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DE CALLAO A LA O H O Y A

La Cordillère des Andes sépare le Pérou en deux parties inégales complètement différentes d’aspect.

A l’ouest, une étroite bande de terrains sablonneux ou rocailleux, ne nourrissant qu’une végétation relativement pauvre , s’incline rapidement vers l’océan Pacifique ; de nombreux cours d’eau à pentes rapides descendent tumultueusement vers la mer, au fond des vallées escarpées qu’ils se sont creusés.

A Test, au contraire, de vastes et fertiles plaines

à pentes douces, arrosées par des cours d’eau profonds et à cours tranquille, s'étendent jusqu’à la frontière du Brésil et se couvrent d'une luxuriante végétation.

Le voisinage de la mer et les facilités de communication qu’elle procure ont rassemblé, dans la partie la moins riche, les établissements les plus importants et là seulement on rencontre quelque activité commerciale.

La chaîne presque infranchissable des Andes, dont les cols praticables sont à plus de 5,000 mètres d'altitude, a complètement arrêté le développement industriel et agricole de l’autre versant, et, malgré son incomparable fertilité, on n’y trouve que quelques agglomérations, sans importance et sans relations.

L)e grandes richesses minérales, faute de moyens économiques de transport, gisent également inutiles au sein même de la montagne. Et, bien qu'à 30 kilomètres do Lima existent de belles et puissantes couches d'une houille d'excellente qualité, c’est encore aux mines de l’Angleterre que les Péruviens doivent puiser le combustible nécessaire pour leurs steamers et leurs usines.

C’est pour mettre lin à cette situation que le gouvernement de Lima résolut de tenter la difficile entreprise dont nous voulons entretenir nos lecteurs.

Le chemin de fer, qui va de Callao à La Oroya, traverse la chaîne montagneuse dans toute sa largeur et établit une communication directe et rapide entre les deux versants, permettant ainsi aux produits agricoles de la pente orientale et aux riches gisements houillers ou métalliques qui abondent dans la montagne même, de gagner facilement les ports de l’océan Pacifique où de larges débouchés leur sont assurés.

Plus tard cette ligne, se prolongeant à travers les fertiles plaines du Brésil, viendra joindre la côte Atlantique pour former le grand transcontinental de l’Amérique du Sud; mais, dès l’achèvement de la première section, grâce aux voies si facilement navigables qu'offrent le cours profond de l’Amazone et de ses affluents, il rendra facile les relations commerciales aujourd’hui impossibles entre les deux côtes.

Mais si l’utilité de cette ligne est incontestable, les difficultés que devaient rencontrer les ingénieurs pour la construire étaient de nature à faire reculer les plus hardis et ne peuvent être comparées à aucune de celles qu'il a fallu surmonter ailleurs.

Malgré ces difficultés, commencées eu 1870 et poursuivies avec une iufatigable persévérance, la construction de ce chemin de fer touche à son terme et le sifflet des locomotives ne tardera pas à retentir au milieu des grandioses solitudes dont Humboldt nous a tracé de si saisissants tableaux.

Nous donnerons ici un aperçu succinct de ce tracé vertigineux et une description rapide des principaux travaux d’art qu’il a fallu établir aux lianes de ces montagnes escarpées, ou creuser dans leurs profondeurs.

Par l'examen du tableau ci-dessous, on peut déjà

se faire une idée du profil, en long, de cette section :

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