‹ La Nature 1875 S1Chapitre 215 sur 224 · LE PLUS GRAND PONT DU MONDE · texte numérisé non relu

LE PLUS GRAND PONT DU MONDE

« TIIE TAY BIUDGE » EN ÉCOSSE.

(Suite et fin. — Voy. p. 508.)

Dans notre précédent article, nous avons indiqué les principales dimensions de ce magnifique travail et décrit le procédé adopté pour la fondation et la construction des piles au milieu descourants impétueux du firth of tay. Le dessin que nous publions aujourd’hui représente le chantier de travail pendant l’achèvement des piles amenées en place, comme nous l’avons indiqué précédemment, et l’installation des échafaudages et appoints nécessaires pour commencer la pose de la poutre métallique qui doit supporter les voies. Ce dernier travail, si ordinaire comme construction, n’en a pas moins présenté de trèsgrandes difficultés d’exécution, vu l'instabilité du sol et la rapidité avec laquelle s’y produisent des afîouillements considérables.

A plusieurs reprises les échafaudages établis furent fortement endommagés par les tempêtes, et ce montage se prolongea bien au delà du temps prévu par l’entrepreneur.

La mort de ce dernier vint encore apporter un ar- | rèt dans l'exécution du travail, et ce ne fut qu’au prix

d'une augmentation considér dde des prix fixés en stnietion de l'Ecosse voulut Lien »e oliar c er de sen premier lieu, qu'une des principales maisons de con- achèvement. Depuis le milieu de l’année dernière,

Chantier de travail du pont de Tay, disposé pour la pose d’une poutre métallique, destinée à supporter la voie. (D’après une photographie.)

cependant, grâce à ces nouveaux arrangements, les travaux furent poussés avec une grande activité.

Cependant, dans le courant du mois de janvier de cette année, la rigueur de l'hiver força encore d’in— tei rompre les travaux, et par suite de la difficulté de trouver, au milieu de la rivière, un sol suffisamment solide, de nouvelles modifications furent apportées aux plans primitifs ; les dimensions dns piles furent notablement augmentées et la portée de quelquesunes des travées centrales fut accrue de manière à diminuer le nombre de ces piles dont la construction est excessivement continue.

Quoi qu’il en soit de toutes ces difficultés et de tous ces accidents, d'ailleurs très-habilement surmontés ou réparés par les ingénieurs chargés de cette difficile entreprise, le travail avance et l’on peut espérer voir dans un bref délai les locomotives franchir cette magnifique route métallique de plus de trois kilomètres de long. ‘

CHRONIQUE

lin ancien système métrlqyie. — La bibliothèque (le Sardanapale, rui d’Assyrie, trouvée dans les fouilles , faites à Ninive par M. Layard, prouve que la science n'avait pas fait peu de progrès en Asie, il y a deux mille cinq cents ans. Cette curieuse bibliothèque consistait en tablettes planes carrées de terre cuite. Les anciens Assyriens avaient un système de poids et mesures dans lequel, comme dans le système français, toutes les unités de surface, de capacité et do poids dérivaient d'une seule unité linéaire tvpique. La base du système était la coudée (égale à 20,07 p.). Celle-ci était divisée en soixante parties, correspondant aux minutes du degré. La coudée, multipliée par 560, nombre des degrés du cercle, donnait le stade, unité des grandes distances. L'unité fondamentale de superficie était le pied carré, le carré d’une longueur dont le rapport à la coudée était de 5 à 5, ou 12,4 pouces de notre mesure. Le pied cube était le métreta, étalon de toutes les mesures de capacité ; elle poids d'unpiedcubed’eaudonnait le talent, unité fondamentale de poids ; la division sexagésimale du talent donnait, premièrement la mine (égale il 510,83 grains), secondement le drachme (égal à 8,51 grains). Le système sexagésimal était employé dans toutes leurs mathématiques, l’unité étant invariablement multipliée ou divisée par soixante, le résultat encore par soixante, et ainsi de suite à l’infini. « 11 est bien évident, p observe M. Letionnant, a que c’était le résultat d’une sage combinaison d’un caractère très-pratique, destinée à combiner les avantages des deux systèmes de division de l’unité, qui ont i lé un objet de dispute dans tous tes temps et étiez toutes les nations : le système décimal et le système duodécimal. » Nous suivons encore ce système chaldco assyrien dans les divisions du cercle et dans nos divisions du temps. (Scientific American).

I,es bibliothèques populaires en Allemagne.

