L’ASCENSION EN HAUTEUR DU RALLON « LE ZÉNITH
MORT DE SIVEL E
Le 15 avtil 1875, à 11 h. 35 m. du matin, le ballon le Zenith quittait terre à l’usine à gaz de la Villetle. MM. Sivel, Crocé-Spinelli et Gaston Tissandier avaient pris place dans sa nacelle, dans le but de s’élever à une grande hauteur pour continuer leurs expériences et leurs observations.
MM. Sivel et Crocé-Spinelli ont été victimes de leur dévouement à la science et à la grande cause de l’aérostation, dont ils étaient les champions les plus intelligents et les plus énergiques. Au-delà de 8,000 mètres, à une altitude qui sera fixée postérieurement par l’ouverture des tubes barométriques a minima, le terrible mal des
t irooê-spiivelli
hautes régions a termé pour toujours les yeux de ces hommes d'élite. Les noms de Sivel et de Crocé-Spinelli ne périront pas; ils resteront comme un titre de gloire, dans les annales de la science française.
La prochaine livraison de la Nature donnera le récit complet de l’ascension en hauteur du Zénith, l’histoire de la mort de Sivel et Crocé-Spinelli, le diagramme du voyage, des autographes et des portraits des deux martyrs seront publiés d’après les documents les plus précis.
, L'Administrateur de la Nature.
teinte de bien et de rose, c’est de la pluie à courte échéance. Quand le balteur en grange voit son crible délendu et son fléau récalcitrant, pluie. I’luie également, lorsque les gerbes de blé et d’avoine pèsent plus qu’à l’ordinaire.
Le bûcheron qui va au bois consulte sa coignéc, comme le faucheur interroge sa faux ; si la hache est nette et luisante, la journée sera belle ; mais si elle est terne et si le manche ne glisse pas dans la main, gare au bouillon de grenouille! En automne, la gelée blanche indique la pluie, et la rosée, le beau temps. Les chasseurs, du reste, savent cela aussi bien que les cultivateurs. La lune est encore un excellent baromètre. Si Phébé est entourée d’un cercle blafard, c’est de la pluie ; si le cercle est rouge, c’est du vent ; si l’astre des nuits brille pur et lumineux, c’est du beau temps. (Cultivateur du Midi).
Association française pour l'avancement des
Sciences. — Celte Association dont la fondation est encore récente (1872) s’efforce de marcher sur les traces de son aînée la i Dritish Association for the advancemenl of sciences. Indépendamment des Congrès qu’elle a tenus à Bordeaux (1872), Lyon (1873) et Lille (1874) et des comptes rendus de ces sessions qui ont été publiés, ou sont sous presse, l’Association s’efforce de contribuer aux progrès des sciences par des subventions accordées pour des recherches à des publications scientifiques. Ces subventions, faibles au début (1,300 fr. en 1872, 1,900 en 1873), commencent à acquérir quelque importance. Voici les subventions qui ont été volées récemment pour 1874 etc elles qui ont été décidées par avance sur l’exercice 1875.
M. Véluin, répétiteur à la Faculté des sciences, complément de la subvention ministérielle.
Recherches d’histoire naturelle. Expédition de File Saint- Paul pour le passage de Vénus. H. Giard, professeur de la Faculté des Sciences de Lille. Installation et fonctionnement du laboratoire zoologique de Wimereux. - . .
M. Gosselet, professeur à la Faculté des sciences de Lille. Études géologiques dans le
Nord de la France
M. Dontiadieu, de Lyon. Publication sur les
acariens du Midi de la France
M. Leveau, de l’Observatoire de Paris. Calculs
sur la marche des comètes
M. Trannin, licencié ès-sciences delà Faculté de Lille. Recherches sur un photomètre in-
terférentiel
Société de navigation aérienne. Contribution aux frais d’ascension scientifiques
M. Janssen, membre de l’Institut. (Observations du l'éclipse totale de soleil dans le royaume de Siam), données à l’Association par divers membres ave; cette alfectation spéciale
1,500 fr.
5,550 lr.
L’ananas dm» l’ile de Italiama. — Un rapport du gouverneur de Bahama annonce que la culture de l'ananas se propage rapidement dans File. 11 y a vu, l’année dernière, le plus vaste champ d’ananas qui existe probablement dans le monde. Il se trouve sur la propriété de M. Johnson, dans le district oriental de New-Providence. D'un seul coup d'œil on voit une culture de plus de douze cent mille de ces plantes. Elles sont sarclées avec soin, et
leur végétation, avec leurs feuilles acérées d'une nuance délicate, donne à sa perspective un caractère particulier.
Le gouverneur évalue la récolte de ces ananas, que l’on exporte aux Etats-Unis et en Angleterre, à une somme de 53,497 livres sterling. L’infériorité de ces ananas, qui se vendent dans les rues de Londres, sur les ananas que nous obtenons en serre chaude, provient de la nécessité de les cueillir avant la maturité pour qu’ils puissent supporter le voyage.
ACADEMIE DES SCIENCES
Séance du 19 avril 1875. — Présidence de M. Fn£m.
