DU BALLON « LE ZÉNITH
Si la science commence à entrevoir les lois qui président aux mouvements de l'Océan, c’est que des navigateurs ont sillonné la surface do ses eaux, dans leur étendue tout entière; c’est que des observateurs ont jeté la sonde dans leurs abîmes, ont mesuré leur température à différentes profondeurs.
Si nous voulons connaître l'atmosphère qui enveloppe notre globe, qui règle le cours des saisons, qui entretient la vie, il faut procéder de la même façon; il faut la parcourir sur de vastes étendues, la sonder de bas en haut, depuis la surface de
Commcnccmenf du phénomène à 4 h. 30 m. du matin.
Halo lunaire et croix lumineuse observés à bord du ballon le Zénii
la terre jusqu’à ses plus hautes régions. De là, la nécessité de deux modes d’exploration par les aérostats : ascensions de longue durée, ascensions à grande hauteur.
Les expéditions aériennes des Biot et des Gay- Lussac, des Robertson, des Welsli, de MM. Barrai et Bixio, de M. Glaisher, en Angleterre, ont glorieusement ouvert la voie de l’exploration scientifique de l’atmosphère. Dans ces dernières années un grand nombre d’autres voyages aéronautiques, ayant pour but d'étudier les phénomènes aériens, ont été exécutés en France, notamment par MM. C. Flammarion, W. de Fonvielle, etc.; des résultats intéressants ont été obtenus; mais bien des obstacles, bien des entraves arrêtent l’observateur livré à ses propres ressources.
Fin du phénomène à 5 h. 35 m. du matin, i, le 24 mars 1875. (Dessins d’après nature de M. Albert Tissandicr.)
Depuis le siège de Paris, les aérostats ont particulièrement attiré les regards. Une société savante : la Société française de navigation aérienne a été fondée. Présidée l’an dernier par un des plus illustres membres de l'Institut, M. Janssen, qui, par ses grands travaux et sa mille énergie, s’est assuré déjà l’admiration de la postérité ; présidée cette année par un autre membre de l’Académie des sciences, M. Hervé- Mangon, dont le rare dévouement à la science est connu de tous, dont le rôle si actif dans l’organisation de la poste aérienne, pendant la guerre, ne sera pas oublié, la Société de navigation aérienne a vite attiré dans son sein la plupart de ceux qui se préoccupent de l’aéronautique et de l’étude de l’atmosphère.
L’an dernier, c’est sous ses auspices que MM.Crocé- Spinelli et Sivel, ont exécuté ce magnifique voyage en hauteur, dont tout le monde connaît les résultats*.
* Yoy. ta Nature, 2* année, 1" semestre 1874, p. 526.
Grâce aux remarquables travaux physiologiques de M. Paul Bert, et à l’inhalation de l’oxygène 1 , les intrépides et savants voyageurs ont pu atteindre l’altitude de 7,500 mètres, et rapporter de leur expédition le fruit d’observations nombreuses et fécondes.
Cette année, la Société de navigation aérienne a étudié un nouveau programme d’ascensions scientifiques : il a été décidé que deux voyages aériens seraient successivement exécutés à l’aide du ballon le Zénith cubant 3,000 mètres, et construit par M. Sivel : l’un de longue durée, l’autre de grande hauteur.
Grâce au concours de l’Académie des sciences, de l’Association scientifique de France, de l’Association française pour l’avancement des sciences , de quelques savants éminents, M.\l. Dumas, Hervé-Mangon, Henri Giffard, docteur Paul Bert, Dupuy de Lôme, docteur Bureau de Villeneuve, secrétaire général de la Société, d’Eichthal, docteur Marey, Houel, La-
Voy. 2“ année, 1" semestre 1874. p. 300 et suiv.
valley, F. -R. Duval, Dailly, Chabrier, etc., les conditions nécessaires à l’exécution de l’entreprise ont été rapidement assurées.
Le premier voyage du ballon le Zénith a répondu aux espérances de h Société de navigation aérienne ; il a eu lieu pendant 22 h. 40 m., dépassant ainsi de beaucoup la durée des plus longues ascensions accomplies jusqu’à ce jour; il a permis aux membres | de l'expédition d’entréprendre, sans interruption, une série d’observations, et d’exécuter de nombreuses expériences.
Le départ a eu lieu le 23 mars, à l’usine à gaz de la Yillette, où la Compagnie parisienne a fourni le j gaz de l’éclairage nécessaire au gonflement. A 6 heures 20 minutes du soir, le ballon s'élève majestueusement dans l’espace, emportant dans sa nacelle les aéronautes désignés par la Société de navigation aérienne : MM. Si vol, Crocé-Spinelli, Albert Tissandier, Jobcrt et moi, 1 100 kilogrammes de lest formé de sable lin, des instruments et des appareils de physique et de chimie.
