LES FORMES DES CORPS BRUTS
licien, que a. ce qui est premier, en chaque genre, est cause à Tégarcl de ce qui vient après (1) ».
Mais les actions des corps célestes, exercées au moyen du mouvement dans l'espace, restaient par là-même matérielles à leur point de départ, et les substances qu'elles faisaient engendrer parles qualités des éléments inférieurs ne pouvaient être que des substances matérielles, en tant qu'elles étaient le résultat éloigné de l'opération des astres.
Il est viai que les astres lumineux, le soleil par exemple, avaient aussi une qualité active,, d'une nature particulière, la lumière, qui illuminait l'air (2) ; mais cela encore était matériel et dans son origine et dans son terme.
Sans adopter toutes les hypothèses de la
(1) Primum in quolibet génère est causa eorum quie sunt post. Inter omnes autem alios motus, primus est motus cœli... Oportet ergo quod motus cœli causa sit omnium aliorum motuum [C. Gent.y lib. III, c. Lxxxu).
(2) Sicut calor est qualitas activa consequens formam substantialem ignis, ita lux est qualitas activa consequens formam substantialem solis vel cujuscumque alterius corporis a se lucentis, si aliquod aliud taie est (I, q. lxvii, a. 3).
physique du treizième siècle, nous n'avons, comme alors, aucune raison de supposer que les corps inorganiques opèrent indépendamment de la matière, ni, par conséquent, aucun motif de penser que les formes constitutives de leurs substances soient elles-mêmes indépendantes de la matière, à laquelle elles sont unies naturellement. Dans l'ordre physicochimique, comme il n'y a pas de force sans matière ni de matière sans force, aussi ne peutil y avoir de forme substantielle sans matière, pas plus que de matière sans forme substantielle : la forme est aussi incapable que la matière de subsister seule à part.
IL — Que dire des végétaux? Certes, ce sont des vivants; ils sont moins passifs que les corps bruts ; leurs puissances sont particulièrement actives, puisqu'elles transforment les substances environnantes en substance propre et vivante du végétal, produisent une augmentation de son corps et engendrent un végétal semblable, toutes opérations essentiellement efficientes. Mais ils n'agissent que par les forces physico-chimiques, et l'effet de leur action est corporel, par conséquent ma-