LE MUSC
Tout le monde sait que le musc est une sécrétion animale que l’on trouve, dans des follicules près du nombril, sur ledaim musqué (fig. d). Ce mammifère (Moschus moschi férus, L.) est aujourd’hui traqué, chassé, poursuivi dans les montagnes qui s’étendent dans une partie du nord de l’Inde, et pénètrent dans la Sibérie, leThibet, la Chine. On le rencontre encore dans la chaîne de l’Altaï, près du lacBaikal. Il habite toujours la limite des neiges perpétuelles, et c’est le mâle qui est le plus recherché parce que, seul, il fournit le musc.
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Fig. 1. — Poche de musc
« Il était autrefois en grand renom comme méde- I cine, dit le chimiste anglais S. Piesse, etil l’est encore ! chez les nations de l’Orient. O 11 peut se rappeler que . les journaux disent que la dernière potion prise par ] l’empereur de Russie, Nicolas, avant sa mort, était une potion de musc. Le musc du Doutan, duTonkiu et du Thibet est le plus estime ; celui du Bengale est | d’une qualité inférieure et celui de la Russie encore moindre. La force et la quantité du musc produit par un seul sujet varient suivant la saison où ou le recueille et suivant l’àge de l’animal. Une seule poche de musc contient ordinairement de 3 à 15 grammes de musc en grain.
Le musc, importé en Angleterre, vient de Chine dans des boites de 1 kilogr. 1/2 à 3 kilogr. chacune.
Falsifié avec le sang de l’animal, ce qui arrive souvent, il se forme en mottes ou grumeaux. On le trouve quelquefois mélangé avec une terre noire et friable. »
Le musc, comme ou le sait, est remarquable par la force et la persistance de son odeur; tous les objets placés dans son voisinage, même sans contact, en reçoiventet en conservent l’odeur. Aussi la compagnie des Indes-Orientales exige-t-elle que le musc et le thé ne soient jamais embarqués sur le môiîie navire.
Le daim musqué est un charmant petit animal qui n’a guère plus de 1 mètre de longueur, et () m ,60 de hauteur à l’épaule. Sans le parfum précieux qu’il sécrète, l’homme ne le poursuivrait pas, car sa peau n’a pas de valeur et sa chair a peu de mérite.
Le daim musqué a la tète petite, les oreilles longues et droites. De chaque côté de la mâchoire
on voit, chez le mâle, une grande canine qui descend de haut en bas et qui atteint parfois une longueur de 0 m ,07. Le pelage a une couleur gris brunâtre où se remarquent de nombreuses taches noires, surtout surles membres postérieurs. Les jambes sont minces, et celles de derrière sont garnies d’une fourrure épaisse. La queue s’aperçoit à peine, elle n’a guère que la longueur d’un pouce. Les habitudes du daim musqué ont beaucoup d’analogie avec celles des lièvres de nos climats. Il a sa retraite où il séjourne et
Fig, 2. — Une chasse au daim musqué (porte-musc), d’après un dessin chinois.
il ne la quitte que le soir, pour chercher sa pâture : il y rentre au lever du jour.
Le porte-musc est souvent pris au piège par les indigènes; souvent aussi, dans le Thibet et la Tartarie chinoise, des chasseurs se réunissent en nombre et poursuivent avec acharnement les petits mammifères qu’ils traquent dans les montagnes et tuent, à l'aide de llèches dont ils se servent avec une remarquable habileté.
Le musc est une marchandise de grande valeur qui, lorsqu’il est pur et de belle qualité, so vend quelquefois plus d’un franc le gramme. Son odeur , très-pénétrante, est trop forte quand on le respire sans mélange; mais, uni en petite quantité à d’autres substances odorantes, le musc est précieux, et il peut être considéré comme une des bases de la parfumerie.
L’impératrice Joséphine avait une passion pour le musc, et son cabinet de toilette de la Malmaison en était presque toujours rempli. Ou affirme que quarante années après sa mort, ce même cabinet, bien souvent nettoyé, gratté et badigeonné, sentait encore le musc d’une façon très-sensible. Le musc, encore très-cher
aujourd’hui , avait une valeur bien plus considérable encore à l’époque des Croisades, puisqu’on le voit figurer parmi les objets les plus rares et les plus précieux que le sultan Saladin envoya eu présents à l’empereur de Constantinople. 11 ne servait alors que dans les préparations pharmaceutiques ; on lui attribuait des propriétés merveilleuses et on l’employait par fois à l’embaumement.
Aujourd’hui, c’est en parfumerie seulement que le musc est employé. Quatre ou cinq grammes d 'extrait de musc, mêlés dans un litre d’alcool , avec la môme quantité d’ambre gris et quelques gouttes d’essence de rose, donnent une eau de toilette très-estimée.
Le Projjriélaire-Géranl : G. Tissandieii.
Cuhdbil. Typ. et «têr. Citera.
vivante comme les couleuvres, auxquelles elles ressemblent par l’aspect extérieur, et les l'ont périr au moment où l’animal va être avalé; ces ophidiens qui ont des dents venimeuses, non au-devant la partie postérieure des mâchoires, sontcon-
HERPETON TENTACULÉ
mais a
nus des naturalistes sous le nom d’Opisthoglyplies. Citez eux le devant de la bouche porte des dents Au point de vue de leur manière de se nourrir, on fuies et aiguës qui servent à saisir et à retenir la
peut, ce semble, séparer les serpents en trois grands proie; on remarque, en plus, à l’extrémité de la
groupes. Les uns, comme les couleuvres, les boas, mâchoire supérieure, vers la gorge, des dents avalent leur proie vivante, tandis que les serpents plus longues que les autres, en forme do crochet, venimeux proprement dits, tels que les vipères, les sur la convexité desquelles existe une gouttière en crotales, la tuent tout d’abord’au moyeu d’un subtil , demi-canal très-profond, entamant la plus grande venin qu’ils déposent dans les chairs delà victime. ! épaisseur de la dent qui paraît dès lors comme repliée Il est d’autres espèces qui saisissent leur proie | sur elle-même. C’est le long de cette rainure que