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CHAPITRE QUATRIÈME CONCLUSION

Il est donc bien vrai de dire après tout cela que l’organisation du travail demande la plus sérieuse attention de ia part de ceux qui s'intéressent au bienêtre de leurs concitoyens, à l'avenir de leur pays et au salut de leurs frères.

11 suffit en effet d’une organisation vicieuse pour que l’on se trouve en présence de générations affaiblies, rachitiques, incapables ; en face de générations qui consomment, -mais qui ne produisent pas.

Qu'on ne dise point que ces questions sont peu pratiques.

Nous sommes menacés d’un mal pire que la peste peut-être : l’annexion.

L’annexion sera pour nous l'ère des

manufactures, mais elle sera du même coup l’ère de la dégénérescence, à moins qu'on ne prenne des précautions infinies (1).

( L ) « La misère n’existe réellement que là où fleurit l’industrie, non pas que le travail de l’homme soit maudit dans cette forme plus que dans une autre ; mais parce que l’ouvrier est placé dans des conditions qui lui font oublier Dieu et qu’il ne revient pas à lui par la prière ; parce qu’il n’est plus en présence des grands aspects de la nature ; parce que son œuvre lui est exclusivement propre et n’est pas, comme dans les travaux des champs, faite en association avec le Créateur ; parce qu’enfin le prix de son labeur n’est pas la moisson, les vendanges, tous les admirables fruits de la terre, mais l’argent qui ne représente pour lui qu’un moyen d'échange ou 14 satisfaction des besoins matériels. Il semble qu’il manque à la gloire du christianisme d’avoir spiritualisé et ennobli l’industrie moderne, comme il a vivifié et relevé le travail dans tous les temps. Serait-ce que l’industrie, telle qu’elle est aujourd’hui constituée, produit d’une concurrence jalouse, des prétentions égoïstes des uns, des exigences injustes des autres, de la cupidité de tous, est radicalement perverse et rebelle à tout amende-

Un homme averti en vaut deux.

L'étude de ces questions est propre par conséquent à nous rendre l’annexion plus ou moins antipathique, est-ce un mal ? et à nous tourner davantage vers la culture et la colonisation, n'est-ce pas un bien ?

Sans doute que nous sommes capables d'un plus grand développement industriel, Dieu nous garde d’être en mésalliance avec le progrès ! mais ce développement doit être en rapport avec notre population, à moins qu'on aspire au sort de la goutte d’eau qui tombe dans l’océan.

C’est l’agriculture et la colonisation qui fonderont l'avenir du Canada. Ce sont elles qui nous conserveront nos

ment 1 Je ne sais ; mais à voir l'immensité du mal, on s’en effraye et l’on est tenté de le croire sans remède,

M. Lx Prévosr,

Fondateur de la Cougrégation des Frères de Saint-Vincent de Paul,

forces physiques et morales, et qui feront de nous une génération saine, puissante, débordante.

La santé qui découle directement de la culture, se joignant à ce qu’il y a de valeureux dans notre race et de providentiel dans notre nature, soumettra notre travail aux plus heureuses influences, le rendra de plus en plus productif, et fera de nons un peuple qui joignant le bien-être matériel au bien-être moral, pourra servir d'exemple aux autres pps et démontrer, une fois de plus, qu'un pays ane peut être un pays prospère !

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