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CHAPITRE :XI

LES: VRIELES

La différenciation au point de vue de la fixation de deux sortes de rameaux, que nous venons de signaler chez les espèces volubiles, se retrouve dans les plantes à vrilles, ou du moins dans celles qui ont des vrilles caulinaires. Dans une autre catégorie de végélaux, ceux qui possèdent des vrilles fohaires, la division précédente du travail ne se produit pas parce qu'elle n’est pas nécessaire, car c’est l'antique différencation des plantes supérieures, celle qui permet de distinguer les Phanérogames, Cryplogames vasculaires et Muscinées des Thallophytes qui est utilisée: ce sont les feuilles transformées en organe de préhension qui remplacent les rameaux fixateurs courts des individus du premier type. |

L'étude des lianes qui se rattachent à ces deux groupes nous permet de mettre en évidence une propriété de la matière vivante qui ne paraît jouer aucun rôle dans les autres plantes grimpantes, nous voulons parler de Firritabihté qui se manifeste lorsque les délicats organes de fixation viennent au contact d'un corps étranger. Dès qu'un objet touche une vrille, la pointe s'infléchit autour du support pour le retenir comme ferait un doigt en se courbant. L'excitabilité se produit dans certains cas au bout de très peu de temps, par exemple en cinq secondes dans le Cyclanthera pedata, Cucurbitacée très sensible qui a été étudiée par M. O. Müller.

Si le morceau de bois que rencontre la vrille est trop gros, l'enlacement ne peut se produire : le diamètre de l'objet saisi ne doit pas dépasser 7 centimètres. Quand un support a été entouré, si l’on vient à l'éloigner brusquement, la vrille rede-

vient progressivement droite elson redressement s'opère quelquefois en quinze à vingt secondes.

L'excilabilité varie avec l'âge de la vrille ; les organes jeunes ne sont pas encore excilables, âgés ils ne le sont plus : ceci est avantageux, car au début les vrilles ne seraient pas assez solides. L'excilabilité est, en outre, plus grande près du sommet el elle diminue vers la base.

SI nous comparons maintenant les diverses régions d'un même végétal, nous voyons que les parties jeunes sont beaucoup plus sensibles que les régions âgées. Comme nous l'avons déjà dit, les échantillons grêles d'une espèce déter minée présentent des vrilles plus délicates et plus sensibles que celles des individus trapus.

M. Pfeffer a montré par des recherches très ingénieuses que l'action d'une force qui s'exerce uniformément ne provoque pas lirritabilité des vrilles : un courant d’eau ou le frottement dû à un bâton de gélatine assez humide pour ne pas se coller après l'organe ne suscitent pas l'enroulement. Si la gélatine est au contraire sèche, l'excitabilité se manifeste immédiatement. Elle peut d’ailleurs se produire sous l’action de forces extrêmement faibles, comme celles qui résultent du mouvement d'un fragment de coton de 0:",00025 qui se trouve légèrement déplacé par un courant d'air."

Les vrilles sont également susceptibles de réagir à l'action de la chaleur ; M. Correns l'a prouvé en plaçantune Passiflore ou un Sicyos (Cucurbitacée) dans un thermostat constitué par une caisse de zinc (dont la double paroiï pouvait être remplie d’eau chaude) surmontée d'une cloche de verre dont le bouchon est traversé par un régulateur de métal qui est en relation avec un brûleur échauffant la caisse métallique. Si l'élévation de température est brusque, l'enroulementdela vrille se produit (1) ; si un abaissement du thermomètre a lieu ensuite, le redressement s'opère. La sensibilité au contact et la sensibilité à la chaleur sont d'ailleurs deux éléments différents : le Cobaea scandens, très sensible au toucher, l’est très peu à la chaleur.

Bien que l'irritabilité protoplasmique paraisse seule susceptible d'expliquer ces divers phénomènes, cependant des actions

(1) Si l'élévation est lente, il y a accommodation.

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