‹ La Nature 1875 S2Chapitre 88 sur 117 · FAI! T, ES FELILI.ES · texte numérisé non relu

FAI! T, ES FELILI.ES

temps.

Argile trouvée dans des fouilles. — En faisant faire des fouilles pour la construction d’un moulin h eau, M. Thénard rencontra au-dessous d'un terrain siliceux une couche d'argile qui attira sou attention. On en avait jeté en tas une certaine quantité qui se trouva exposée à un soleil très-ardent, et qui, selon l’expression de 51. Thénard, se granita d’un bleu semblable à l’oul remer. On en prit quelques échantillons; et une pluie étant survenue tout à coup la teinte du reste s'altéra. Cette matière bleue est, en effet, sujette à toutes sortes de changements ; à 120", elle passe au vertolive; traitée par la potasse, elle devient jaune; l’ammoniaque est sans action sur elle; l'acide chlorhydrique la décolore. Vu le peu do matière dont il dispose, SI. Thénard ne répond pas des chiffres qu'il a déjà trouvés par l’analyse. Cependant il peut aflirmer que le protoxyde de fer domine (17 pour 100) et qu’il n’y a pas de sesquioxyde; qu’il y a I eaucoup d’alumine et très-peu de silice. Un os de cerf trouvé dans cette couche portait des traces très-accentuées de la matière bleue. 11. Drjhrée fait observer qu’on rencontre quelquefois du phosphate de fer coloré en bleu.

La question des trombes. — Un professeur suisse, 51. le docteur Forel, écrit à M. Fave une lettie sur une trombe qu’il a vue, et qui présentait des bourrelets spiraux indiquant un rapide mouvement de rotation. Uans cette trombe, il était évident pour l'observateur que le mouvement était descendant, car il voyait des flocons de nuage emportés de haut en bas.

Dois fossile. — Un habitant de Washington envoie à 51. Daubréo un échantillon de bois fossile, traversé par des veines de pyrite cristallisé.

Le camphre monobrômé. — 51. W'urtz on présente des cristaux splendides préparés par 51. Klein, et rapporte des expériences très-intéressantes, faites avec ce corps par 51. le docteur Tourncvillc, qui en a administré à des animaux. La circulation se ralentit aussitôt; la température s’abaisse rapidement : pour un chat, jusqu’à 25 degrés, ce dont l’animal meurt, bien entendu. Ce composé s’obtient en chauffant un mélange de camphre et de brème.

On sait que les feuilles des végétaux ont une grande puissance d’évaporation, et. que cetle importante fonction a été signalée depuis longtemps par S. II. Woodward. — Haies, Guettard, 5151. J.uwes, Daubcnv, Julius Sachs et plus récemment notre collaborateur 51. P. -P. Déhérain, ont exécuté à ce sujet de remarquables travaux.

51. Déhérain a publié dans la Nature, une intéressante notice à laquelle nous renvoyons le leeleur *.

Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit ici même, mais nous signalerons aujourd’hui une curieuse expérience peu connue, et qui montre d’une façon très frappante le pouvoir d’évaporation des feuilles. On place une tige d arbre garnie de feuilles, dans un tube en U dont les deux branches d’inégal diamètre, renferment de l’eau. La tige végétale plonge dans l’eau, comme le montre noire figure, elle est fixée au tube par 1 intermédiaire d’un bouchon, que l’on entoure d’une feuille de caoutchouc bien attachée afin d’avoir une fermeture hermétique.

Au commencement de l'expérience, le niveau de l’eau est en A dans la branche à grand diamètre du tube en U. Elle est en II, dans la petite branche du tube, à un point plus élevé en raison de la capillarité.

L’évaporation de l’eau déterminée par les feuilles est si active, que l’on voit en très-peu de temps le niveau de l’eau s’abaisser et tendre vers les points C et C'.

Cette expérience peut être commencée au commencement d’un cours, et de quart d’heure en quart d'heure, ou voit que le niveau de l’eau a baissé successivement d'une façon très-sensible.

1 Voy. l r# année 1873, p. 1G3 et suiv.

Le Proprictairc-Gcrant : G. Tissanuiku.

Disposition d'un appareil destiné à démontrer l’évaporation de l’eau par les feuilles.

Stanislas Meunier.

Corbiil. Typ. et »tér. Cubtc

Les grandes sphères de la Bibliothèque nationale. (Diamètre : 5“,90.)

Une très-belle et très-curieuse Exposition consacrée à l'histoire de la géographie, a été installée dans la grande galerie Mazarine à la Bibliothèque nationale- Elle est due à l'initiative éclairée de M. Léopold Delisle, membre de l'Institut, administrateur général de la Bibliothèque, et au concours actif de M. Eugène Eortanibert, bibliothécaire de la section des cartes et plans. Les précieux monuments cartographiques qui

ont été réunis, sont empruntés aux divers départements (imprimés, manuscrits, estampes) de notre grand établissement scientifique ; des règlements fort sages en ont toujours interdit la sortie. Leur ensemble constitue une intéressante annexe à l’Exposition de géographie, ouverte au palais des Tuileries.

