ALCARAZAS ANTÉHISTORIQUES
DES TUMULUS DE l’æ KANSAS.
Ily aune vingtaine d’années, M.E. Clieck, qui Jurant la dernière guerre avait sollicité du président Lin- ! coin la première magistrature de l’Arkansas, avait l’ail construire une route dcMoiind City, situé .à cinq milles au-dessus de Memphis, à Marion, capitale du comté de Crilteiiden, et placée dix mille à l’ouest de
Memphis. En opérant des excavations et des remblais, M. Clieck découvrit des briques de formes étranges, dont l'auteur de cet article a reçu des spécimens. Ces briques étaient d'une glaise grisâtre, et avaient 1 2 pouces en longueur sur 4 pouces d'épaisseur.
D’après la quantité des ruines que M. Clieck rencontra fréquemment, et de distance en distance, sur cette vieille route militaire, il crut que. du temps où les Espagnols étaient les maîtres de la contrée, ils y construisaient souvent des palais, grâce à la richesse qu’ils avaient acquise dans la culture des basses terres. Ayant eu enfin connaissance de la relation curieuse de Cornélius Mathews, de New-York, sur les constructeurs de tumulus 1 , il en conclut que cette vieille roule stratégique n’était pas le produit du travail de notre âge, mais remontait à des époques bien an-
Alcarazas antû-historiques
fait aujourd’hui ; ils traçaient des canaux immenses 1 qui apportaient la richesse aux basses terres et empêchaient les inondations ; non-seulement les canaux étaient, pour le commerce, les moyens de communication les plus économiques, mais la surface d’eau exposée à l’action solaire n’était point perdue, comme cela aurait lieu si des remblais avaient été employés . et eussent emprisonné la rivière. Cette abondance de l’eau empêchait les variations brusques dans les conditions du climat, dans l’état hygrométrique de l’air; il n’y avait pas alors de ces alternatives de saisons humides et sèches, qui rendent la culture du coton impossible. Les constructeurs de tumulus ont i été plus sages que nous. En défrichant les basses j terres, ils commençaient par régler la distribution de l’eau, assainissaient la contrée par cet utile système de drainage. Nul doute qu’à Memphis, à Saint- Louis, à Louisville enfin, on ne voyait s’élever jadis
1 Voy. Table des matières de la 3” année, 1" semestre : Mo- ! uumenti américain « antérieur» à la conquête espagnole. |
térieures. Puis il reconnut que les collines franchies par cette voie étaient artificielles et n’étaient autres que des constructions tumulaires d'une grande richesse. Il vit combien il était vrai que ces anciens constructeurs de tumulus, non-seulement avaient élevé des monticules sans nombre, creusé des réservoirs, des canaux, mais avaient encore absolument créé, en soulevant les terrains d'alentour, des fermes gigantesques, au milieu d’étendues de centaines et de milliers d’hectares. Si, dans les temps modernes, nous nous glorifions des oeuvres de notre génie civil, des ponts jetés sur les fleuves, des remblais de chemins de fer, etc. , ces anciens constructeurs de tumulus n’avaient pas moins le droit de s’enorgueillir de leurs travaux vraiment gigantesques; ils savaient établir des encaissements de routes qui dépassent tout ce qui se
lumuius de 1 Arkansas.
de splendides cités, ainsi que l’attestent les ruines remplies de débris.
Les fouilles opérées dans l'Arkansas n'ont décélé nulle part la trace de sources ou de citernes, mais quelques chercheurs ont mis la main sur de curieux vases réfrigérants, à peu près semblables aux alcarazas qui se fabriquent de nos jours.
Nous représentons ci-contre l’aspect de deux de ces vases les plus curieux, qui ont environ trente-cinq centimètres de hauteur. Sur leurs parois extérieures sont sculptés des tibias et des ossements de mains ; en tout quatre paires d’ossements. Ils sont en terre grisâtre, mince, légère et poreuse.
Ces vases réfrigérants n'ont rien perdu de leurs propriétés , comme des expériences fréquemment renouvelées ont pu le prouver. (Traduit du Ilarper's Magazine, de New-York).
Le Propriétaire-Gerant : G. Tissasdieii.
• ConLBlL. Typ. et «1er. Cnér il
iV i OC. — 12 JUIN 1875.