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LES MINES D’OR DU TRANSVAAL

Dans l'intérieur du sud de l'Afrique, entre les 21“ et 27 e degrés de latitude Sud et les 26 e et 32“ degrés de longitude Est, il existe un État plus vaste que le territoire continental de la France; cette république, soumise au gouvernement hollandais, se peuple rapidement d’émigranls de langue anglaise.

Cet État a été longtemps peu connu, mais il semble aujourd’hui destiné à prendre rapidement place parmi les colonies les plus célèbres. On peut dire que son origine remonte à l'année 1836; à celte époque les premiers émigrants, venant de la colonie du cap de Bonne-Espérance, sous la conduite de Maritz et de Potgeiter, traversèrent la rivière du Yaal.

Ils furent presque immédiatement attaqués par le grand chef matabele, Mosilikatse, qui chassait

alors devant lui les nombreuses tribus indigènes. Ce guerrier sanguinaire les attaqua sur différents points au moment où ils traversaient la rivière et massacra tout ce qu’il put, hommes, femmes , enfants.

Sans se laisser abattre, les colons marchèrent en avant, lui livrèrent bataille, et cette petite troupe de hardis pionniers, après neuf jours de luttes, mit en pièces ces vastes hordes de sauvages. Le chef fit une halte sur la petite rivière Marico, mais les colons le battirent de nouveau et le repoussèrent jusqu'au delà de la rivière Limposso. Depuis lors, il a toujours habité la contrée qui s’étend entre le Marico et le Zambèse.

Par un traité conclu entre ces émigrants et le gouvernement britannique, et qui est connu sous le nom de convention de Sand River, en 1852, ceux-ci ont obtenu le droit de se gouverner suivant leurs lois, sans aucune immixtion du gouvernement britannique.

Le premier président, M. Prelorius, résigna ses fonctions il y a trois ans, et sa place a été occupée par M. Burgers ; sous l’administration de celui-ci les ressources du pays se sont grandement développées. 11 y a quelques années, le bruit s’est répandu qu’on trou-

vait de l'or dans le Transvaal du nord, mais ce n’est que quand la réputation des champs de diamants commença à s’éclipser et que l’activité se porta vers de nouveaux trésors, que l'on lit dans le Transvaal d’importantes découvertes.

Le flot de la population se porta au-delà du Vaaï, en traversant la république africaine jusqu'aux régions aurifères, au-delà de la petite ville de Lydenberg, au milieu delà magnifique perspective, où les montagnes de Drakensbourg s’inclinent vers le pays plat qui s’étend à l’est jusqu’à la baie Delagoa.

D’abord à Mac Mac, puis au Pilgrim’s Best Creek, on trouva diverses quantités d'or, depuis la pépite pesant 1 1 3 onces jusqu’aux plus petits fragments et à la poussière d’or. Bientôt une population blanche d’un millier de personnes se mit au travail des mines dans le voisinage, et plusieurs centaines d’indigènes l’aidèrent à enlever les énormes blocs de roches qui recouvraie ut la couche dans laquelle les plus gros morceaux d’or ont été trouvés.

En même temps que la région de Lydenberg s'ouvrait aux reclierchesde l’or d’alluvion, deux roches de quartz d'une grande richesse, l’une à environ 200

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nilles plus loin au V.-O. de Lydenberg, 3t l’autre à 300 milles plus loin dans la même direction, ont été decouvertes, et des compagnies se sont formées pour les exploiter au moyen de machines; les machines à broyer la roche ont été prises en Angleterre, et donnent de bons résultats. A l’extrémité nord dudistrict, vers la rivière du Zambèse, MM. Haines ctMauch, le voyageur qui a découvert les vastes ruines de Zymbabie ou Ziinbao, qu’on suppose cire l’ancienne Ophir , ont trouvé trois systèmes de roches d’une grande étendue qui n’attendent, pour être exploitées, que l’industrie et les capitaux de l'Europe.

M. Cari Mauch a donné une description des roches qu’il a trouvées au delà des ruines de Zymbabie , près du Zambèse; elles ne sont aujourd’hui travaillées que par les indigènes ; mais même dans ces conditions désavantageuses on obtient des morceaux d'or gros comme des noisettes. La route des mines d’or part soit de la ville du Cap, d’où des voitures y conduisent en parcourant une distance d’environ 1 ,200 milles, soit de Port Elizabeth. Le port le plus à portée des mines est la haie de Delagoa , où se trouve le petit établissement portugais

de Lorenzo Marques.

Les steamers de Southampton y font relâche.

Mais la route de terre que nous venons d'indiquer est fatigante, et, pendant plusieurs mois de l’année , comme elle traverse des contrées exposées aux fièvres, on ne peut entreprendre le voyage qu'avec beaucoup de précautions.

Pendant les mois secs de l'hiver, du milieu de mai au milieu d’octobre, ce voyage se peut faire avec sécurité.

Le Transvaal est une magnifique contrée montagneuse, à des altitudes qui varient de cinq, six et même sept mille pieds au-dessus du niveau de la mer; elle n’est ni trop chaude en été, ni trop froide en hiver. La plus grande partie de l’État occupe l’immense plateau de la chaîne du ürakeusberg, qui, à l'Est, verse ses eaux dans l’océan Indien et à l’Ouest dans l'Atlantique.

On a trouvé eu abondance , dans les montagnes du Transvaal, du charbon et du fer, de la galène dans certains districts, et, récemment, une mine de cobalt, contenant une certaine quantité d’argent et de nickel.

Pour compléter ces détails que nous empruntons au Times, il faut ajouter que Pretoria est la capitale de celte ré-

publique africaine et le siège du gouvernement. Au sud se trouve Potschefstrom et au nord Lydenbcrg, j où s’arrêtent les voitures venant du Cap. Les petites villes de la même contrée, Rustenberg, Heidelberg, Middleberg, Wakerstrom Zeerust et Lichtenberg, se développent rapidement.

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