INDUSTRIES MARITIMES ET FLUVIALES
Nous commencerons à examiner aujourd’hui les sujets qui se rapportent à la navigation.
La société de sauvetage des naufragés a envoyé un bateau de sauvetage tout gréé, accompagné des accessoires nombreux d’une station. Le bateau est monté sur son chariot, prêt à être lancé. Ce genre d’embarcation doit réunir beaucoup de qualités pour être apte à prêter son concours dans les circonstances difficiles de la navigation: grande stabilité latérale, vitesse contre la grosse mer, faculté d’être asséché immédiatement de toute l’eau embarquée, redressement automatique dans le cas de chavirage, capacité suffisante pour contenir des passagers outre l’équipage. La longueur du type adopté est de f 1 mètres sur une largeur de 2"‘,40, le bordé est diagonal.
formé de deux bordages croisés, entre lesquels est assujettie une toile imperméable; aux deux extrémités, des boîtes-à-air l’empêcheraient de couler s’il était rempli d’eau. Autour de l’embarcation on a groupé les appareils divers destinés aux secours; on remarque un va-et-vient installé entre le lieu de l’exposition et une colonne éloignée, figurant la mâture d’un navire en détresse ; ce sont ensuite des porteamarres de différents modèles, dos instruments météorologiques, des ceintures de sauvetage en liège, des accessoires de différente nature pour des soins aux naufragés.
SI. Bazin a exposé les modèles de ses nombreuses inventions relatives à la navigation et aux explorations sous-marines : un canon destiné à fonctionner sous l’eau pour percer les coques des navires; un extracteur au moyen duquel ont été faites les fouilles sous-marines de la baie, de Vigo en 1872; à côté, figurent une quantité d’objets ayant longtemps séjourné sous l’eau, retirés au moyen de cet appareil; un observatoire sous-marin, vaste cloche en tôle où l'inventeur est descendu 10! fois, atteignant une prolondeur de 80 mètres, sans accident ; un navireexpress pourvu de trois roues métalliques creuses logées dans le corps du navire ; un bateau-rouleur pour la navigation des fleuves, pouvant flotter et appuyer scs roues sur le fond; une lanterne électrique destinée à éclairer les plongeurs travaillant sous l'eau ; des grappins automatiques pour la recherche des objets coulés à fond.
M. Toselli a aussi exposé une remarquable collection de quatorze grappins sous-marins différents, destinés à enlever du fond de la mer les objets de valeur, lorsque la profondeur dépasse les limites que les scaphandres peuvent atteindre. Le grand grappin automoteur, est celui que nous représentons cicontre. Il a pêché l’été dernier dans le port de Marseille une chaloupe chargée de plomb. L’appareil fonctionne par un poids additionnel que l’on peut voir au centre de l’engin; lorsque ce poids touche un objet au fond de la mer, les bras du grappin qui étaient ouverts se ferment d’eux-mêmes, et saisissent l’objet qu’il ne reste plus qu’à remonter (fig. 2).
La nécessité de faire passer au bassin les navires en fer presque à chaque voyage, rend insuffisants les bassins existants. Le système d’après lequel les docks hydrauliques de E. Clark ont été établis se résume ainsi : couler préalablement sur des traverses disposées à cet effet un chaland garni de tins ; amener audessus le navire à réparer ; soulever mécaniquement, au moyen de presses hydrauliques, les traverses, le chaland et le navire calé sur le chaland; remettre à flot, par une simple fermeture des bondes, le chaland qui sera vidé pendant son ascension ; emmener le chaland portant le navire dans quelque bassin à faible tirant d’eau, le long des quais, à proximité des dépôts de matériaux de réparation ; restaurer le navire sur le chaland même et ensuite le remettre à flot, en repassant par les mêmes opérations en ordre inverse. Ces combinaisons se démontrent d’une ma-
nière très-compréhensible an moyen d'un ingénieux modèle exposé par M. E. Clark, où les différentes opérations se succèdent, connue sur les docks euxmêmes. Le même ingénieur est aussi inventeur d’un appareil à amener instantanément les embarcations suspendues en porte manteaux, aux navires, opération toujours difficile à exécuter par mauvais temps. L’embarcation est suspendue par deux crampons, qui se détachent ensemble par le simple fait de larguer le garant qui retient l’embarcation. Cet appareil était adaptéà une embarcation du steamer Greece, à l’aide de laquelle on a transbordé tous les passagers de l’Europe qui coulait. Les autres embarcations, installées à la méthode ancienne, ont été abandonnées à la mer' par suite de l’impossibilité de les accrocher.
