LK VENT
Lorsque le vent V6ut s'appeler
képhir ou brise^ La fleurette est pour ce berceur Une toute petite -sœur Qu'il vient c&liner en douceur
Et sans surprise.
Las de siffler et de gémir, Certains jours, il paraît dormir :
A peine alors s'il fait frémir
La moindre tige ; Il s'endort, puis s'éveille un brin, Souffle minuscule et serein Qui lutine au ras du terrain
Et qui voltige.
Même on dirait qu'il a le goût Du silence, qu'il s'y dissout; Un soupir de soupir, c'est tout Ce qu'il profère :
Il flotte mystique, enchanté, Comme une âme de volupté Dans la diaphanéîlé De l'atmosphère.
Il se distrait du calme plat En vagabondant çà et là; Sans que son humeur pour cela
Soit tracassîère, Il bat la feuille qui devient D'un vert neuf ou d'un vert ancien. Car il l'époussète aussi bien
Qu'il l'empoussière.
Mais avec le temps automnal, Les hauteurs, la plaine, le val, Sont pris du frisson végétal
A rimproviste ; On se retourne en maint endroit Sur un coup subit qu'on reçoit ..
LE YENT.
C'est le vent aigre, presque froid Et déjà triste.
Et dès lors, derrière, devant, De côté, toujours s'élevant, Flue et reflue un bruit bouffant;
Avant la pluie.
C'est un claquement sec, un peu Comme le frou-frou d'un bon feu, Quand la flamme jaune au dard bleu
Lèche la suie.
Les feuilles cessant de stagner
Commencent à dodeliner,
On voit très au loin moutonner
Toute leur masse; Un trouble parcourt le gazon, La girouette, le buisson Gesticulent à leur façon.
Et Teau grimace.
Quand la tempête se produit, Le vent hurle.. C'est toujours lui Qui la devance, la conduit
Et la présage; Et son mauvais surgissement Fait sentir plus spectralemcnt - Le livide assombrissement
Du paysage.
Au fond des campagnes, dans l'air, Quel cauchemar et quel enfer Quand, parmi la foudre et l'éclair,
Le vent inflige Sa démence à Pobscurité !
Tout tourne en pleine cécité Dans Teffroyable insanité
De ce' vertige.
L'hôte inquiet d'un vieux manoh* Doit nécessairement savoir