‹ La nature; poésies: poésiesChapitre 79 sur 85 · LA VIEILLE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE

La lumière s'est inclinée De plus en plus vers son trépas i Par la campagne, pas à pas, Voici la nuit acheminée.

L'humble vieille parcheminée Est assise après son repas Près du feu qui ne chôme pas Devant la plaque charbonnée»

Dans uae posture gênée

Le chien dorl; deux tout Jeunes chais

Font des sauts et des entrechats

Sur leur mère pelotonnée.

Et la vieille émerilloanée,

En voyant brûler ses éclats

De bon bois sec..., chantonne bas

Une complainte surannée.

Or, soudain, les filles, les gars,

Toute l'agreste maisonnée

.\vec le chien, à grands sabbats,

S"en va prendre ailleurs ses ébats.

La genl féline est refournée

Dans le grenier chasser les rats.

La bonne femme embéguinée

Rumine, ayant croisé les bras :

Sous le plancher fumeu:c et gras

De cette salle consternée

Elle pousse de longs hélaa

D'être si seule abandonnée!

Mais, avec la triste journée

De vent de bise et de verglas

Qui meurt au tintement d'un glas, Craque la voix désenfournée Des grillons qui, fantômes plats, Surgissant dans la cheminée Viennent distraire ses yeux las Et sa vieille âme renfrognée.

Le temps a fini d'être brun.

L'atmosphère où le zéphir tremble Kst si subtile qu'il vous semble Y voir monter souffle et parfum.

Au bout des courtes cheminées La fumée accuse gaiement La couleur et le mouvement De ses spirales riibannées;

Partout, ce nuage de l'air

Empanache l'horizon vert;

Mais, que l'ombre vienne à renaître,

De près à peine on l'aperçoit...

Et de loin elle sort d'un toit Ainsi que l'éime sort d'un être.

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