Nous nous élevons dans l’atmosphère, traversant Paris, où des milliers de lumières scintillent comme les constellations d’un ciel étoilé ; nous passons lentement au-dessus du jardin des Tuileries, au-dessus du dôme des Invalides, et bientôt le spectacle de la grande métropole disparaît à l’horizon, pour céder la place au tableau non moins majestueux de la carnpague. Le soleil jette ses dernières feux sur les brumes lointaines, amassées en grandes nappes de vapeurs, l’obscurité se fait, et nos lampes de Davy, nous éclairent seules au milieu de la nuit. Après avoir mis eu ordre la nacelle, rangé méthodiquement les sacs de lest, nous commençons à procéder à nos expériences.
M. Sivel, à qui nous devons, par son énergie, par son amour de la science , par son infatigable persévérance , le succès de l’ascension , s’occupe de déterminer la direction de notre route , au moyen de la boussole et d’une cordelette longue de 800 mètres, qui traînant à terre, se dirige, toujours à l’arrière de la nacelle. M. Crocé-Spinelli, commence ses observations spectroscopiques, à l’aide de deux beaux appareils de modèle différent, qu’il doit à M. Duboscq. M. Jobert lance par dessus bord les imprimés, imaginés par lui, destinés à être recueillis à terre, et à être renvoyés à Paris, avec les indications de la pression barométrique, de la température, de l’état du ciel, sur tous les points au-dessus desquels a passé le Zénith. M. Albert Tissandier dessine, d’après nature, les paysages aériens, la déformation de la lune qui vient de paraître au-de-sus des nuages. Quant à moi, je fais passer successivement 100 litres d’air, à l’aide d’un aspirateur à retournement, dans des tubes à pierre ponce imbibée de potasse, où l’acide carbonique absorbé, sera dégagé plus tard dans le laboratoire et dosé à l’étal gazeux, par une nou- \elle méthode que nous avons étudiée, M. Ilcrvé- Mangon et moi 1 .
1 Nous décrirons prochainement cette nouvelle méthode, ‘et
Il faut, en outre, noter constamment la pression barométrique, dont une lampe des mines éclaire le cadran, inscrire la température qui, pendant la durée de la nuit, atteint le minimum de 4 degrés et demi au-dessous de zéro, prendre les degrés des deux thermomètres à boule sèche et à boule mouillée du psychromètre dont l’eau malheureusement ne va pas tarder à geler, mais que l'hygromètre à point de rosée de Régnault remplacera avec avantage ; il faut descendre de la nacelle un long fil de cuivre de 200 mètres, et y approcher fréquemment un élcctroscope à feuille d’or, pour relever l’état électrique du l’air; il faut enfin considérer ce spectacle infini du ciel resplendissant, où l'étoile filante trace parfois sa courbe lumineuse, de la terre que les rayons argentés de la lune éclairent d’une pâle lueur, et qui, par une illusion de la vision, se creuse sous la nacelle, en prenant l’apparence d’une immense lentille concave. Que de fois ne nous a-t-on pas dit, au retour de notre voyage, que la nuit devait être longue et le froid mordant. Jamais, au contraire, le temps ne s’est écoulé plus vite pour chacun de nous, jamais les heures n’ont été mieux remplies. Le ballon, grâce à l’habileté de M. Sivel, se maintient sur une ligue horizontale de 700 mètres à 1100 mètres d’altitude, et déjà nous sommes persuadés que notre séjour dans l’atmosphère sera prolongé.
Au moyen d’un appareil imaginé par un des membres les plus actifs de la Société de navigation aérienne, M. A. Pénaud, et que MM. Crocé-Spinelli et Jobert font fonctionner, nous pouvons constamment déterminer, du haut des airs, la vitesse de notre marche. Cet instrument est formé d’un limbe gradué au centre duquel se meut une alidade mobile autour d’un axe. Un observateur vise, sous un angle de 30°, un objet visible sur terre, dans le sens de la marche du ballon; quand cet objet a passé sur la ligne de l’alidade, il remonte celui-ci à 60°, puis il attend que le même objet ait été exactement relevé une seconde fois. Lu autre observateur a noté le temps écoulé entre les deux lectures ; à l’aide des deux angles, et connaissant en outre l’allilude, une simple formule trigonométrique permet de déduire la vitesse de l’aérostat. Cette expérience, exécutée à plusieurs reprises, a donné des chiffres très-précis, comme on a pu le vérifier après l’expédition.
Nous parlerons tout à l’heure des résultats généraux do notre ascension ; continuons actuellement notre voyage qui s’exécute toujours par un vent N.-N.-E., dans la direction de la Rochelle et de l’Océan.