On voit aussi, dans l’exposition anglaise, un bateau de sauvetage pliant, modèle adopté par l'expédition Arctique pour être placé sur les traîneaux ; il se compose d’une carcasse faisant charnière autour des sommets de l'étrave et de l’étambot et revêtue intérieurement et extérieurement d’une toile imperméable ; l' écartement est maintenu par les bancs et le plancher du fond. Ce système réunit la légèreté à la facilité du transport; de plus, l’air contenu entre les deux toiles de revêtement empêcherait le canot de couler, dans le cas où il serait rempli d’eau.
Un appareil offrant quelque analogie a été récemment exposé à Londres en présence d’un grand nombre de membres de la Chambre des communes. Ce système, dû à M. Farratt, consiste en un long cylindre métallique rempli d’air, sur lequel on peut fixer un plateau muni de liège, et garni d’un cylindre imperméable que l’on peut gonfler d'air, en un espace de temps très-court. La plate-forme est entourée d’un parapet, formé d’un filet et d’une toile que l’on adapte à l’appareil. Une expérience a été récemment exécutée aux environs de Londres sur la Tamise, et le radeau a facilement porté 35 voyageurs (fig. 1). Cet appareil, vidé d’air et plié sur luimême, ne tient que très-peu de place, et il serait facile d’en avoir un certain nombre à bord des navires.
L’exposition comprend quelques modèles de navires et de coques telles que celles de M. Lévêque, constructeur à la llougue ; la finesse des lignes d’eau montre que notre construction navale est en-, corc soignée dans nos chantiers, où il ne manque que le bon marché pour rivaliser avec l'étranger. Le Vernon-Croissy, yacht à vapeur de .M. Pérignon, construit au Havre par M. Nilus en 1860, est un échantillon de l'élégance du genre. Destiné à la navigation de rivière et de mer, il a été dessiné d’après les principes de Scolt-Russel ; ses caractères sont, : un avant, fin, un peu évasé, dont les lignes d'eau sont des sinusoïdes, et un arrière, large, à lignes cycloïdales ou trochoïdalcs, et le maître-ban en arrière du milieu. Une navigation de plusieurs années consécutives a justifié sa construction.
Au nombre des inventions de propulseurs, celui de M. Gandou paraît être avantageux dans lesdispo-
sitions dos palettes des roues. Au lieu d'être mues par des excentiqucs, qui les placent normalement au plan de propulsion, elles changent leur position par un simple mouvement de bascule, obtenu par un disque vertical à jour dont le centre est traversé par l’arbre moteur ; elles sont plantées à égale distance des axes horizontaux, recevant les palettes mobiles au tiers environ de leur longueur. Elles portent de chaque côté de fortes douilles, par lesquelles elles sont librement suspendues à chacun des axes, de sorte que l'un des côtés est plus lourd que l’autre et par conséquent plus bas.
La navigation de plaisance est représentée par
M. Tellier, constructeur à Paris; les élégantes embarcations à l’aviron sont en acajou ; on remarque une yole de course à un rameur pesant 24 kilogrammes, une yole-gig à deux rameurs, se démontant en deux parties pour la facilité du transport et se remontant avec des vis eu deux minutes, et enfin un bateau, dit de famille, également en acajou. Ces embarcations présentent le maximum de légèreté que réclame la navigation de plaisance sur les fleuves, tout en conservant la force et la solidité nécessaires, dans les pal lies où les efforts se produisent.
MM. Damien et Kister ont exposé une collection de poulies en usage pour les apparaux, depuis les plus
Fig. 1 . — Nouveau radeau de sauvetage de M Tarratt. (Expérience faite avec 55 passagers.)
petites, jusqu’aux grosses poulies de capon destinées à la manœuvre des ancres; les caisses sont en gayac, les rouets en bois avec gorge en cuivre et les estropes en fer.
