‹ La nature; poésiesChapitre 98 sur 98 · LA PRIERE · texte numérisé non relu

LA PRIERE

Plus que le genou qui fléchit Sur les daUes froidos d'un lemple, L'u'il est pieux lorsqu'il contemple l'^l qu'on lui tout se réfléchit.

On est vraiment religieux Si. devant l'Aube qui se lève, On n des larmes plein son rôve Kl du sourire plrin ses yeux.

. LA l'UIElit;. 343

La périssable créature Qui s'étneiiL d'un soleil couchant Bénit d'un hommage touchant L'Eternité de la Nature.

Par refFarement de Tabime Et le vertige du sommet \vec le grand Sphinx on se met En communion pi'esqne intime :

Le cœur tend et monte vers lui S'il a de certaine manière Le frisson blanc de la lumière Et le frisson noir de la nuit.

On dit sa gloire et sa louange En admirant ce qu'un rayon, Ine rainette, un papillon Peuvent faire d'un tas de fanae.

On lai inoiilre qu'on le vénère En regardant pousser le grain, Comme on lui prouve qu'on le craint En tremblant au bruit du Tonnerre.

Votre silence le célèbre Quand, bois figés, dormantes eaux, Vous ont pénétré jusqu'aux os De leur grande stupeur funMire.

Tel soir de pluie, un solitaire Rend Tespace plus solennel En y voyant dans l'arc en ciel L'Arc d" Iriompliedu Arystère.

Ecoulant le Vent il Tinvoquc.

Il l'adore en humant la mer.

Et par son ivresse de l'air Qui rit, s'exclame et soliloque.

1,A rUlKHE. 34:

Quel sacrifice, quelle fêle L'exalte plus sincèrement Que l'âme qui vit le tourment Des arbres pendant la tempête !

Jouir, SoufTrir, Penser les choses Tour à tour joyeuses, moroses, C'est implorer l'Être inconnu :

Et surtout grande est la prière Sans autres témoins que l'air nu.

Le ciel et l'eau, l'arbre et la pierre.

Page 1