A 4 h. 30 du matin, un spectacle grandiose va se présenter à nos yeux. La lune qui n’a pas cessé de briller dans l’azur du ciel, s’entoure d’un halo resplendissant, d’un cercle de feu, dû à la réfraction de la lumière à travers les paillettes de glace suspendues dans l’atmosphère ; ce cercle est blanc comme de l’argent, il se découpe sur un fond obscur, et
nous publierons les résultats obtenus qui nécessitent des dosages minutieux.
grandit à vue d'œil, en prenant bientôt l’aspect d’une ellipse. Peu à peu, une croix de lumière étend ses quatre brandies autour de la lune et complète ce tableau étrange, plein de majesté, qu’ont admiré parfois les explorateurs des régions polaires. (Voy. les gravures ci-contre.)
L’atmosphère offrait à ce moment un aspect particulier ; au-dessus de la terre une buée semi-transpa- . rente d’environ 500 mètres d’épaisseur avait diminué I d’opaeité au moment du lever de la lune, ce qui avait déterminé une ascension de l’aérostat. Elle allait se dissiper complètement deux heures après le j lever du soleil. Quelques cirrus suspendus dans les , hautes régions de l’air étaient très-visibles pendant la durée du halo et restèrent dans l’atmosphère, avec plus de persistance que la buée inférieure, jusqu’à 11 h. 1/2. En s’abaissant à l’horizon, ces cirrus prirent l’aspect d’une longue chaîne montagneuse couverte de pics glacés. Pendant quelques minutes | même, l’illusion fut si complète, que nous crûmes voir apparaître au loin le massif pyrénéen. Ajoutons enfin que d’autres cirrus très-élevés, se montrèrent encore dans le ciel vers trois heures de l’aprcs-midi.
Le halo et la croix lumineuse, qui ont graduellement apparu, disparaissent de même, lentement et progressivement ; la lueur se dissipe avec l’apparition du soleil, qui se montre bientôt au-dessus des nuées lointaines. La terre s’éclaire, et l'Océan ouvre au loin l’immensité de ses eaux. Nous sommes, en effet, en vue de la Rochelle, et à ce moment M. Sivel observe avec attention la direction du Zénith. Par bonheur le vent s’est relevé vers le nord et lance l'aérostat vers le sud. Nous allons pouvoir côtoyer la mer pendant de longues heures, nous eu rapprocher et ne jamais la perdre de vue.
Aussitôt que le soleil a dépassé la ligne de l’horizon, l’atmosphère, toujours sèche à la hauteur de 1850 mètres où nous planons, se charge subitement d'électricité. Les feuilles d’or de l'électroscope approché de notre fil de cuivre se dévient en effet de 0",0G. La quantité d'électricité décroît successivement, pour devenir très-faible, jusqu’au moment où nous passerons au-dessus de la Gironde, qui réfléchit les rayons solaires avec intensité, et produit une élévation de température considérable.
Cette traversée du grand fleuve, exécutée à 10 heures du matin, en vue delà tour deCordouan, est certainement un des moments les plus émouvants de notre voyage. Le Zénith s’engage sur la Gironde à l’endroit de sa plus grande largeur, il y passe majestueusement et n’atteint l’autre rivage que 55 minutes après. Pendant que nous planons au milieu du fleuve, des bateaux à voile en sillonnent la surface; deux navires à vapeur eu descendent le cours, ils passent juste au-dessous de notre nacelle, et à ce moment ils font hisser trois fois leurs pavillons tricolores. Nous répondons à ce salut sympathique en agitant nos mouchoirs. Ce fleuve vu en plan, ces navires lilliputiens, ce phare de Cordouan, réduit à la proportion d’une épingle brillant sur un fond brumeux,
cette onde jaunâtre que rident les vagues, se colorent par les tons chauds d'un beau soleil et forment un de ces tableaux délicieux, qui laissent dans l’esprit les impressions les plus durables.
Pendant cette partie du voyage, nous avons opéré le lancement successif des quatre pigeons voyageurs que nous avait confiés M. Cassier, un des colombophiles du siège de Paris. Le premier pigeon a quitté la nacelle à 9 heures du matin, les trois autres ont été lâchés avant et après la traversée de la Gironde. Le dernier pigeon ne s'est pas élancé immédiatement dans l’espace; il est resté juché sur le bord de la nacelle, en proie à une hésitation très-apparente. Les quatre oiseaux messagers sc sont rapprochés de terre en décrivant de grands circuits dans l’atmosphère, mais aucun d’eux n’est revenu au colombier. Il est à présumer qu’ils auront été désorientés par l’influence d’une longue nuit passée dans les airs, et qu’en outre la distance qui les séparait de Paris était déjà trop considérable pour qu’ils aient pu retrouver leur chemin.