Les appareils de sauvelage se multiplient et l’initiative des inventeurs amène des progrès réels ; l’engin de poche de M. Brunei destiné à sauver les personnes tombées dans les bassins consiste en une bobine sur laquelle s’enroule une longue et mince cordelette très-solide terminée d'un bout par un petit grappin à pointes recourbées ; à l'autre bout est attaché le corps en bois de la bobine qui n'est autre chose qu’un flotteur prêt à être lancé à la personne en danger; cet appareil peut se mettre en poche, la base du grappin rentrant dans la bobine qui lui sert d'étui.
Le nalateur Gosselin est un costume couvrant le corps depuis les genoux jusqu’au cou ; entre les deux étoffes, circule un tube en caoutchouc, muni d’un robinet à sa partie supérieure qui se trouve à proximité de la bouche, ce qui permet d’introduire l’air dans le natateur ; il peut être porté sous les vêlements.
Un natateur d’un autre genre est présenté par M. Genel ; répudiant le caoutchouc insufflé d’air, qui peut faillir par une simple piqûre, il adapte autour du corps une blouse ou corset garni de morceaux de liège retenus par un filet ; cette modification des ceintures en liège de la Compagnie de sauvetage a l’avantage de laisser au corps plus de liberté dans les mouvements, qui sont moins gênés, par la multiplicité des morceaux de liège moins volumineux
que les tranches droites des premiers modèles. | Le gouvernement hollandais a fait figurer la collection des plans et dessins du canal d'Amsterdam '■ à la mer du Nord ; nombreux details, photographies, modèles en reliefs, dessins de tout genre, démontrent combien ce grand travail est l'objet de la sollicitude du gouvernement. Il est accompagné du projet de dessèchement du Zuiderée ; il consisterait à renouveler ce qui a été fait pour la mer de Harlem,
endiguer une portion et assécher ensuite avec des machines d'épuisement, opération reposant sur la patience et l’activité si connue des Hollandais pour leurs grands travaux publics.
Une exposition maritime serait incomplète sans les instruments de précision nécessaires au navigateur. Les trois principaux constructeurs de chronomètres français, MM. Bréguet, Rodanet, Leroy ont envoyé des spécimens. Celte branche si importante
i'ig. 2. — Eiposilion des iudustrics maritimes et fluviales. — Grappin automoteur de M. Toselli.
de l'horlogerie n’est soutenue en France que par les efforts du ministère de la Marine qui décerne des récompenses aux concours fréquemment renouvelés. Les navigateurs du commerce se fournissent généralement en Angleterre, où ils trouvent des chronomètres de bord de bonne qualité et à meilleur marché qu'en France.
M. Fromont-Dumoulin a présenté un spécimen de chacun des compas d'habitacle et de relèvement, qu’il construit pour la marine de l’État. Les procédés d'aimantation qu’il emploie et scs méthodes de correction pour les navires en fer, lui ont valu une renommée justement méritée. On sait en effet que la
boussole est un instrument dont il faut savoir corriger les erreurs pour s’en servir avec précision. Ce n’est que par une suite d'études et de calculs que savent les marins qu’on vérifie les indications de l’aiguille aimantée. J. Girard.
CHRONIQUE
Une nouvelle mer Sahnrlenne. — Au moment ou la question des cliotls tunisiens occupe les géographes, les ingénieurs anglais font une contre-partie de ce projet, en voulant amener les eaux de l'Océan dans l’immense dé-
pression du sol qui se prolonge fort avant dans la partie | ouest du Sahara, connue sous le nom d’El-louf. 11 y a i quelques années, M. Mackensie étudia attentivement ce côté | de l’Afrique ; le résultat de ses investigations l'amena à constater que la portion nord-ouest de Sahara, à l’ouest du plateau de Mourouk et d’Asbcn, présente une énorme dépression du sol fort au-dessous du niveau de la mer. Ce grand bassin s’étend, d’une part, depuis Tafilalct et Touàt jusqu’aux versants sud de l'Atlas, à une petite distance de Timbouctou et, de l’autre, depuis Trouza et Assouad àl’ouest jusqu’aux hautes terres de Maglcr, près de l’océan Atlantique ; au nord-ouest de ce bassin part un cours d’eau qui aboutit dans l’Atlantique en face les Canaries et nommé rivière llelta . Les sables amoncelés à l’embouchure forment un endiguement contre les Ilots extérieurs. 11 est facile de comprendre que, sous l’action d’un soleil torride, cette nierait laissé des dépôts cristallisés, comme preuve de son existence. En perçant la ligne des dunes qui obstruent l’entrée do la Relia, les eaux de l’Atlantique pourraient retourner dans . leur ancien lit Cette mer intérieure donnerait des débouchés de produits anglais dans le centre du Soudan.
