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LA COLLECTION ANTHROPOLOGIQUE

AU MUSÉUM D’illSTOIHE NATURELLE.

(Suite et fin. — Voj. p. 2H.)

Cuvier, Flourens et Serres avaient dû au concours de l’État le [dus grand nombre des pièces remarquables des collections qu’ils administraient, Depuis l’expédition du Géographe et du Naturaliste, partie au commencement du siècle, jusqu’à celle de M. de Castelnau à travers l’Amérique du Sud, commencée en 1847, la Fiance avait presque constamment entretenu des missions scientifiques importantes dans les contrées lointaines, et chacune de ces entreprises avait procuré au Muséum, en plus ou moinsgrandeabondance, des échantillons d’histoire naturelle de toute sorte.

L’homme n’avait point été oublié, quoiqu’à tous les points de vue, les documents qui le concernent soient les plus difficiles à recueillir.

Péron , Loschenault,

Duvauccl, Diard, Busseuil , etc., avaient fourni les premiers matériaux de la collection de Cuvier.

Quoy et Gaimard,

Ilobert, sur la Recherche, Eydoux, sur la Bonite, puis sur la Favorite; Lesson et Garuotsur la Coquille et plus tard sur V Astrolabe; Dumont d’Urville, Hornhron, Jaequinot, Dumontier, sur F Astrolabe et la Zélée; Jaurès et Liautaud avec la Danaide, ont recueilli quantité de^récieux matériaux, pendant que sur terre Delalande, J. Verreaux, d'Orhigny, Weddell, de Castelnau, Guyon, et tant d’autres savants et courageux voyageurs qu’il nous est impossible de nommer, faisaient connaître la faune humaine de l’Afrique du Nord, de l’intérieur de l'Amérique du Sud, etc.

Avecl’avénement de l’empire, les voyages scientifiques cessent tout d’un coup, par des causes mul-

tiples et diverses, dans le détail desquels il n’est pas nécessaire d’entrer: le Muséum est délaissé, et ce n’est plus que grâce à l’initiative individuelle et à l’emploi judicieux du maigre budget mis à sa disposition qu’il peut entretenir et accroître ses collections. Les pièces cependant s’ajoutent aux pièces, les deux salles que M. Serres avait ouvertes au premier étage s’augmentent de huit autres, prises dans d’anciens logements. Et ces dix pièces qui n’avaient, hâtons-

nous de le dire, rien de ce qu’il fallut à un musée de ce genre, se remplissent rapidement. Ce sont des magasins dans lesquels viennent s’entasser , comme ils peuvent, des matériaux de toute sorte, crânes , bustes moulés, peintures, photographies, etc., etc.

M. de Quatrefagcs ne néglige aucune occasion pour augmenter la collection qu’il administre. Les grands travaux de l’aris lui fournissent quantité de crânes, précieux pour l’étude de la population française aux diverses époques de son histoire, et il utilise scs nombreuses relations dans les différentes pu rties d u monde pour attirer au Muséum le plus grand nombre possiblede documents osiéologiques sur les races. L’atelier de moulage du Muséum est fréquemment utilisé pour reproduire les individus exotiques, que le hasard des événements fait venir à Paris. M. Pottcau exécute peu à peu la remarquable collection de photographies qui porte son nom. Bref, en 1867, à la veille de l’Exposition universelle, le Muséum peut montrer, aux étrangers qui le visitent, 4,198 objets dans ses collections anthropologiques; savoir : 1,485 crânes de races, 95 squelettes, 26 momies, 56 bassins isolés, 677 moulages de têtes, abdomens, mains, pieds, etc. plus de 300 préparations anatomiques, et le reste en photographies, dessins, etc.

Ce chiilre a doublé, malgré les événements, pendant les sept dernières a înées. Il nous serait difti-

Momie d'Àyinara, rapportée au Muséum par M. Weddel

cile de donner, sur l’état actuel de la collection, des renseignements numériques, l’inventaire général n’élant pas encore terminé.

Il nous suffira de dire que, malgré l’agrandissement tout récent du local, malgré la multiplication des meubles et l’entassement des pièces de toute nature dans les vitrines, l’encombrement dont on se plaignait déjà en 1807 se reproduit tous les jours, et la nécessité est de plus en plus manifeste de construire, au lieu et place des petites chambres mal aménagées, qui portent le nom de galerie d’anthropologie, un vaste et beau local en rapport avec les inappréciables collections qui font, sous ce rapport, du Muséum de Paris le premier musée du monde.

Telle quelle existe aujourd’hui , la galerie d’anthropologie du Jardin des Plantes se développe au premier étage sur deux des côtés de la cour dite de la Baleine, dans onze salles et deux cabinets empruntés, comme nous l’avons dit, à d’anciens logements. Ce n’est plus le magasin d’autrefois que M. J.-B. Davis proclamait inexplorable. M. Hamy, nommé aide-naturaliste en remplacement de M. Jacquart que, depuis de longues années, ses infirmités tenaient éloigné de ses fonctions, a, dans un court espace de temps, complètement remanié la collection, et opéré un classement d’autant plus remarquable que le local s’y prêtait plus difficilement La première salle contient les races latines , représentées par des

Tête tatouée de Maori, de la Nouvelle-Zélande, rapportée par Lesson*

Buste de Mcnalarguerna, Tasmanicn de Oystpr-Bay, moulé sur le vivant par Dumontier. (Voyage de l 'Astrolabe et de la Zélée.)

collections considérables de crânes français de Pans et des diverses provinces, une belle collection de crânes d’Italie, principalement Etrusques, Romains et Sardes, etc., etc. Dans le cabinet qui suit sont les crânes Slaves; la première armoire de la salle 2 contient la suite des races d’Europe et la collection des crânes de la Perse et de l’Inde.

La dernière armoire de la même salle est remplie par les crânes Sémites (Arabes, Syriens, etc.) et Atlantes (Kabyles et Guancbes). Entre ces deux armoires s’étend la collection des squelettes de races blanches. Le fond de la salle est occupé par les bustes des mêmes races et des races Sémitiques.

La 3 e et la 4° salles sont consacrées à l’Égypte ancienne et actuelle et aux races Kouschites. C'est là qu'est déposée l’immense collection de crânes de

momies qui vient des fouilles de M. Mariette et que S. A. le khédive d’Égypte a offerts à la France.

On y remarque, en outre, la momie Éthiopienne d’Axoum, beaucoup d’autres momies Égyptiennes do diverses dynasties, la collection Prisse, d’Avcsncs, etc.

La salle 5 renferme les races d'Asie, la salle 6 les races de l'Amérique du Nord, la salle 7 les races do l’Amérique du Sud.

Dans la salle 8 s’alignent les collections considérables de la Polynésie ; dans la salle 9 et la salle 10 sont les diverses branches du tronc nègre, depuis les Bosjesmans, les Hottentots et les Cafrcs, jusqu’aux Papous, aux Négritos et aux Australiens.

Enfin, la salle 11 contient les collections préhistoriques.

Nous ne pouvons pas mieux faire, pour donner aux

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