La catastrophe du Zénith préoccupe tous les assistants à la séance. La part que l’Académie avait prise à l’organisation du voyage aérien, fait de la tragique issue de celui-ci une affaire qui la regarde directement. C’est ce qu’expriment en termes émus, M. Dumas d’abord, puis M. Fréiny ! « J’essayais, dit à peu près M. le président, il y a quelques jours, d’interpréter les pensées de l’académicien, rendant hommage à l’intrépidité de nos compatriotes qui ont été aux antipodes pour observer le passage de Vénus. Aujourd'hui, en présence delà catastrophe lamentable dans laquelle deux hommes pleins d’ardeur et de savoir ont si prématurément perdu la vie, la voix me manque et je ne rendrai que bien imparfaitement la douleur qui in’oppresse. Qu’il me soit cependant permis de déclarer au nom de l’Académie queCrocé-Spinelli et Sivel se sont conduits en braves soldats de la science, et qu’ils sont morts au champ d’honneur. Le pays saura reconnaître leurs services.’Quant à nous, inscrivons avec douleur, mais avec un sentiment d’orgueil national leur nom sur la liste des martyrs do la science. »
L’éclipse du 16 avril. — M. Dumas signale une dépêche adressée de Singapour par M. Janssen, d’où il résulte que l’éclipse totale du soleil a pu èlre observée quoique le temps ne fut pas parfaitement favorable. Le résultat principal concerne l’atmosphère gazeuse de la couronne et consiste dans la confirmation des faits publiés par l’auteur en 1871. Cette éclipse méritait une attention toute particulière, car jusqu’à la fin de ce siècle, il ne se présentera plus d’occasion aussi favorable d’étudier la physique solaire. D’un autre côté, elle permet de faire usage pour la première fois de toute la nombreuse série des appareils spectroscopiques inventés récemment et dont on est en droit d’attendre de si remarquables résultats. Ces considérations ont engagé la Société royale de Londres à envoyer une expédilion dans les régions où )e phénomène devait être visible. Des deux bâtiments qui transportaient les voyageurs, l’un a éprouvé des accidents graves, mais l’autre a pu arriver à bon port. Si, comme tout le permet de le supposer, les instruments étaient répartis également entre les deux navires, on peut comptersurune ample moisson de faits importants .11. Dumas termine cette communication en annonçant que .11. Janssen est en route pour l’Europe, et sera sans doute de retour à Paris dans peu de semaines.
Géologie des îles Saint-Paul et Amsterdam. — Comme nous l’annouçions l’autre jour, il). Vélain lit aujourd’hui un mémoire sur les iles Saint-Paul et Amsterdam, qu’il a étudiées comme membre de l'expédition du passage de Vénus. Déjà, nos lecteurs savent que ces iles sont volcaniques, et paraissent ne plus être en activité. A Saint- Paul, M. Vélain distingue trois phases successives dans l’édification de Pilot. L’époque actuelle est caractérisée par
line exaltation dans le développement des sources chaudes et siliceuses, ayant quelque analogie avec les geysers de l’Islande et de la Nouvclle-Zélaude. Ces sources élèvent la température de façon qu'un thermomètre plongé dans le sol, marque 86 degrés. La mer qui, a marée haute, est à 20 degrés, s’élève à 56 par la marée basse, où les eaux thermales arrivent en bien plus grande proportion. Amsterdam offre une forme elliptique et est entourée de falaises à pic, de 25 à 50 mètres, qui en rendent l’ace ès impossible sur la plus grande partie du littoral. Ces falaises constituées par des coulée s de balsatc, s’abaissent vers le nord-est. A la surface de l’ile les sphaiques sont trèsdéveloppées, et une vaste région est convertie en tourbières. La lave qui forme les flancs du volcan offre des cavernes de 30 mètres parfois de hauteur. Au sommet, trois grandes chaussées représentent comme le piédestal d’un cône de scories de 28 mètres de hauteur, non loin duquel s'ouvre un vaste cratère d’explosion: de beaux dessins de M. Vclain reproduisent l’aspect de cette bizarre nature. En terminant, l’auteur signale diverses particularités botaniques et zoologiques des deux îles. Il cite, entre autres, un calmar jetc sur la côte par un razde-marée et qui n’avait pas moins de 7“,15 de longueur.
Les parties les plus importantes de cet animal, qu’on ne pouvait conserver entier, ont cté rapportées, et par exemple un fragment de liras qu’on peut voir sur le bureau, dans un flacon plein d'alcool.
Théorie des trombes. —
Répondant à quelques-unes des objections qui lui ont clé adressées, au sujet de sa théorie des mouvements tourbillonnants de l’atmosphère ,
M. Faye communique la relation d’une trombe observée en 1811 dans le Vendomois.
Les faits qu’il signale et qui sont garantis par les témoignages les plus honorables, paraissent concorder avec la manière devoir qu’il a proposée. Si tous les météorologistes ne sont pas d'accord à cet égard, cela ne viendrait-il pas de ce que, sous ce même nom de trombe on confond des phénomènes qui, avec des caractères analogues, reconnaîtraient cependant des origines diverses et présenteraient des caractères communs?
Election. — En devenant secrétaire perpétuel, M. Joseph Bertrand a laissé un siège vacant dans la section de géométrie. Les candidats pour lui succéder sont nombreux: en première ligne est Al. Bouquet; eu seconde MAI. Alannheim, Jordan et Laguerre; en troisième, AI. Aloutard. Les votants étant 60, et la majorité 51, Al. Bouquet réunit précisément les 51 suffrages de rigueur. Al. Alannheim a 21 voix et AI. Jordan 5. Stamslas Meunier.