Après avoir traversé la Gironde, le vent qui nous entraîne nous dirige vers l'étang de Carcans, que nous apercevons bientôt, et vers l’Océan, qui n’en est séparé que par une mince langue de terre. Heureusement que quelques feux, allumés à la surface du sol, au milieu des plaines marécageuses qui ouvrent les landes, laissent échapper une fumée épaisse qui se dirige dans la direction du S.-E. Cette observation nous indique nettement qu’il règne à la surface du sol un courant aérien du N.-O., dent nous pourrons profiter pour nous éloigner de la mer.
Cependant le soleil est devenu très-ardent : le Zénith se gonfle avec rapidité ; le gaz se dilate et s’échappe par l’appendice en descendant à flot jusque dans la nacelle.
Nous montons rapidement jusqu’à l’altitude de 1,200 mètres, niveau qu’il y aurait imprudence à dépasser dans un si proche voisinage de la meii. Sl. Sivel donne un coup de soupape, et l’aérostat cesse bientôt de s’élever; mais l’action du soleil produit une dilatation du gaz si considérable, que le Zénith, à peine descendu de 200 mètres, remonte encore, et c’est par cinq ou six fois qu’il faut ouvrir la soupape béante, pour le faire revenir à 60 mètres au-dessus de la terre, où il est entraîné par le courant inférieur.
Ce courant inférieur était très-humide, tandis que le courant supérieur était d’une sécheresse presque absolue, comme nous l’avons constaté, M. Crocé- Spinelli et moi, à l’aide de l’hygromètre à point de rosée et du spectroscope.
Le passage de l’aérostat de la couche d’air supérieur a l’autre courant fut signalé par des mouvements de rotation renouvelés et énergiques. On ressent une impression particulière quand on se trouve à la limite de séparation de deux vents ainsi superposés; l’air est agité, le ballon frissonne et tourbillonne, son étoffe tremble, tandis qu’il est si parfaitement immobile quand il est bien équilibré
dans l'atmosphère. 11 y a là, entre les deux courants, des remous, des vagues aériennes que l’on ne voit pas, mais dont l’aérostat subit l'influence ; il y a des mouvements analogues à ceux qui existeraient à la surface inférieure d’une couche d’huile glissant sur une nappe d’eau, douce elle-même d'un mouvement | rapide. Le courant inférieur va peu à peu diminuer d’épaisseur jusqu’à la fin du jour, où il n’aura plus qu’une hauteur de 150 mètres environ, mais en meme temps il gagnera de vitesse. Le courant supérieur, au contraire, va régner uniformément, c’e-t toujours le N.-N.-E., bien établi dans l’atmosphère,
c’est le courant dominant, général, que les observatoires terrestres ne voient pas cependant, plongés qu’ils sont dans le courant N.-O inférieur, vent superficiel et probablement tout accidentel.
Pendant six heures consécutives, le Zénith a trouvé de précieuses ressources dans l’emploi de ces deux courants superposés; huit fois successivement, il est monté dans le courant supérieur, qui le dirigeait vers la mer, pour redescendre alternativement un même nombre de fois dans le courant inférieur, qui le rejetait sur la terre ferme, La route dans la verticale est singulièrement tortueuse, comme l'in-
Ilalo lunaire et croix lumineuse®, observes à bord du ballon le Zénith, le 24 mars 1875 (5 h. 15 m. du matin}, à l’altitude de 1100 mètres. (Dessin d'après nature de M. Albert Tissandier.)
dique le diagramme de l'ascension ; sa marche en I projection horizontale forme une série de zig-zags, | qui le rapprochent peu à peu d’Arcachon, près du bassin duquel il arrive à la fin du jour, après avoir tiré des bordées comme un navire à voile.
Après ce long voyage au-dessus des maigres sapins des landes, que découpent des flaques d'eau abondantes, après un séjour de six heures dans un air brûlant, où le soleil nous lançait des rayons ardents, le Zénith touche terre à Montplaisir, commune de Lauton (Gironde), dans le voisinage d’Arcachon. La brise est forte et la nacelle est emportée avec rapidité, mais l’ancre jetée par M. Sivel mord immédiatement, sans secousse, grâce à un système d’arrêt très-ingénieux, formé de frotteurs qui font glisser
l’ancre avec des résistances toujours croissantes, le I long du câble où elle est attachée à l’aide d’une boucle. — Nous nous pendons à la corde de la soupape, et le Zénith est bientôt maîtrisé.
Nous avons déjà mis pied à terre, lorsque quelques bergers des Laudes accourent montés sur des échasses, en faisant entendre des cris de joie et d'étonnement : ils nous prêtent de très-bonne grâce l’utile concours de leurs bras vigoureux.
Une ascension de longue durée, comme celle que nous venons de raconter, exactement retracée à l’aide d’un diagramme, dont les éléments ont été recueillis sans interruption, ne manque pas de fournir des faits généraux offrant un intérêt réel au point de vue de la physique du globe. Grâce aux im-
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