Il résulte des évaluations de l’administration des contributions indirectes que les dernières vendanges n’ont pas donné moins de 62,110,000 hectolitres de vin. Les départements les plus favorisés sont lu Gironde, les Charcutes, l’Aude, l’Hérault, etc. Le chiffre que nous venons de faire connaître n’a encore été dépassé que trois fois : en 1865 (69 millions d’hectolitres), en 1866 (64 millions) et en 1869 (70 millions). On peut même affirmer que, sans la perle do l'Alsace-Lorraine, la récolte de 1874 n'aurait pas été inférieure à celle de 1 866. Quant à la qualité des vins de l’année dernière, on sait déjà qu’elle ne laisse rien à désirer. La production vinicole de la Franco en 1874 représente certainement une valeur de plus d’un milliard et demi.

BIBLIOGRAPHIE

L'Œuvre agricole de if. de Béhague, compte rendu d’une visite faite par une délégation delà Société centrale d’agriculture de France sur le domaine de Dainpierre appartenant à M. de Béhague, membre de la Société, par J.-A. Barrai., secrétaire perpétuel, précédé d’un discours et d’un tableau par M. E. Cuevreul, président. — Un volume in— 1 8 orné d’un portrait de M.de Béhague, d’un plan du domaine de Dainpierre et de 7 ligures dans le texte. — Prix : 5 fr. 50, à la librairie de G. Masson.

Le volume que vient de publier M. Barrai n’est pas simplement la description des cultures de Dampierre ; il pourrait porter le titre de traité expérimental d’agriculture. On v trouve, en effet, déduites d’après l’expérience la plus rigoureuse, les conditions de prospérité de toutes les cultures, et même de celles que l’on ne rencontre que rarement, telles que le lupin, le genêt, etc. Lor.-que M. de Béhague aclie a, il y a cinquante ans, le domaine de Dampierre, sa nouvelle propriété était dans les mêmes conditions que toutes celles qui l’entouraient et qui se retrouvent encore dans une grande partie du centre de la France ; il est arrivé à augmenter de 50 pour 100 son revenu comme propriétaire, et à doubler son revenu comme exploitant. Lo produit du domaine de Dampierre égale aujourd'hui celui des terres les plus réputées. Par quels moyens a-t-il obtenu ce résultat et comment a-t-il pu modifier d’une manière aussi heureuse un sol ingrat et infertile, au cœur de la Sologne, c’est ce que M. Barrai explique dans son nouvel ouvrage avec la clarté et la précision qui sont le caractère bien connu de toutes ses œuvres.

La conservation de V énergie, par Balfour Stewart. 1 vol. in- 8" de la Bibliothèque scientifique internationale. — Paris, Germer Baillière, 1875.

Cet ouvrage, qui traite des forces et des énergies de la

nature, comprend d’abord les notions de la science sur la matière, puis il parle d'une façon originale et méthodique des transformations des forces physiques.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 1** mars 1875. — Présidence de M. Fuéjiy.

Election d'un correspondant. — Une place de correspondant était vacante dans la section de géographie et de navigation. Parmi les candidats, on citait l’empereur du Brésil, et, en outre, le général Edward Sabine et M. Cialdi, tous les deux auteurs de travaux considérables et dont le dernier a publié un énorme et capital ouvrage, sur le mouvement de la mer. L’Académie, a réuni ses suffrages sur S. M. don Pedro d'Alcantara, empereur du Brésil. — Sur 57 votants, M. Sabine a réuni 7 suffrages, et M. Cialdi, 2.

Le bolide du 1 U février. — Décidément, c'cst un vrai bolide. Un astronome de Paris en avait fait une simple illusion d’optique. M. Le Verrier avait déclaré la semaine suivante qu’en présence d’une pareille erreur irisérée aux comptesrendus, il ne daignerait pas la rectifier, et garderait les communications au sujet du météore. Heureusement ce quelqu’un, quia plus d’esprit que Voltaire, a aussi plus de renseignements que M. Le Verrier, et l’éteignoir mis sur la question, par le directeur de l’Observatoire, ne nous empêchera pas d'v voir très-clair. 11 résulte, en effet, d'un grand nombre de lettres analysées par le secrétaire perpétuel que le bonde, accompagné d une longue traînée eu lire-bouchons, est restée visible pendant plusieurs minutes, et s'est montré depuis Paris jusque sur les rivages de l’Océan. Dans la Charente-Inférieure, on l’a vu faire explosion, et se diviser en fragments qui se sont précipités vers la terre. D’après M. Vinot, une chute de pierres aurait eu lieu près du port du Douhet, dans l'ile d’Oléron. Nous aurons sans doute des détails plus complets la semaine pro chaîne.

Décès de deux correspondants. — Un des doyens de l’Académie, correspondant de la section de mécanique, vient de terminer une longue carrière consacrée tout entière à la culture de la science. M. Séguin aîné était le neveu de Montgolfier, et nous l’avons entendu nous-même il y a peu d’années parler avec admiration de son illustre parent. C’est auprès de lui qu’il s'inspira des principes les plus élevés de la physique, grâce auxquels, dès 1839, il formulait en termes précis la théorie mécanique de la chaleur. Ses idées, fécondées par de longues méditations, sont résumées dans son beau mémoire sur l’origine et la propagation delà force. Mais ses méditations, loin d’absorber tout son temps, lui permirent do prendre une part tout à fait décisive à la plus grande invention de notre temps. C’est à Marc Séguin que sont dues les chaudières tubulaires sans lesquelles les chemins de fer seraient impossibles. Associé avec ses frères, il construisit, dès 1825, le premier grand chemin de fer de la France, celui de Lyon à Saint-Étienne. C’est encore à lui qu’il faut rapporter l’honneur d’une invention qui a rendu et qui rend encore les services les plus éminents : nous voulons parler des ponts suspendus en fil de fer qui, par leur bon marché relatif et leur facile établissement, doivent, dans une foule de circonstances, être préférés aux ponts ordinaires. M. Séguin avait 89 ans.

En même temps que l’Académie apprenait celte perte, elle recevait la nouvelle de la mort de l’astronome Argelander, l’un des plus illustres élèves de Bessel, dont la

spécialité était l’élude des étoiles et à qui on duit la nolion du mouvement d’ensemble du syslimc solaire dans l'es- I pace.

Synthèse du platine magnétique. — On sait depuis I longtemps que les pépites de platine de l'Oural présentent souvent avec intensité le magnétisme polaire. Berzélius, qui a signalé celte propriété, a reconnu dans le métal qui la présente l’existence de 7 à 19 pour 100 de fer natif. Toutefois, Gustave Rose pensait que le fer ne suftit pas à expliquer le phénomène, et il était plutôt porté à penser que l'iridiutn, contenu dans les pépites, y était pour quelque chose. Reprenant la question à un point de vue tout à tait nouveau, il. Daubréc arrive immédiatement à la solution du problème. Ce n’est plus par l’analyse qu’il procède, c'est par la synthèse. Du platine étant maintenu en fusion, on y introduit le quart de son poids de fer doux.

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