— En Allemagne, les sociétés d’instruction s’occupent surtout dota formation du bibliothèques destinées à l’éducation du peuple. Nous voyons, par le compte rendu de la société fondée à Brème, que depuis deux ans et demi il in'a pas été créé moins de 8,ü bibliothèques, dont 4 grandes dans la ville même,. 10 moyennes dans les villes, bourgs

et villages des environs, et 72 destinées aux écoles de village, ainsi qu’aux sociétés ouvrières et militaires du nordouest de l'Allemagne. Une somme de ptus de 5,000 marcs (le marc — 1,25) a été employée l’année dernière dans ce but, sans compter les dons et contributions reçus par la société. Des conférences ont lieu également pendant tout l’biver en trois endroits différents de la ville. Toute une organisation est projetée, dit la Gazelle d'Aucjsbourg, qui embrasserait le nord-ouest de l’Allemagne et dont les centres d’instruction populaire seraient à Hanovre, Osnabrück, Oldembourg, Emden, Ilildesheim. 11 existe en outre pour ce même district une librairie pour les ouvrages populaires à bon marché. A Dresde, la municipalité vient de décider la formation de trois bibliothèques populaires pourlesquellesest accordé un crédit de 3,000 marcs, avec allocation annuelle de 1,350 marcs.

Combustion «le la poudre & canon. — Un certain nombre d’expériences sur la poudre à canon ont été faites au département chimique, à l'arsenal de Woolwich, et un rapport préliminaire sur ce sujet a été adressé à l’amirauté. L’objet de ces expériences avait été de déterminer les produits de l’explosion lorsqu’elle avait lieu dans les canons ou dansles mines, la tension, l’effet des grains de poudre de dimension différente, les variations résultant de pressions différentes, le volume de gaz permanent, la chaleur et le travail qui s’opèrent sur une charge dans l’intérieur du canon. On s’est servi, dans ces expériences, d’une chambre eu acier fermée par une cheville à vis à travers laquelle passent des fils qui mettent le feu à la gargousse par l’effet ds . l’électricité. La pression a été notée à l’aide de manomètres ! à condensation, et lorsque la poudre emplit l’espace dans I lequel on y met le feu, on trouve que la pression est d’environ 6,400 atmosphères, soit quarante-deux tonnes par j pouce carré. La température de l'explosion est d’environ 2,200 degrés centigrades.

Lorsqu'on brûle la poudre dans les armes de petit calibre, 35 p. 100 environ de la chaleur produite sont communiqués au tube, tandis qu’un canon de 18 tonnes n’en absorbe qne 3 p. 100. Les produits de l'explosion sont environ 57 parties en poids de corps solides et 43 parties de gaz permanent. L’analyse des produits gazeux a démontré une variation régulière, résultant de la différence de pression, le carbone anhydre augmentant et l’oxyde de carbone diminuant lorsque la pression augmente. Les produite solides sont sujets à des variations plus nombreuses et moins régulières; généralement parlant, on a trouvé que l'action chimique était plus compliquée qu’on ne l’avait supposé, et l’on s’est convaincu quo les anciennes équations fondamentales qui la représentent étaient fort imparfaites.

I.e pétrole en Ilongrle. — Dernièrement, à l’une des séances de la Sociélé de géologie hongroise, il a été question de l’existence non encore connue de sources de pétrole en Hongrie. Un des membres de la Société a donné à ce propos des renseignements sur l’exploitation de ce produit dans la province de Galicie, dont le terrain parait è!rc de même nature que celui de la Hongrie. En Galicie, le territoire qui fournit le pétrole parait être assez étendu. Parmi les endroits productifs, on cite Bobrka, avec environ 150 puits de 250 pieds de profondeur, dont 40 seulement sont en activité. La production annuelle est de 20,000 quintaux.

Vient ensuite Nopianka; mais la localité la plus importante est Boryslaw, où l’on produit annuellement 00,000 quintaux de pétrole et 45,000 do bitume (Erdharz), d’une

valeur de 1,700,000 florins-. Cette production se fait au moyen de puits de 00 à 80 pieds de profondeur, sur un espace de 40 arpents; on en compte 9,000, dont 5,000 seulement en activité. Le plus productif, qui se trouve dans un terrain appelé le Nouveau-Monde, donne jusqu'à 1,000 florins par jour; le puits avait 45 toises de profondeur, et, pendant longtemps, malgré l'épuisement continu, le liquide s’y maintint à une hauteur de 35. En Hongrie, les sources paraissent devoir s’étendre sur un espace considérable. D’après l 'Ausland, le poids spécifique du pétrole de Galicic est de 0,88; celui de Hongrie, 0,00.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 24 mai 1875. — Présidence de M. FnÉav.

