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LA NUIT BIENFAISANTE

Pauvres arbres ! je les regarde, Je les visite à petits pas ; Aux branches ne poind toujours pas Leur fleurissement qui retarde.

Pourtant, çà et là, se hasarde Un blanc-jaune, couleur trépas, Sur un gros cerisier tout bas Que Tâge dépouille et lézarde.

Ce matin, j'arrive au jardin; Mon œil ravi se pâme — et je me sens soudain Gomme désenglué d'un visqueux sortilège,

Car, enfin, la sève a produit Aux chants du rossignol si tendres cette nuit De la vapeur de rose et du brouillard de neige !

SUR L'ÉCLUSE. 3îl

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