‹ La nature; poésies: poésiesChapitre 7 sur 85 · ÉTUDES DE VIPÈRES · texte numérisé non relu

ÉTUDES DE VIPÈRES

Aux premiers rayons chauds sur les premiers feuillages !

Quand, rebarîolés de leurs verts tatouages,

Les horizons déjà luisent dans la vapeur,

La vipère tressaille au fond de sa torpeur :

Puis, en se ranimant, par degrés, elle acère

Sa queue et son museau, — se gonfle, se desserre»

Comme pour soulever de ses mouvements froids

La pierre qui la tient sî plate sous son poids.

Son désenrouîemônt que la drainte retarde

S'opèi*e enfin» -*- Sa tête avec leriteur se dardie

26 LA.NATURJS.

Par la fissure où filtre un rayon de soleil ; La chaleur du dehors achève son réveil, Et la bête choisit un coin tiède et S'y love Pour cuver son v.enin que le printemps rénove.

Ayant replié sa queue et son chef Klle ébauche ainsi la forme d'un f, En plein marais vide où sèche la bourbe, D'un noir si luisant qu'elle est en relief Sur le charbonneux amas de la tourbe.

Soudain, des deux bouts, elle se décourbe, Sunprend ce mulot> siffle, et, sans grief, .

Le pompe à longs traits encor^ clerechef, , Et ferme sur lui sa gjueulç de fourbe.

Tout enroulée autour d'un chardon qu'elle étrangle^

Ne montrant que le bout de sa tête en triangle,

Elle reste muette et des heures au pied' ' ^

De l'arbre où ses regards montenl pour épier.

Elle a senti là-haut, dans ce treillis vert sombre,

Gomme un sautillement aile' de petite ombre " /

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