‹ La Nature 1875 S2Chapitre 37 sur 117 · MÈTRES · texte numérisé non relu

MÈTRES

Callao

Lima

Quiros

Santa-Clara

La Chosiea

Cocachara

San Bartholoma. . .

Viaduc de Verrugas.

Lurco

Mutueana

San Matco

Tunnel du sommet.

Yauli

La Orova

De Callao à La Chosiea, la ligne suit la vallée du Rimac. Celle vallée, large et à pentes régulières et peu accentuées, 7ie présentait pas à l’établissement d’un chemin de fer de difficultés sérieuses et les rails suivent les bords de la rivière, en s’élevant graduellement par des rampes ordinaires, jusqu’à l’altitude déjà considérable de 854 mètres. Mais ici déjà la vallée se rétrécit, devient plus profonde, la pente s’accentue elles rampes doivent aller jusqu’à 40 millimètres par mètre pour atteindre San Bartholome. Cependant, malgré la rapidité excessive de ces rampes, aucun grand obstacle n’a été rencontré et ce n'est qu’à celte dernière station que commence la lutte du génie humain contre la nature.

La vallée est devenue tellement étroite que la voie a dû être taillée en corniche sur le flanc abrupt de la montagne, et les ingénieurs n'ont même pas pu tracer les courbes qui raccordent les lacets indispensables.

Eu quittant San Bartholome, après avoir franchi 5 kilomètres, le train se retrouve en face de son point de départ, et les voyageurs aperçoivent, à deux cents mètres au-dessous d’eux, la station qu'ils viennent de quitter.

Arrivé au sommet de cette première montagne, à trois kilomètres et demi plus loin, la route est bornée par une gorge de 1 50 mètres de largeur et de plus de 100 mètres de profondeur, causée par la Agua de Verrugas, dont les eaux bouillonnantes roulent sans cesse d’énormes blocs de rochers arrachés aux flancs abrupts de cette effrayante coupure. Le magnifique viaduc, que représente notre gravure, la franchit par quatre travées hardies reposant sur des piles en fer qui dépassent en hauteur toutes celles qui ont été faites jusqu’à ce jour.

Sa longueur est de 175 mètres, la travée du milieu a 38 m ,05 et les trois autres 33 m ,55. Les trois piles qui portent le tablier ontrespectivcment44 ,n , 82, 76 la ,86 et 56 m ,03 de hauteur. Elles sont construites entièrement en métal, leur longueur est de 15 ra ,25 et leur largeur de 4 m ,50 au sommet. Chacune d'elles

est formée de 12 colonnes en tôle, de 0 m ,30 de diamètre ; ces colonnes, sont réunies par des boîtes d'assemblage soigneusement ajustées.

Leurs pieds forment un rectangle allongé et elles sont disposées par quatre, prenant, en élévation transversale, l'aspect d’un AV renversé. Un système complet de tirants et d'entretoiscs rigides les rendent

complètement solidaires et constituent un tout d’une extrême solidité malgré une légèreté d’aspect remarquable.

Elles ont été édifiées sans échafaudages, les segments étant levés et placés successivement, sans autre point d’appui que la partie déjà construite.

Les travées extrêmes ont été mises en place de la

Carie montrant les régions que doit traterser le chemin de fer des Andes, du Pacifique à l’Atlantique.

manière ordinaire, c'est-à-dire au moyen d’écbalaudages reposant sur les piles mêmes. Mais celle du milieu a été construite entièrement sur un plancher établi au fond de la vallée, puis saisie, par de puissants engins et élevée d'un seul morceau à sa place définitive, c’est-à-dire à 7fi mètres plus liant (près de 1 0 mètres de plus que la hauteur des tours de Notre-Dame de Paris).

En quittant ce viaduc la voie continue à s’élever sur un sol de plus en plus accidenté, tantôt serpentant le long des lianes escarpés de l’étroite vallée du Rimac, tantôt passant d’une rive à l'autre sur un pont hardi, ou bien encore s’enfonçant dans les flancs de la montagne pour reparaître quelques centaines de mètres plus loin.

- La vallée transversale, Chulopa, est franchie sur un nouveau viaduc de 38 mètres de long et de 3G m ,60 de hauteur, construit par M. Eiffel, de Paris, puis une tranchée de 30 mètres de profondeur, taillée dans le roc vif la fait déboucher dans la vallée de Mutucaua.

Nous sommes alors arrivés dans la partie la plus riche en gisements métalliques que renferme la mon-

tagne, jusqu'au sommet : à chaque pas, les travaux de la voie vont mettre à jour des liions d’une grande richesse, et dès (pie les trains pourront en enlever les produits, des exploitations fructueuses se grouperont le long de la ligue.

Mais si les richesses naturelles assurent, à cette

partie de la ligne, un trafic rémunérateur , en revanche nous sommes dans la section la plus difficile du tracé.

Pour atteindre -San Mateo , distant seulement de 24 mètres, il a fallu s’élever de 900 mètres, construire deux nouveaux viaducs , de, 120 mètres de long et de nombreux tunnels. Au-delà, la vallée du Rimac, que, nous suivons toujours, n’est plus qu'une étroite et profonde coupuie aux parois accidentées, dont les déchirures ou les aspérités semblent à chaque instant opposer une barrière infranchissable au passage de la voie. En moins de 5 mois, nous devons nous élever de 390 mètres, pour gagner le point culminant à 4,001 mètres et enfin creuser un tunnel de 1,100 mètres pour déboucher sur le versant opposé. Ces derniers travaux, d’une difficulté inouïe, au milieu d'un pays sauvage et à une altitude où le manque de pression

Tracé du chemin de fer des Andes de Callao à La Oroya. (Detail de la carte précédente.)

Le viaduc de Yerrugas. l’.hemiu de fer des Andes. (D’après une photographie.)

lerlilitd contraste heureusement avec l’aridité des sites du versant opposé.

En résumé, sur ce court trajet de 219 kilomètres, il a fallu construire 30 tunnels, dont la longueur accumulée dépasse 5 kilomètres, un nombre égal de ponts, dont quelques-uns de dimensions exception-

nelles, sans compter les ponceaux et d’innombrables caniveaux d’écoulement.

La dépense totale dépassera trois cents millions, mais le gouvernement péruvien trouvera une large rémunération dans l’accroissement de richesse qui résultera do l’exploitation des riches filons de Sun

barométrique rend pénible et souvent dangereux tout effort musculaire, u’ont pu être accomplis (ju'aux prix de lourds sacrifices en hommes et en argent. Beaucoup d’obscurs travailleurs ont trouvé

là une mort utile, féconde et digne d'être glorifiéo.

Le point culminant franchi, les difficultés cessent, la montagne change d'aspect et la voie descend rapidement vers La Choya, en suivant 'une vallée dont la

Mateo et dans les relations commerciales qui s’établiront avec les petites contrées du versant oriental de la Cordillère des Andes. Giracdière.

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