‹ La nature tropicaleChapitre 13 sur 113 · LE FEUILLAGE A · texte numérisé non relu

LE FEUILLAGE A

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une de ces anomalies inexplicables dont le monde vivant nous donne tant d'exemples. Quand on examine la face inférieure de ces feuilles, on ne voit pas de stomates, mais des orifices bordés de poils ; ils correspondent à des chambres stomatifères à l'intérieur desquelles se trouvent tous les ostioles stoma-

EN MP Da

Me # tiques (1). Les conceptacles précédents formés par une dé- 3 pression de l'épiderne (fig. 18, p.41) étant remplis de poils, . les mouvements de l'air s'y font très lentement et la transpi- \ ration s'y trouve extraordinairement ralentie. On saisit, d'après , cela, quel est le rôle de ces cryptes, et l'anomalie de structure, 3 loin d'être inexplicable, nous permet d'entrevoir, au contraire, ee les causes de l'évolution des végétaux chez lesquels on 4 observe cette particularité. :

Mais si les plantes équatoriales ont à se protéger contreladese siccalion pendant les heures sèches du début de la journée, < quand survient l'averse qui se produit tous les jours vers deux ci heures, les choses changent et les : feuilles se trouvent brusquement | dans des conditions de vie très différentes. L'eau est tombée S en grande quantité, le sol et l'air

sont presque saturés, l'état hy-

grométrique arrive à 90 où 9°.

Dans une atmosphère aussi char-

gée de vapeur, la transpiration

devient difficile, sinon impos- Le

: : - Fic. 18. — Cryple stomatifère €

sible ; cependant l'eau continue entente das elle

à affluer des racines, la plante Se RS MEN SE En se trouve alors gonflée de liquide. | u Elle a bien des réservoirs où elle peut accumuler cette eau,

ce sont les trachéides et le tissu aquifère ; mais ces récep- | lacles ne Lardent pas à être insuffisants, et il faut évidemment F. que les végétaux se débarrassent de l'excès de liquide qu'ils ont absorbé. Ils possèdent heureusement pour cela des petits appareils curieux qui ont été décrits par M. Haberlandt sous le nom d’hydathodes. Ce sont des cellules épidermiques

(1) Une pareille structure a été signalée pour la première fois dans le Laurier-rose, espèce méditerranéenne, poussant dans les lieux . ensoleillés ; on l’observe également dans les Banksia etles Dasylirion,

Protéacées australes.

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h> ORIGINE DE LA FORÈT

(fig. 19) perforées d'un pelit conduit, elles s'ouvrent ainsi à l'extérieur el Fexcédent de liquide se déverse au dehors ; aussi voil-on perler partout à la surface des feuilles qui présentent celle organisation des goutlelelles d'eau qui élüncellent comme des diamants. Il s'agit là d'organes qui ne fonclionnent pas passivement comme on pourrait le supposer: si on tue, en effet, cescellules avec un poison, elles cessent d'excréter. Vient-on à badigeonner toute la surface foliaire avec Ja substance nuisible, les perles liquides disparaissent complètement ; si la moitié est laissée intacte, les gouttes d'eau s’y montrent seulement là, elelles n'en sont que plus grosses. On voit, en somme, comment lout se lient et s'explique dans l'organisation dela feuille aussi bien que dansla structure de la tige. On pourrait être tenté d'en conclure qu'aucune particularité anatomique ne se produit sans raison ; cependant il ne semble pas toujours aussi facile de déméler le pourquoi des phénomènes, etbeaucoup d'excellents esprits sont disposés à croire qu'il faut renoncer à chercher le comment des choses. C'est là, pensons-nous, une fâcheuse tendance, et, si nous nous imspirons de l'exemple des sciences expérimentales, nous procéderons autrement dans les sciences naturelles, car les hypothèses même provisoires sont un appui

——— indispensable pour le savant ee] A AR NZ ; : ; 4 : "2 . À em nt) | Parmi les questions dont la solution ne ER SET | & : < | Ÿ | semble pas facile à donner, nous pou- A: 4. Nons signaler en particulier celle qui a ee trait aux causes de la forme des feuilles Fié. 19. — Hydatode, des plantes tropicales. M. Stahl atessayé (d'après M. Haber- z: À Fe landt). d'imaginer une théorie pour en rendre

compte ; il ne semble pas que ses ingénieuses explications puissent être actuellement acceptées ; nous croyons cependant devoir en dire un mot, car tout ce qui peut faire penser mérite d'être pris en considération. Ce savant a remarqué que, le plus souvent, les feuilles dans les forèts équatoriales (à Java en particulier) sont entières et pourvues d'une pointe effilée qui fonctionne comme une gouttière et permet l'évacuation rapide de l'eau qui tombe en grande quantité sur la surface. Ce serait, selon lui, en vue de décharger la feuille et d'empêcher l’eau d'y demeurer en place que l'appendice terminal précédent aurait élé perfectionné par Ja

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