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LES AZTÈQUES

Les deux individus que l’on offre, depuis quelque temps, à la curiosité du public parisien, ne sont pas absolument nouveaux pour lui. Déjà, en 1855, ou les a exposés à T Hippodrome, et ils eurent alors le pouvoir d’excitcr l’attention de l’Académie des sciences. (M. Serres, 9 juillet 1855. Voyez encore l’observation de M. II. de Saussure, le l Dr aoûl 1853).

Je ne sais s’ils étaient vraiment bien dignes de cet honneur. Ces deux malheureux empruntent leurs traits les plus frappants, non pas à leur origine mexicaine, mais à une monstruosité, la microcéphalie à

les Indiens du Mexique. Cette exiguité du menton (quoique elle résulte surtout de la monstruosité dont sont affectés nos deux sujets) se retrouve même, jusqu’à un certain degré, sur les bas-reliefs des monuments aztèques.

Les cheveux de nos deux nains sont extrêmement abondants (nous verrons que c'est une suite de leur microcéphalie), parfaitement noirs, et, ce qui est plus singulier, extrêmement crépus. Cette dernière particularité est assez curieuse, car les voyageurs donnent comme un caractère général à toutes les races américaines, que leurs cheveux sont lisses, et à peine ondulés.

Si on parseles doigts sous cette chevelure, on est

qui ils doivent leur taille exiguë, leur tète avortée, la faiblesse de leur intelligence, etc., et qui, malheureusement, n’est rare dans aucun pays.

Ces deux nains, l’homme et la femme, ont quatre pieds anglais de haut. Ils sont l’un et l’autre bien proportionnés comme des adultes bien faits, et n’ont nullement cet air enfantin qu’on remarque souvent chez les nains. L'homme a même une barbe assez fournie pour un Américain. Leur peau est de couleur bistre foncé.

Sur ce petit corps est un petit visage orné d'un grand nez extrêmement saillant, sans

surpris de la petitesse extraordinaire delà télé; elle est à peine grosse comme celle d’un nouveau-né. En étudiant cette tête avec plus de loin, on reconnaît au toucher, une crête osseuse longitudinale, qui se termine par une petite bosse osseuse.

Cette petitesse extrême du crâne caractérise la microcéphalie.

Comme il est dû à l’atrophie du cerveau , cet arrêt de développement ne frappe pas également toutes les parties de la tète. Ainsi, l’os qui contient l’oreille, le rocher, fait de chaque côté une forte saillie. I)e même la partie postérieure du crâne qui contient le cervelet est

être disgracieux; com- Portrait de l' Astique exhibé & Taiis (D'après une pliutogiaphie.) plus développée que la

primé vers le haut, il

s’épate légèrement en bas. Ce nez monumental estce qu’on remarque d’abord dans leur visage, le front est très-fuyant; le menton existe à peine, car la mâchoire inférieure est très-petite par rapport au reste du visage, ainsi qu’il arrive presque toujours chez les microcéphales.

Les sourcils sont lourds, pour employer l’expression de l’anthropologiste Morton quand il décrit les tribus mexicaines.

Les yeux sont noirs, très-doux, et d’une expression assez agréable.

A la vue de ces visages, la pensée se reporte d’abord aux bas-reliefs mexicains tels que les représen- ! tent les nombreuses photographies qu’on nous a rapportées de ce pays. C’est la même forme de visage, le même nez saillant, mais dilaté, la même expression vagueet mélancolique. Tel est aussi le type que les voyageurs remarquent encore aujourd’hui chez i

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