‹ La Nature 1875 S1Chapitre 200 sur 224 · EK ANGLETERRE · texte numérisé non relu

EK ANGLETERRE

Depuis le 1 er avril 1875, le journal anglais le limes, publie, tous les jours, sons les auspices du Meteorogical Office, une carte qui résume l’état de l’atmosphère à la surface des Iles Britanniques, et sur les côtes de la Franco.

Cette innovation remarquable a vivement attiré l’attention des météorologistes.

La méthode employée pour exécuter cette carte paraît très-simple aujourd’hui, mais elle a exigé beaucoup de recherches ; le problème qui consiste à exécuter , dans l’espace d’une heure, un cliché qui puisse servir dans une machine Walter, n’a pu être résolu qu’à la suite de longs tâtonnements et d’expériences nombreuses.

Il a fallu d’abord trouver une malière sur laquelle on puisse graver sans faire de copeaux ni d’éclats, et qui soit capable, sans autre préparation, de servir de type pour un cliché en métal.

En second lieu, des panlographes spéciaux durent être adaptés pour imprimer les lignes, et être gradués de façon à varier leur profondeur à volonté.

Le procédé actuel est le suivant : Le contour du champ reste droit, et la composition est tracée dans un moule qui conserve ce contour sur un côté. Le bloc, qui est en ce moment une carte contournée des Iles Britanniques et de la France, est placé alors sous le sillon du pantographe, qui réduit à un quart le dessin original fourni par le Bureau météorologique. Pour assurer l’uniformité du type, les isobars et les llèches indicatrices du vent sont placés directement d’après le dessin. Dès que le bloc est gravé, il est prêt à être cliché, et c’est alors très-facile de l’adapter, suivant le mode habituel, au cylindre de 'a machine.

L’inialive de cette nouvelle méthode, qui permet

de publier tous les jours une carte du temps illustrée, est due à M. Francis Gallon ; les détails d’exécution ont été exécutés par MM. Shanks et Johnson du Patent type founding Company.

11 est à peine nécessaire de faire remarquer l'importance de telles cartes, en ce qui concerne la marine, et en ce qui regarde le public lui-même, qui se fera peu à peu une idée des lois qui régissent nos changements de temps. « Aussitôt que ces cartes paraissent dans nos journaux du matin, dit le directeur du Meteorogical Office, nous sommes fondés à espérer qu’elles faciliteront à vaincre les difficultés qui se présentent pour prévoir le temps probable sur nos îles, vingt-quai re heures à l’avance.

« Nous pouvons dire aussi, en toute assurance, qu’avec ces cartes nous ne cesserons pas de voir les illustrations du temps, qui ont été exécutées chaque jour, depuis quatre ans, par sir W. Mitchell, dans la Shipping Gazette. #

La carte ci-contre est le fac-similé de celle qui a paru le 14 avril dernier.

Elle montre par des llèches la direction du vent sur les côtes de la Norvège, de la France, de l’Angleterre et d’une partie de la Méditerranée ; elle indique l’état de l’Océan, qui est calme sur la mer du Nord, agité sur les côtes ouest de l’Irlande. Elle fait voir que le brouillard règne au nord de l’Ecosse, que le midi de l’Angleterre est brumeux, tandis que le ciel est clair sur la surface entière de la France. La direction des flèches, comine nous venons de le dire, donne des renseignements sur la marche des courants aériens; mais, en outre, leur forme indique l’intensité de ceux-ci : si le vent est calme, la pointe de la flèche n’a qu’un seul trait, comme on le voit sur la carte ci-contre; s’il est assez fort, celte pointe compte deux traits — >■; s’il est trèsviolent, la flèche est barbelée •*— >■ .

11 serait bien à désirer que l’exemple, donné par le Meleorological Office, soit imité par toutes les nations de l’Europe et du monde civilisé.

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