Parmi ces monuments, exposés à la galerie Mazarine, il en est deux qui offrent un intérêt particule

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lier, non-seulement au point de vue historique, mais .aussi à cause du nom de leur auteur, qui a joui, il y a environ deux siècles, d’une certaine célébrité dans les annales de la cartographie. Ce sont deux globes, de 40 pouces (l m ,082) de diamètre, dont l’un, terrestre, exécuté par Coronelli (1088) et l'autre céleste, de Dcuvez, d’après Coronelli (1095), montés tous deux sur bois, avec pied délicatement sculpté, méridien en cuivre, etc. Composées chacune de trente feuilles, ces belles sphères, à l'époque où elles furent faites, constituaient certainement les deux pièces les plus grandes qui eussent été gravées jusque-là.

Marc-Vincent Coronelli, né à Venise vers 1650, mort dans la même ville en décembre 1718, entré fort jeune dans la congrégation des Mineurs conventuels, consacra sa vie à l’étude des mathématiques et de la géographie. Nommé cosmographc de la République de Venise, professeur de géographie dans sa ville natale, général de son ordre eu 1702, il fonda une académie dont les membres, sous le nom d’ Argonautes, s’occupaient spécialement de géographie et des sciences accessoires. 11 a laissé plus de quatre cents cartes et un grand nombre d’ouvrages dont nous n’avons pas à dresser ici la liste, mais dont le mérite a été souvent discuté.

C’est grâce à sa renommée connue géographe et comme mathématicien que Vincent Coronelli se • trouva mis en relations avec le cardinal d'Estrées, | qui le lit venir en France et lui fit exécuter les deux grandes sphères dont nous allons maintenant parler, et dont les deux globes cités plus haut ne sont pour ainsi dire que des réductions.

Les grands globes de la Bibliothèque nationale sont installés dans un local situé derrière la salle publique de lecture, et à laquelle ou n’accède, vu l’état de reconstruction de la Bibliothèque, que par un corridor en planches ouvert au bas du grand escalier. Le plafond de ce local a été percé de deux larges ouvertures circulaires munies de balustrades, ce qui permet d’examiner les sphères soit par en haut soit par en bas ; il faut même les avoir contemplées sous ces deux aspects pour se faire une idée un peu exacte de ces curieux monuments, car l’effet produit varie sensiblement suivant le point de vue 1 auquel on s'est placé.

Commandés à Coronelli par le cardinal César d’Estrées, ambassadeur du roi en Espagne, ces globes furent exécutés à l’hôtel d’Estrées et achevés en 1685. Offerts par le cardinal à Louis XIV, à qui ils avaient été spécialement destinés et dédiés, ils lurent installés d’abord dans les deux derniers pavillons du château de Marly, qui étaient auparavant distribués en ! logements et qu’on dut approprier exprès.

Les globes restèrent à Marly iusqu’en 1722 ; à celle époque, ils furent enlevés de cette résidence et déposés provisoirement au vieux Louvre, d’où on les transporta à la Bibliothèque; un plan manuscrit indique l'emplacement qu’ils y occupaient en 1 725, à l’extrémité nord du bâtiment neuf. Ce n’est qu’en

! 1751 que fut disposée pour les recevoir la salle où ils se trouvent actuellement ; mais, depuis leur départ de Marly, les globes étaient demeurés emballés dans plusieurs caisses, et ils restèrent ainsi jusqu’en 1782, dans un endroit fort humide, où ils subirent des dégradations regrettables, sans compter qu’en 1704 déjà, les divers transports qu’ils avaient eu à supporter les avaient plus ou moins détériorés. Le peintre Bounieu fut plusieurs années occupé à les restaurer.

Enfin, après tant de vicissitudes et de pérégrinations, les deux sphères lurent mises en place dans la salle dite des Globes, qu’elles occupent aujourd’hui encore. L’une est terrestre, l’autre céleste.

Le diamètre de chacune d'elles est de douze pieds, soit 5 m ,90 environ, ce qui donne 57 pieds 8 pouces 1/2 de circonférence (12 m , 249) 1 ;. elles sont formées d’une charpente en bois fort solide, recouverte d'une étoffe de toile, probablement, sur laquelle ont été exécutées les peintures qui furent confiées à un artiste fort habile, et sont vraiment remarquables, celles de la sphère céleste surtout. Les méridiens et les horizons sont de bronze ; ceux-ci sont soutenus chacun par huit colonnes de même matière, et les méridiens sont supportés par deux pieds de bronze enrichis d'ornements du meilleur goût, dont le dessin ci-joint, que M. L. Dclisle a bien voulu nous autoriser à faire exécuter, donne une idée fort nette.

Entre les quatre consoles qui forment les pieds des méridiens ou a mis sous chaque globe une grande boussole en marbre et bronze ; ces boussoles marquaient la déclinaison de l’aiguille aimantée, qui était, au commencement de l’année 1704 occidentale, et de 9 degrés 6 minutes. Tous ces objets et leurs ornements furent exécutés sous les ordres de Mansart, sous-intendant des bâtiments.

Sur le globe céleste, peint en bleu, figurent toutes les étoiles fixes qui sont visibles à l’œil nu, et les constellations qui les comprennent, suivant les anciens astronomes et les modernes, avec la route suivie par quelques comètes reconnues jusqu’au dixhuitième siècle. La sphère indique aussi le lieu de toutes les planètes au moment de la naissance de Louis le Grand. Ce dernier détail est d’ailleurs indiqué par une inscription gravée sur une plaque de cuivre doré, et dont voici la reproduction exacte :

A L'a LT. ESTE MAJESTÉ

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