Minéraux contemporains. — Nos lecteurs n’ont pas oublié l’ensemble de faits intéressants constatés récemment à Bourbonnc-les-Bains, à l’occasion du curage d’un puisard romain. Des travaux analogues exécutés sur la source thermale de Bourbon-l’Archambault, par M. Thouvenin, ingénieur des mines, ont procuré des découvertes du même genre. La boue extraite du fond du réservoir, où a lieu le captage des eaux, a fourni comme à Bouchonne, mais avec moins de profusion, une série de médailles romaines Celles-ci, constituées par du bronze, ont donné lieu durant dix-huit siècles à la production de minéraux sulfurés du cuivre. Leur surface la plus extérieure est composée de cuivre pyriteux ; au-dessous se présente une pellicule de philipsile ; puis une couche de cuivre sulluié qui enveloppe la portion de la médaille non encore altérée. C’est, comme on voit, la répétition de ce qui fut observé à Bourbonne-les-Bains, et c’est ce qu’on a vu aussi bBagnêres de Bigorre, et il y a le plus vif intérêt à retrouver les mêmes actions réalisant les mêmes effets, dans des localités différentes. D’ailleurs Bourbon-l’Archambaull a fourni, eu outre comme minéraux contemporains, deux substances qui n’avaient pas encore été signalées daiis des circonstances analogues : certaines médailles ont offert à leur surface des cristaux incolores et parfaitement mesurables decélestine ou stronliane sulfatée ; d’un autre côté, la pyrite proprement dite s’est produite aux dépens d'un barreau de fer dont le métal a tout à fait disparu. Comme M. Daubrée l’a fait remarquer en présentant la note de Al. Thouvenin, les faits qui viennent d’être résumés sont d’autant plus intéressants que la source de Bdurhon-l’Archambault est en relation intime avec des liions métallifères, dont elle éclaire singulièrement le mode de formation. Elle sort d'un plateau de grès bicarré tout près d’un pointement de gneiss et d’un filon qui renferme à la fois la galène cl la célestiue. Ce fait est en rapport, comme on voit, avec ceux déjà signalés dans diverses circonstances et rappelle tout spécialement ceux qu’on peut observer à Plombières. Dans les deux cas, la source thermale se présente comine un agent capable de continuer le remplissage du filon avec de la célestine à Bourbon-l’Archambault, avec de la fluorine à Plombières, et on est en droit d'en conclure que lè filon, tout entier résulte des dépôts continués pendant une Ion-; gue suite de siècles, d’une source .qui pouvait ne pas dif- ' férer de la source actuelle.

Réactions des sels de chrome. — On sait que ic chrome est remarquable par sa propriété de donner naissance à deux séries de sels, qui sc correspondent terme à terme, mais dont les uns sont violets, tandis que les autres sont

F verts. Le passage d’une des séries à l’autre est facile, en, çe sens que les sels violets deviennent facilement, verts, mais la transformation inverse était, au contraire, jusqu’ici très-difficile. Or, AI. Caliours annonce aujourd'hui que b- problème vient d'être résolu- par M. Elard. Le procédé consiste à traiter le sel vert, placé dans un tube à I essai, par quelques gouttes d’azotile do potasse : la coloration violette apparaît immédiatement. Un peu d’arséniale ! de potasse donne lieu de nouveau à la coloration verte primitive.

Le violet de mélhijlamine en anatomie. — M. le docteur Cornil signale les services que l’anatomie pathologique peut retirer de l’emploi du violet de méthylamine. Ce magnifique produit, consistant normalement en rose aniline triméthylée, est ordinairement loin d’avoir atteint le degré ultime de la méthy’ation. Il consiste le plus souvent 1 en un mélange de rosaniline biméthylée, qui est.d’un violet rouge, et de rosaniline triméthylée, qui est d’un violet bleu. Or, tandis que la soie bien homogène s’y teint d'une couleur uniforme, les tissus complexes réalisent la dissociation des matières colorantes, mélangées de façon que certaines portions deviennent bleues, pendant que d’autres se teignent en rouge. C’est ce qui a lieu spécialement poui les tissus pathologiques, disposés sous le microscope, et l'auteur a exécuté des dessins nombreux qui sont mis sous les yeux de l’Académie. Ainsi, la section d’un rein atteint de dégénérescence amyloïde montre lout le tissu de I nouvelle formation coloré en rouge, tandis que le tissu conjonctif et les vaisseaux non altérés sont devenus bleus. Un pourrait citer une foule d’autres faits du même genre.

Passage de Vénus. — Les membres de l'expédition de- 1 Nouméa sont, à leur tour, rentres à Paris. M. André, chef de la mission, lit, après une chaude allocution de M. le I Président, un rapide résumé des résultats obtenus. Les ! préparatifs furent exécutés avec la collaboration d une escouade de forçats, et les instruments, dont ne pouvait se charger M. André lui-même, furent confiés à des officiers de l’artillerie de marine; un astronome anglais, do passage en Nouvelle-Calédonie, prit paît aux opérations. Le temps, loin d'étre favorable, permit répondant d'assister aux deux premiers contacts d’une manière suffisamment satisfaisante, et, grâce au zèle de M. Augot, 24Ü photographies purent être prises, dont une centaine au moins paraissent tout à fait bonnes. La mission- de .Nouméa est la quatrième qui soit ’ de retour ; on n’attend plus que AI. Janssen.

Élection d'un correspondant. — M. de Candolle ayant été nommé associé étranger, il y a lieu de pourvoir à la place qu’il laisse vacante parmi les correspondants. C’est Al. Bentham, botaniste de Londres, qui y est appelé par 40 suffrages sur 41 votanls, l’autre voix ayant été donnée à-M.. Parlaient.

Stanislas Meunier. .

APPAREIL MAGNÉTO-FARADIQUE

Page 1