Constitution de la glace d'eau de nier. —
M. J. -Y. Ruchanam, chimiste à hord du Challenger , navire dont nous avons si fréquemment raconté les explorations maritimes, vient d’étudier d’une façon spéciale des fragments de glace, provenant de banquises flottantes à la surface des mers australes. Loin d’être formés d’eau chimiquement pure, deux échantillons de glace ont produit, par leur fusion, une eau contenant 0 gr. 052 et 0 gr. 172 de chlore par litre ; ils renfermaient en outre, de la chaux, de la magnésie, de l’acide sulfurique. L'eau de mer congelée artificiellement cristallise en tables hexagonales. Les cristaux obtenus, lavés à l’eau distillée, sèches dans des papiers à filtre, cl soumis à la fusion, n’ont pas donne moins de 1 gr. 578 de chlore par litre. Cette glace a été soumise à la détermination du point de fusion qui a été de — 0°5. La glace des banquises commence à se convertir en eau à la température de — 1°. Cet abaissement dans le point de fusion indique que les sels décélés par l’analyse, ne sont pas emprisonnés mécaniquement dans la glace, mais qu’ils forment, en réalité, partie intégrante de la constitution de la glace d’eau de mer. Le sel marin, cristallisé au-dessous de 0°, affecte la forme de laides hexagonales, comme la glace elle-même. Il y a donc là comme un mélange de composés isomorphes.
De l'albinisme chez le» animaux. — Le phénomène de l’albinisme chez les animaux se manifeste le plus souvent dans l’étal de domesticité, mais on le rencontre très-tréquemment aussi chez des animaux entièrement sauvages. L’existence du merle blanc n’est plus une fable pour personne, et il y a dans ce moment, au Jardin d’ Acclimatation, une pie dénichée aux environs de Péronne qui est entièrement blanche ; des parties du plumage qui devraient être noires chez l’oiseau ordinaire, sont cependant d'une nuance légèrement isahelle. Nous avons vu le 27 juin dernier au marché aux oiseaux qui se tient tous les dimanches derrière les Arls-et-Métiers un rossignol atteint d’albinisme ; le bec, les pattes et les yeux étaient roses, mais le plumage isahelle foncé ; les mouchetures qui distinguent le jeune oiseau ressortaient surce fond eu teintes plus brunes. 11 est probable que, si ces oiseaux albins n’étaient pas dénichés, la variété se fixerait dans la localité où elle s’est produite une première fois et s’y multiplierait. Ou voit en effet ces phénomènes d'albinisme se reproduire tous les ans dans les mêmes endroits
et c’est dans les mêmes familles sans doute qu’ds se manifestent.
La vanilline. — MM. Ticmann et Hermann ont trouvé le moyen d'extraire de la sève du pin, de la vanilline exactement semblable à celle qu’on obtient du traitement dos gousses de vanille. Ce produit précieux qui trouve un emploi assuré dans la confiserie et la parfumerie, existe nonseulement dans la sève du pin sylvestre, mais aussi dans celle du sapin pectiné, de l’épicéa, et probablement de tous les conifères. Pour obtenir la vanilline on recueille, à l’aide de raclettes, la sève qui lubréfic le tronc et l’intérieur de l’écorce des conifères récemment abattus. La substance à moitié fluide que produit cette opération est éminemment fermentescible. Aussi, pour la conserver pendant le temps nécessaire pour lui faire subir les traitements ultérieurs qui doivent la transformer en conifcrine d’abord, puis plus tard en vanilline, faut-il la soumettre à une ébullition de quelques minutes qui coagule les matières albumineuses. La sève ainsi bouillie peut être expédiée au loin dans des barils ou des bidons en fer-blanc. Le prix de la vanilline est assez élevé pour couvrir, et au-delà, les frais de maind’œuvre qu’exige la récolte de la sève. Un chimiste distingué fait en ce moment, dans une de nos sapinières, des essais pour se rendre compte des moyens pratiques d’obtenir la quantité de sève suffisante pour faire de ce produitl’ objet d’une exploitation industrielle. Quelques femmes, armées de couteaux de table à lame arrondie, raclent les sapins abattus et préalablement écornés. Elles recueillent la sève dans de petits seaux en fer-blanc, dont le contenu est versé dans une marmite en fer battu. Quand la marmitte est suffisamment remplie, on la fait chauffer au feu des bûcherons de la coupe; le liquide est ensuite versé dans un baril qu’on expédie à Paris, où il est soumis à di s traitements chimiques ( lievue des eaux et forêts).
