‹ La nature tropicaleChapitre 12 sur 113 · KE · texte numérisé non relu

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(1) L’açvallha ou pippala (Ficus religiosa) joue dans le Bouddhisme un rôle considérable. C'est l'arbre de la sagesse qui n'a nicommen | cement, ni fin, qui a «ses racines en haul, ses branches en bas $ sur ï: lequel ‘tous les mondes reposent ». On le confond à tort avec le Vatæ. ou nyagrodha (Ficus indica) ou Figuier des Banians dont un des noms sanscrits est bahupâdah, c'est-à-dire « qui a beaucoup de pieds »; il renail de ses branches (skandhaya, né du tronc), il se confond comme Et le précédent av ec l'arbre cosmogonique {voir ch. xx11). Quand naquit Cakya-Mouni ;vre ‘siècle avant notre ère), une tige prop Lo ) l'açvaltha poussait au centre de l'univers. 3

L'arbre s'identifie tellement avec le Bouddha que chaque in

au Bouddhisme, on les retrouve dans les Védas (dont la rédaction QE remonte probablement à dix siècles avant notre ère). Rousselet, Pietro della Valle et de nombreux voyageurs ont décrit les arbres très nombreux de l'Inde qui sont partout l'objet d'une profonde vénération des brahmanistes, car, dans l'Inde, le Bouddhisme a élé depuis lonstenpees 5 proscril. e

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LR CHAPITRE IV | :

at LE FEUILLAGE

: Parmi les impressions qu'éprouve le nouveau venu en terre * tropicale, cellequirésultedela réflexion dela lumièresurle feuil- » ‘ lage est une des plus vives : il est ébloui, aveuglé même par l'éclat que présente la végétation. Il en est tout autrement 14 … dans les pays du Nord: une très grande partie de la radiation‘ qui tombe sur les feuilles de nos arbres est absorbée par elles, à

> et c'est grâce, en grande partie, à ce phénomène que lout s'y

… estompeet s'y adoucit. La crudité des contrastes, l'absence de

… dégradation dans les teintes enlèvent aux paysages tropicaux A le “ET que nous sommes habitués à trouver dans nos contrées aux aspects de la nature. La flore est certainement pour

…__ beaucoup dans ces différences, et deux mots peuvent nous 1 “44 servir à synthétiser les aspects de la végétation dans les deux 54

… cas: la réflexion prédomine Far voisins de l'équateur ; À

à la transparence, dans les contrées septentrionales. Ex Plusieurs causes paraissent concourir à donner au feuillage it

des plantes tropicales sa ferme consistance et son éclat sou- ‘4

vent presque métallique. Une des plus importantes est cer- Ne

tainement l'action toute-puissante du soleil qui, en provoquant ‘une transpiration intense, tend à amener la dessiceation … et par cela même la mort des feuilles. Il est donc absolument 24 ri que les végétaux soient protégés contre ce redoutable danger, et la sélection a dû agir de manière à è

éliminer les individus les moins bien armés à ce point de vue.

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; Die ce n'est pas seulement la sélection, c'est-à-dire le hasard, 4

qu'il faut invoquer pour expliquer ce résultat : l'action directe k du soleil tend à créer chez les plantes les caractères qui leur Y'a RS sont nécessaires pour se protéger contre lui. Les expériences é

de M. Dufour ont, en effel, élabli que les épidermes des feuilles de deux individus de la même espèce développés lun à l'ombre, l'autre au soleil (1), ont des conslitulions assez différentes : la membrane est plus épaisse et la culicule plus développée chez les seconds que chez les premiers (2).

Ce n'est d’ailleurs pas uniquement en épaississant la cuirasse qui entoure leurs feuilles que les végétaux se protègent contre la lumière ; ils y parviennent encore en l'obligeant à se réfléchir fortement à la surface de celle enveloppe qu'ils rendent brillante par un vernis de cire. Celle couche cireuse se produit en grande abondance, comme l'a remarqué M. Tschirch, sur presque loules les plantes qui vivent dans les pays ensoleillés (3). Une expérience Lrès simple de M. Haberlandi confirme en outre le rôle que nous attribuons à cet enduit superficiel, car des feuilles dont la couverture de cire à été lavée et enlevée avec le plus grand soin transpirent beaucoup plus que les organes normaux (4).

Mais l’épaississement de la cuirasse protectrice des feuilles el son polissage ne suffisent pas à éloigner tout danger ; cette enveloppe est, en effet, perforée d’une mullitude de petits trous que l’on appelle les stomates par lesquels se font les échanges gazeux avec le monde extérieur. D'ordinaire ils sont localisés à la face inférieure de l'organe, celle qui est, par conséquent, éloignée du soleil. Mais cela ne suffit pas : chez un grand nombre d'espèces, leur orifice est diminué; ou bien il est précédé, pour d'autres, d'une antichambre dans laquelle la vapeur d'eau est obligée de séjourner avant de s'échapper au dehors. Dans certains cas même, la structure de la feuille est tellement changée que, dès l’origine, elle a frappé les premiers observateurs qui ont décrit cette organisation étrange comme

1, Toutes les autres conditions de vie étant identiques.

>) Le même résultat s'observe d'ailleurs pour les plantes aquatiques : submergées, elles sont exposées à une lumière très atténuée el leur cuticule est très faible.

‘3) Plantes des steppes, des déserts ou de la région méditerranéenne ; le même phénomène s'observe pour les espèces de la Nouvelle Hollande (Acacia et Myrtacées).

{4) Les deux caractères précédents (épiderme épais, cuticule cireuse et brillante) instables au début sont devenus héréditaires, ils semainliennent souvent dans les pays froids. Ils servent alors à protéger pendant l'hiver contre la transpiration les plantes qui les présentent.

C'est probablement grâce à ces particularités que des espèces comme

les Houx et les Pins ont pu se maintenir en ces régions malgré la persistance de leurs feuilles.

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