‹ La nature, la race, la santé [microforme]Chapitre 34 sur 38 · JULES PAGNY · texte numérisé non relu

JULES PAGNY

( Bulletin de la société de moralité publique, février 1890. )

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Nous sommes donc résolu plus que jamais à ne point négliger ce point de vue dans nos publications mensuelles l'Etudiant et le Couvent ( 1 ).

Quant à le question de l’organisation du travail dont il a été parlé longuement, page 56 et suivantes, elle a fait récemment un pas sinon dans la pratique, du moins dans la théorie.

Alarmé des progrès du socialisme en Allemagne, Guillaume IT a voulu convier les peuples à une conférence qui s'occuperait spécialement des questions ouvrières, Léon XIII, consulté par le jeune empereur, s’est montré très favorable au projet.

(1) L’Ætudiant s'adresse à la classe studieuse ; le Couvent est de:tiné aux jeunes filles. —La jeunesse studieuse et les personnes qui s’occupent d'instruction ou d’éducation peuvent s’abonner à l’Ætudiunt, moyennant 50 centins par an.

Le prix d'abonnement au Couvent n’est que de 25 centins par an.

S’adresser à l’auteur de cette brochure, Joliette.

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Le Pape, dans sa réponse à l’empereur parle de l’à-propos d’une intervention sage de l'autorité civile pour la solution des questions sociales, mais il tnsiste particulièrement sur la nécessité d’un retour aux principes religieux, mis en oubli par les Etats, les patrons et les ouvriers, oubli qu à fait la révolution et avec elle le bouleversement de la société.

M. Richard Fleischer, directeur de la Deutshe Revue, ayant consulté le cardinal Manning sur le projet de l’empereur, en a recu la réponse suivante :

Monsieur,

Vous me demandez ce que je pense de l’invitation de l’empereur d'Allemagne aux puissances européennes de se réunir en conférence pour s'occuper de la question du travail et de la situation des millions d’habitants qui, dans chaque pays, vivent au moyen des gages que leur procure le travail.

Je pense que cet acte impérial est le plus sage et le plus digne qui ait été conçu par aucun sou-

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verain de notre époque. La condition du peuple gagnant des gages dans tous Îles pays européens est un danger sérieux pour chaque état européen.

Les heures de travail, l'emploi des femmes et des enfants, la modicité des gages, l’incertitude de l’emploi, la rude concurrence encouragée par l’économie politique moderne et la destruction de la vie domestique qui résulte de ces causes et de bien d’autres, ant rendu impossible aux hommes de vivre de la vie humaine.

Comment un homme qui travaille quinze à seize heures par jour peut-il mener la vie d’un père à l'égard de Ses enfants 7? Comment une femme qui est absente de la maison pendant tout le jour peut-elle remplir les devoirs d’une mère ? La vie domestique est impossible ; mais c’est sur la vie domestique d’un peuple que repose tout l’ordre de la société humaine. Si l’on ruine ses fondations; que deviendra l'édifice ?

L'empereur Guillaume s’est par conséquent montré un véritable homme d’Etat, et un homme d'Etat clairvoyant.

Croyez moi toujours, votre respectueux servi-

teur.

HENRY E., CARDINAL MaANKNiwG,

Archevêque de Westminster.

La conférence de Berlin a terminé ses travau;, à la fin de mars dernier.

Des commissions avaient été nommées pour faire les études préliminaires : la commission du travail des enfants et des femmes ; la commission des mines ; la commission du repos du dimanche.

On s'attendait avec raison à ce que les résolutions adoptées par les commissions seraient en grande partie confirmées par la conférence.

Quelles ont été ces résolutions ? C’est ce qui nous intéresse surtout.

La commission-du repos du dimanche a adopté les résolutions suivantes : IL est désirable ( c’est nécessaire qu’il fallait dire ) qu'il y ait un jour de repos pour louvrier, et que ce Jour soit fixé au dimanche.

La commission du travail des enfants et des femmes s’en est tenue aux conclusions suivantes :

Quant aux enfants : qu’ils n’entrent pas en général avant 12 ans dans les manufactures ; qu'ils aient préalable-

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ment reçu une éducation primaire ; que leur travail ne dépasse pas 10 heures par jour avec une demi-heure de repos ; qu’ils ne soient point employés à des occupations insalubres ou dangereuses ; qu'ils ne travaillent pas la nuit avant l’âge de 14 ans.

Quant aux filles et aux femmes : Que leur travail ne dépasse pas onze heures par jour avec un repos d’une heure et demie ; qu’elles ne soient point occupées à des travaux insalubles ou dangereux.

La proposition de M. Jules Simcn, demandant l'interdiction du travail de nuit pour les femmes âgées de imoins.de 21 ans, a été adoptée par la conférence, bien qu’à une faible majorité.

Les résolutions de la commission des mines se bornent à des mesures d'intérêt général : sécurité de l’ouvrier et salubrité des travaux par tous les moyens dont dispose la science et sous la surveillance de l'Etat ; rapports plus directs

entre les ouvriers mineurs et les ingénieurs ; société de secours mutuels ; recours à l'arbitrage pour les difficultés entre patrons et ouvriers.

Il n’y à dans tout cela qu’un commencement de solution ; mais commencer à édifier c’est beaucoup, dans un siècle qui s'applique surtout à détruire.

Avant de terminer, un mot d’un livre qui fait grand bruit chez nos voisins des Etats-Unis et dont on a vendu 240,000 exemplaires, en deux mois. Il s’agit d’un roman socialiste qui est dédié à Henry George (1) et qui a pour auteur M. Bellany et pour titre : Looking Backward. Le héros de ce roman est un homme qui est endormi dans un appartement souterrain par un professeur

d’hypnotisme, en 1787. Le professeur,

(1) Célèbre socialiste de San-Francisco.

ayant dû partir pour un lointain voyage, oublie son patient qui ne se réveille qu’après 113 ans, en l’an 2000. M. Bellany décrit alors le monde tel qu’il sera à cette époque. C’est son idéal :

“ Il n'y a plus (en l’an 2000 ) de propriété individuelle.

De 21 à 45 ans, tout le monde passe par l'atelier. A l’âge de 45 ans, on passe à la retraite et l’on vit aux frais des plus jeunes.

Tout travailleur est payé en tickets (la monnaie n’étant plus de mode.)

L’officier ne recoit pas plus que le soldat.

Ceux qui sont à la retraite nomment seuls aux emplois.” &e., &c.

Ce livre du reste, dit la critique, ne dépasse guère la moyenne au point de vue littéraire.

Ce succès de librairie pour de sottes rêveries, n’annonce-t-il pas, comme le remarque un M. de Laveleye, que “ les

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classes vouées au travail aspirent à un ordre social différent ” ?

Quoiqu'il en soit des théories de celuiei ou de celui-là, c’est par une économie politique chrétienne c’est-à-dire par un Evangile déguisé et de déduction, que l'on arrivera à guérir le monde du travail.

Puisse cette modeste brochure coopérer utilement à la diffusion des saines idées, et mettre au cœur de quelques compatriotes le désir de se livrer à des études sérieuses d'économie politique.

Pour conclure par où il devait commencer, l’auteur dédie ces pages à ses

chers élèves, étudiants en économie politique, au Collège Jol:ette.

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Philesophes

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