ARTICLE CINQUIÈME
Quelles sont les aptitudes deS$ Canadiens-français ?
Quelles sont à nous, canadiens-francais, nos spécialités ?
C’est un fait digne d'attention que . nous avons de l'aptitude pour une foule de productions, dès qu'il y a matière première et science suflisante.
Ce qui nous fait le moins défaut, comme matière première, c'est le bois.
Eh bien, nos Canadiens travaillent ce bois comme les Italiens travaillent le marbre. Le Canadien-francais est véri-
tablement le roi de la hache, du rabeau
et du ciseau ; aussi ses menuisiers et ses sculpteurs sont-ils très appréciés et très recherchés. Vous avez sans doute eu l’occasion d'admirer, vous-même, ami lecteur, les ouvrages remarquables de MM. Bourgeault, Many, Hébert et Durand.
Nos compatriotes ont encore un talent remarquable pour tout ce qui se rapporte à la mécanique, et c’est précisément ce qui leur donne les premières places. dans les manufactures américalnes,
Nous avons donc à nous féliciter et à remercier la divine Providence tant au point de vue de la race qu’à celui de la nature.
ARTICLE SIXIÈME N'exagérons pas l'influence de la race
Quelle que soit l’influence de la race sur la productivité du travail, le travail
peut toujours, à son heure, s'élever andessus de la race comme 1! s'élève audessus de la nature.
De même qu’en forgeant on devient forgeron, ainsi en s'appliquant, l’on acquiert assez facilement telle qualité,telle facilité même à faire ceci ou cela. C’est ainsi que le travail peut nous donner au besoin une seconde nature et par suite un grand nombre de qualités et d’aptitudes étrangères à la race.
Quels que soient même les défauts d’une race, ces défants peuvent avec le temps disparaître. Payons bien l'Italien, il dépouillera sa paresse ; instruisons l'Australien, il deviendra plus prévoyant.