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ET LE MAL DE MER

Au mois de juin de. cette année (1874), je me trouvais à Boulogne, on route pour Londres. La mer était assez mauvaise pour faire hésiter quelques personnes à faire la traversée ; j’étais au nombre des hésitants. Je me suis décidé à partir sur l’indication qui m’a été donnée par un confrère de Boulogne, qu’un des médecins des Transatlantiques employait avec succès le sirop de chloral contre le mal de mer. Je pris, chez un pharmacien de Boulogne, une quantité de sirop pouvant contenir 0,50 de chloral. Je me suis embarqué et, suivant mon habitude, je me . suis assis de façon à n’etre pas dérangé; aussitôt les ' premiers mouvements de roue, j’ai pris mon sirop. Pendant la traversée, je voyais passer à côté de moi les fameuses cuvettes, j’entendais réclamer avec instance ces précieux ustensiles; de mon côté, j'ai passé sans encombre et suis arrivé à Folkestone en bon état.

Au retour, même résultat. Seulement, au lieu de 0,50 de chloral, j’avais fait une potion avec 0,50.

Le 29 septembre, j’ai traverse la manche, de Calais à Douvres, par le train de 2 heures après-midi. En raison de la saison avancée, je prévoyais que la mer serait mauvaise; c’est pourquoi j'ai fait faire la potion suivante : chloral, 5 grammes; eau distillée, 50 grammes ; sirop de groseilles, G0 grammes; essence de menthe française, 2 gouttes. Aussitôt arrivé au bateau, j’ai pris près delà moitié de la potion; je suis arrivé à Douvres parfaitement portant, alors qu'à côté de moi mes compagnons de route étaient malades. La mer, cette fois, était excessivement mauvaise.

A mon retour, le 50 octobre, départ de Londres à 8 heures du matin; embarqué^à Douvres à 10 heures; mer furieuse. J’ai pris le reste de ma potion, je me suis endormi au bout de peu de temps, et je ne fus réveillé que par un violent coup do tangage à vingt minutes de Calais, où je suis arrivé en bon état.

Il faut remarquer qu'i7 ni est difficile de traverser la Manche, avec une mer un peu agitée, sans être malade. Je dois ajouter que, comme toujours, je ne descendis point dans la chambre. Après cette double épreuve, il m’est dilficile de ne pas croire à l’efficacité du chloral 1 . D r GlflALDÈS.

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