LES VIEUX PAUVRES
Les vieux pauvres par les chemins Regardent l'eau, l'herbe et la branche, Et leur bonne misère franche Vague sans peur des lendemains.
Corps tannés — teints de parchemins, Secs et ligneux comme une planche.
Les vieux pauvres par les chemins Ret;ardent l'eau, l'herbe et la branche,
LUS VIEUX l'AUVllES. :{29
A l'heure où le soleil épanche Ses plus sanguinolents carmins, Solennels — tenant à deux mains Le bissac où leur dos s'emmanche — Avec leur longue barbe blanche, Ils font l'effet par les chemins De patriarches surhumains Dont l'œil clair se lève et se penche.