l.e bilan de l’instruction primaire. — Il faudrait un volumineux mémoire pour approfondir les questions pédagogiques relatives aux pays civilisés.
M. E. Levasseur, dans un excellent rapport sur l’instruction primaire et secondaire à propos de l'Exposition de Vienne, donne une statistique dont l’aride éloquence des chiffres est significative. Il ressort de ce tableau que le dernier degré est occupé par la Turquie, la Russie, le Pérou, où la proportion du nombre d'élèves inscrits dans les écoles primaires est de 1/2 et 1/4, pour cent habitants. L’instruction s’élève à 6 0/0 en Italie ; 7 1/2 en Hongrie ; à 9 en Autriche et 1 en Espagne ; en Angleterre la proportion atteint 12 0/0, ce qui est le même chiffre que celui de la Norvège.
En France, il y a 13 élèves inscrits pour 100 habitants. Le, nombre des écoles primaires est de 70,179; 4,722,000 enfants les fréquen'ent quotidiennement et les dépenses j occasionnées par l’instruction primaire s’élèvent à 71 millions de francs. La proportion est plus forte en Prusse, où elle atteint 15 0/0. Aux Etals-Unis la statistique donne 17 0/0, mais le système d’instruction primaire très-étendu laisse à désirer sous le rapport de la régularité.
Encre rouge A marquer le linge. — On bat un
blanc d’œuf avec son volume d’eau, on le passe à travers une linge fin et l'on y mélange du vermillon ou du cinabre finement pulvérisé ; on se sert de celte encre pour écrire avec une plume ordinaire sur le linge. Quand les caractères sont secs, on passe sur eux un fer chaud qui coagule l’albumine, fixe le vermillon dans le tissu, sans que le savon, les acides et les alcalis puissent l’en détacher.
(Weüler: Pliarmaceutische Zeiiung fûr Ruxlancl. Journ. de Pharm.).
Procédé de revivification d'écritures ancienne». — Très-souvent les écritures tracées sur le papier ou le parchemin sont indéchiffrables à cause de leur pâleur ; on peut les revivifier facilement, dit la Revue industrielle, en humectant le papier avec de l’eau et y passant ensuite un pinceau qui a été trempé dans une solution de sulfhydrale d’ammoniaque. L’écriture réparait immédiatement avec une teinte très foncée, 8ur le parchemin la teinte! se conserve. Iles chroniques traitées de cette façon il y a dix ans au musée germanique de Nuremberg, sont encore dans le même état qu’iminédiateincnt après l’application du procédé. Sur le papier la teinte disparait peu a peu, mais pour revenir aussitôt que l’on renouvelle l’emploi du sulfhydratc. La raison d'être de ce fait est très-simple; sous l’action du sulfhydrate d’ammoniaque, le fer qui entre dans la composition de l’encre est transformé en sulfure d’une couleur noire.
Acide picrique dan» la bière.— Brunner indique comme le meilleur procédé pour déceler la présence de l’acide picrique dans la bière, d’employer le procédé de Bohl, qu’il modifie do la manière suivante : il acidulé la bière par l’acide chlorhydrique, y plonge un morceau de laine filée, et fait digérer au bain-marie. J1 retire la laine, la chauffe avec une solution d’aminoniaque, filtre, évapore au bain-marie à un petit volume et y verse quelques gouttes de cyanure de potassium. La présence de 1 milligramme d’acidc picrique dans une pinte de bière déterminera une coloration rouge due à la formation d’iso- ( purpuratc de potasse ( Arch . de pliarm., Chernist and druggist).
