UN NOUVEAU MOTEUR
Selon les lois de la théorie mécanique de la chaleur, le travail mécanique peut être produit par l’emploi d’une différence quelconque de chaleur. La solution du problème de la production d’un travail, obtenu suivant ce principe, a été cherchée de la manière suivante par un physicien italien ,
H. Henri Bernard i :
Deux mati ns similaires en verre sont reliés par un tube mince, également eu verre. Les extrémités de ce tube passent dans les matras avec un coude rectangulaire.
L’un de ces matras contient un petit tube qui permet d’introduire de l’éther dans l'appareil.
On porte l’éther à l'ébullition, et lorsque tout l’air a été expulsé, on ferme le tube au chalumeau. La quantité d’éther renfermée dans le système doit être telle qu’elle remplisse les trois quarts d’un malras. Au milieu du tube de communication se ti ouve une pièce par laquelle passe un axe métallique , sur lequel peut tourner tout le système. Lorsque l’éther est
également partagé entre les deux matras, l’appareil est dans un équilibre instable. Les supports de l’axe reposent sur le haut d’une caisse rectangulaire, qui a une fente par laquelle passe le système rotatoire.
La caisse est pleine d’eau, dans laquelle plongent les matras alternativement dans ce mouvement de rotation. Chaque matras est recouvert d’un très-fin treillage. Il est facile de comprendre que cet appareil affecte le mouvement circulaire.
, A cause de l’équilibre instable du système, l’un des matras, que nous appellerons A, descend emportant tout l’éther, tandis que le reste de l’espace est rempli de vapeur. Le matras A se trouve ainsi dans l’eau, et l’autre matras, que nous appellerons B, dans l’air. La mince couche d’eau répandue sur B, commence à s’évaporer, ce qui refroidit le contenant et par contre-coup, condense la vapeur. L’éther
se condense ainsi en B, jusqu’à ce que enfin B contienne plus d’éther que A, et plonge à son tour, A se r. levant. Et ainsi de suite. Ce mouvement circulaire ne cesse que lorsqu’il n’y a plus d’eau dans la caisse pour humecter la surface du matras descendu.
11 serait difficile de tirer parti mécaniquement de ce thermo-moteur. Aussi, M. Bernardi a-t-il modifié son appareil de la manière suivante : les deux matras ou ballons ci-dessus décrits sont reliés par un tube dont les extrémités sont contournées (à angles droits) en sens contraires. Trois systèmes pareils forment une sorte de roue, et les centres des six ballons sont avec le tube dans un même plan. Cette roue est supportée sur un axe, qui appuie contre le couvercle d’une caisse rectangulaire , de telle façon que, dans sa rotafion, elle ait toujours une moitié immergée et une autre émergée.
Les ballons sont recouverts d’un treillage, et la caisse renferme juste assez d’eau pour qu’un seul ballon s’y trouve plongé totalement. Par un tour qu’on donne à la roue , l’on obtient une rotation continue, et par un assortiment convenable de poulies, la roue peut élever un poids ou accomplir uu autre travail.
Une pareille roue thermo-motrice l'ait depuis deux mois marcher une horloge dans le laboratoire de M. Bernardi. Les ballons ont un diamètre de 0,78 de pouce, la distance d’un centre à l’autre est de 5,1 de pouce, et la quantité d’éther dans chaque systèmes remplit les trots quarts d’un ballon. L’horloge que cette toue maintient en mouvement est représentée ci-dessus. Le niveau du l’eau, par un arrangement spécial, est maintenu à même hauteur. M. Bernardi a pu faire fonctionner sa roue durant trois mois, sans renouveler l’eau ni nettoyer les ballons. Il a calculé la quantité de chaleur déplacée par cet appareil, et soustraite au milieu ambiant : elle équivaut, en 24 heures, à 60 mouvements de roue ou révolutions, lesquelles valent la moitié du travail consommé dans le même temps par 1 horloge.
Le Proprictairc-Gcrant : G. Tissakdieii.
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iNouveau moteur de SI. Bernardi.