‹ La Nature 1875 S1Chapitre 72 sur 224 · AO JARDIN DF. S PLANTES · texte numérisé non relu

AO JARDIN DF. S PLANTES

Le neuve! llerpelou tentacule Je 1a ni mifeefic des reptiles. (D'après nature.l

s’écoule le venin. L’animal, saisi vivant, est piqué au passage; le virus venimeux modifie sans doute de suite la sensation de douleur qu’éprouverait la victime, si même il ne l’anéantit pas; la proie est dès lors réduite à une masse inerte, abondante en sucs nutritifs utilisables, dont le serpent pourra extraire lentement, il est vrai, mais d’une façon complète, toutes les parties alibiles, pendant son long séjour dans le tube digestif.

A ce groupe des Opisthoglyphes appartient un étrange petit serpent, signalé pour la première fois en 1800, par Lacépède, dans les Bulletins de la Société philomatique de Paris, sous le nom d'IIerpeton tentacule.

Le Muséum avait reçu le reptile de Hollande, avec d’autres objets d’histoire naturelle provenant du Stathouder; il était dès lors à penser que l’espèce était originaire d’une dos possessions hollandaises de

iJiée. — !" tcncslrc.

l’archipel indien. Jusqu’à ces derniers temps l'exemplaire étudié par Lacépède était le seul connu dans les collections, lorsque M. F. Bocourt, savant naturaliste, voyageur de notre Muséum, rapporta de Siam quelques ïlerpeton. L’espèce habite, eu effet, Siam et la Coohincbine. Grâce à M. Morice, chirurgien de la marine, la ménagerie des reptiles possède aujourd’hui un ïlerpeton provenant de Cochinchine ; c’est, à notre connaissance, le seul individu qui ait encore été vu vivant en Europe.

Chez l’Herpeton (et l’animal se reconnaît de suite à cette parlicularité unique chez les Ophidiens), le bout du museau porte deux tentacules distincts, garnis de petites écailles et ayant l’apparence de lanières; ces tentacules sont mobiles et chacun d’eux peut sc i mouvoir d’une façon indépendante. La tête est plate, j à museau tronqué; la queue est conique, couverte | de plaques dans toute son étendue. La teinte générale

du corps est brunâtre ; l’on remarque une ligne brune à droite et à gauebe do la région ventrale. L’espèce paraît Être de petite taille.

L’animal doit aimer la chaleur et l’obscurité ; il se cache presque toujours sous la mousse, n’allant guère à l’eau que pour saisir les grenouilles ou les petits poissons dont, à la ménagerie, il fait sa nourriture

D r E. Sauvage.

Page 1