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 26 juillet 1875. — Présidence de M. Frémt.
Falsification du guano. — Les industriels du nord estiment bon le guano qui donne à la calcination une cendre tout à fait blanche. D’habiles falsificateurs sont arrivés cependant à fabriquer, de toutes pièces, uue subslance ne possédant en rien les propriétés du précieux engrais, et subissant néanmoins, de la manière la plus victorieuse, l’épreuve qui vient d’être rappelée : 11. Ferdinand Jean leur rend le mauvais service d’éventer leur petit commerce. Le faux guano est formé, pour les deux tiers, de plâtre ordinaire, auquel on ajoute, par un scrupule de conscience, 12 p. 100 environ de phosphate de chaux; le reste est constitué par du carbonate de chaux, du sel marin et de 1,5 à 2 p. 100 de matière organique. C’est dans cette matière organique que réside toute l’invention, car c’est elle qui donne au inélan., e la couleur et le parfum du guano véritable. Pour l’obtenir on traite des chiffons de laine par de la vapeur d’eau surchauffée, sous l’influence de laquelle ils deviennent friables et bons pour le mélange.
Germination. — Afin d’écarter certaines causes d’erreur dans les expériences si délicates, qu’il poursuit depuis longtemps sur la germination, 11. üehérain appelle l’attention sur l’air renfermé en petite quantité dans la partie corticale de l'orge étudié. Cet air, très-actif dans les phénomènes de développement de la plante, ne peut être enlevé que très difficilement.
Régénérations animales. — Il y a déjà quelque temps que M. Philipeaux, aide-naturaliste au Muséum, a annoncé ce résultat général que, si des portions d’organes amputées telles que le bout de la queue des lézards, l’avant-bras des salamandres, une partie des nageoires des poissons peuvent repousser, la régénération n’a jamais lieu si l’organe a été enlevé complètement. C’est contradictoirement à cette proposition qu’un physiologiste italien a annoncé la reconstition des mamelles enlevées à de jeunes cochons d’Inde femelles. M. Philipeaux a repris cette question, et sa conclusion est que son contradicteur a dû laisser, à son insu, quelques grains des glandes qu’il amputait, glandes qui sont chez le cochon d’Inde extrêmement diffuses. Pour lui, il a reconnu qu’une amputation totale n’est jamais suivie do régénération.
La théorie tellurique de la dissémination du choléra. On s’est beaucoup occupé, depuis quelque temps, d’une théorie émise par le docteur Pettenkofor (de Munich), cl suivant laquelle la dissémination inégale du choléra tiendrait avant tout à la constitution géologique et hydrologique des diverses localités. Un de nos médecins les plus distingués, qui a attaché sori nom à un grand nombre de questions d hygiène, M. le docteur E. Decaisne, lauréat de l’institut, examine comment cette théorie s’applique à plusieurs villes de France, et il arrive à confirmer pleinement les idées du savant allemand. Comme on le sait, Lyon et Versailles sont toujours restés réfractaires aux épidémies de choléra, tandis que leurs environs étaient quclqueiois ravagés par le fléau. Tout le monde sait, au contraire, avec quelle facilité, dans des conditions d’importation presque identiques, la dissémination de la maladie a lieu à Paris. En 1832, la ville de Lyon échappa complètement à l’épidémie qui ravagea la France. En 1855, elle ne fut pas atteinte par le choléra qui remonta le llliône. En 184!), une caserne fut envahie, et quelques cas se manifestèrent dans les quartiers environnants. Trois semaines après, tout avait disparu. En 1 853, pendant l’automne, le choléra sévissait dans le departement de la Drôme ; la maladie apparut à Lyon, y détermina 400 attaques, 196 décès, puis s’éteignit. En 18G5, il n’v eut que quelques cas sporadiques.
belonla théorie tellurique de Pettenkofor, l’immunité (le Lyon s'expliquerait en partie par la constitution du sol, mais seulement pour les quartiers de la ville qui reposent sur le roc et le granit, soit immédiatement, soit par l’intermédiaire d’une couche d’argile interposée (Croix-Rousse, Fourvières, Saint-Just). Tous les points de la ville qui reposent sur le terrain d'alluvion (Perrache, la Guillotière, le> Brotteaux, la partie inférieure du faubourg do Vaise), devraient leur immunité à la disposition particulière des eaux souterraines. Les deux époques citées coïncident avec des sécheresses tout à fait exceptionnelles permettant la décomposition, sous l’influence de l’air, de matières organiques ordinairement submergées. Quanta la Croix-Rousse, Fourvières et Saint-Just, qui doivent leur salubrité à la constitution physique du sol, ils furent aussi bien épargnés en 1845 qu’aux autres époques.
L’immunité de Versailles, analogue à celle de Lyon, tient également à la nature du sol constitué par les sables supérieurs dits de Fontainebleau, sables supportés d’ailleurs par la couche imperméable de marnes à huitres.
Quant à Paris, il est construit sur les terrains tertiaires éocènes, calcaire grossier, sables moyens, calcaire de Sainl- Ouen, tous perméables et arides, tous favorables à la dissémination cholérique.
Ces quelques mois suffisent pour montrer en quoi eon- et deux on trois autres localités. C’est la phosgénitc ou
siste une théorie que recommanderait déjà son utilité pra- chloro-carbonate de plomb. A côté d’elle se présente du la
tique et qui offre, en outre, l’intérêt de faire saisir le lien galène ou plomb sulfuré, de la céi usité ou plomb carbo-
intime de la géologie avec l’hygiène. naté et un enduit rouge que M. Daubrée compare au mi-
nium, et qui pourrait être, suivant la remarque de Minéraux contemporains. — M. Daubrée poursuit l’é- M. Frémy, du protoxyde de plomb à un état allolhropique tude, déjà si fructueuse, des minéraux produits dans le bas- bien connu.
sin des sources thermales de Jîourbonnc depuis l’époque I.e nouveau mémoire de M. Daubrée montre, avec plus romaine. 11 signale aujourd’hui les tuvaux de plomb pro- de force encore que les précédents, la liaison intime des
fondément corrodés par l’eau minérale, et sur la surface sources thermales avec les filons métallifères, fl fait com-
desquels se sont développés des cristaux de diverses na- j prendre comment l'étude approfondie des premières élu-lures. Les plus abondants appartiennent à une espèce très- ! cidera tous les points encore douteux de l’histoire des serarc trouvée seulement dans le Derbyshirc, la Sardaigne I conds. Stanislas Mcunikr.
Pont construit sur des troncs d’arbres, à Yassangor, dans le district d'Assain. (D'après une photographie.)
UN PONT A YASSANGOR
Assam est un vaste territoire intérieur de l’Inde, situé au-delà du Gange, et dépendant de la Grande- Bretagne. 11 fait partie de la frontière Est des possessions anglaises, au milieu du Brahmapootra, borné au nord par les monts Himalaya, à l’est par le Tliibet, au sud par les montagnes de Naga et Garovvs, à .'ouest par le Bengale. Le pays est couvert d’un grand nombre de rivières, de marécages et de petits cours d’eau, très-nombreux, où l'on utilise les arbres, sans les déraciner, pour la construction de ponts semblables à celui de Vassangor que nous reproduisons d’après une photographie. Ce mode de. construction est très rapide, et permet d’ouvrir dans la contrée des routes très-abondantes, qui s’ouvrent tle toutes parts, pour le commerce du thé que l’on
cultive aujourd hui dans ces régions en grande abondance. Ces ponts du pays d’Assam rappellent les voies de chemin de fer qui, aux États-Unis, ont parfois été construites sur des forêts de sapin, en se servant de troncs d’arbres comme des piliers d’un viaduc.
Le territoire indien, dont nous parlons succinctement aujourd’hui, a pris, dans ces dernières années, une importance capitale à la suite des plantations de thé que les Anglais y ont introduites depuis peu. Nous avons reçu à ce sujet des renseignements authentiques et curieux, que nous nous réservons de publier prochainement.
Le Propriétaire-Gérant : G. TissAsntF.it.
CUIU11.il, TVP. KTSThn. CR LT rf.
N° ni - 7 AOUT 1 875. LA NATURE. 145