‹ La nature tropicaleChapitre 7 sur 113 · MOTTE UE · texte numérisé non relu

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Le mois le plus riche en pluie est celui de janvier, il tombe en moyenne 4735 millimètres d'eau; le plus pauvre est août, pendant lequel on peut encore en récolter 257 millimètres. L'ensemble des précipitations atmosphériques pour une année estde 4,70. Buitenzorg est donc un des points du globe où il pleut le plus et qui doit présenter, par cela même, des conditions tout à fait exceptionnelles pour la croissance rapide de la végétation.

La production d'un orage journalier ne modifie pas seulement la température au milieu de la journée, elle change aussi complètement l'état hygrométrique de l'air. C’est entre midi et une heure que l'air est le moins chargé de vapeur d'eau et néanmoins l'hygromètre marque alors 70 à 80 degrés ; vers trois ou quatre heures du soir, on peut noter à cet instrument 90 à 95 degrés ; et un état hygrométrique voisin de la saturation se maintient toute la nuitjusqu'àseptheures du matin.

En dehors de ces variations journalières de l'hygromètre qui caractérisent déjà d'une manière si remarquable le climat de Buitenzorg, nous avons à mentionner les variations annuelles qui sont également très importantes. Du mois de novembre au mois d'avril, le vent est presque constamment nord-ouest et les pluies sonttrès abondantes. On peut se proposer de chercher quelles sont les causes de cette division de l'année en deux périodes, l'une de sécheresse, l’autre d'humidité.

Imaginons que la terre soit un sphéroïde entièrement couvert d'eau, un principe général très simple réglera alors le déplacement des masses gazeuses de l'atmosphère : l'échauffement étant très grand à l'équateur, il s'y produira une ascension de l'air qui déterminera dans les deux hémisphères des vents allant du nord au sud (hémisph. boréal) ou du sud au nord (hémisph. austral) ; mais, à cause de la rotation de la terre, ces courants d'air seront un peu déviés, de sorte que les courants aériens se produiront dans l'hémisphère boréal

dans la direction nord-ouest, et dans l'hémisphère austral dans la direction sud-est. Tel est bien, à peu près, le résullat qui se produit, entre les tropiques, à cause de la prépondérance des mers dans les régions équatoriales. Les vents alizés ÿsoufflent d'une manière trèsrégulière entre les parallèles de 30 degrés (/ig. 5, a el a'), tandis que sous l'équateur même le phénomène des calmes est extrêmement fréquent (/ig. 5, c). Ces vents alizés ayant passé sur une grande étendue de mer sont

chargés de vapeur d'eau ; s'ils viennent à rencontrer de hautes montagnes, celle vapeur d'eau se résout en pluie. Ces vents doivent s'observer surtout à une certaine distance de l’équaleur, car, au voisinage de celle ligne, les deux courants d'air élant opposés se neutralisent mutuellement. D'après cela, si les vents alizés existaient seuls toute l'année, l'humidité serait très faible sous la latitude zéro : or, la période pendant laquelle ils agissent à Java dure d'avril à septembre, c'est la saison sèche. Malgré cela, comme nous l'avons vu plus haut, il lombe une quantité noable d'eau dans celte période, parce que la colonie holandaise est un peu au

sud de l'équateur.

Cherchons à expliquer l'origine de la saison des pluies intenses. La terre n'est pas, ainsi que nous l'avons supposé plus haut, un sphéroïde couvertd'eau, el les continents contribuent beaucoup à modifier la direction générale des vents. Pendant l'été les régions continentales s’é-

F1G. 6.— a,a!, régions où dominent les

vents alizés. — c,région des calmes

équatoriaux. — m, moussons. — € chauffent beaucoup plus centre de dépression barométrique «'IOREe e D EVE

de 748 où se manifeste en étéun isa que les par ues liquides et, des vents de la mer. — h,centre de par contre, se refroidisdépression de 778 en hiver, émission E É

des vents vers la mer. sent davantage pendant

l'hiver. Il en résulte que l'air est sensiblement plus chaud pendant l'été au-dessus des terres de l'hémisphère nord, c'est-à-dire de l'Asie, qu'audessus de l'Océan, sur l'équateur, en Océanie. I doit done se produire, pendant la saison estivale de l'hémisphère nord, un vent allant de l'équateur vers les continents très fortement chauffés : il existe, en effet, un centre de dépressions barométriques en e (/ig. 6). Pendant la saison hivernale de ces mêmes régions boréales, les vents se dirigeront des terres asiatiques plus froides vers les mers océaniennes quiseront plus chaudes, ily aura en hun centre de hautes pressions (/ig.6!.

De

Appliquons ces données générales à Java. On sait que lorsque, à partir de novembre, le froid s'installe en Europe et en Asie, l'été existe en Australie. A partir de cette époque, les déserts australiens s'échauffent énormément ; ilrègne done des vents qui, ayant passé sur l'océan Indien, arrivent à Java chargés d'eau ; comme ils rencontrent les montagnes de cette île, une condensation de vapeur d'eau s'opère, et des pluies abondantes se produisent journellement jusqu'en avril. C’est la saison des pluies, la mousson humide.

À partir dece moment, le printemps commence à s'épanouir en Europe et en Asie, l'Australie se refroidit au contraire et un courant aérien, en sens inverse, tend à se produire, mais il rencontre les vents alizés de l'hémisphère nord, aussi les neutralise-t-il. Seuls les alizés de l'hémisphère sud peuvent manifester leur action, et c'est grâce à eux que la saison sèche pourra encore présenter des pluies relativement si abondantes dans l'archipel de la Sonde.

Examinons maintenant, comme second exemple, le climat de Lagoa-Santa, pelit district de l'État brésilien de Minas- Geraïs que M. Warming a pu étudier récemment d’une manière très atlentive pendant un séjour de trois années qu'il a fait dans ce pays.

La température moyenne est de 20°,5 variant de 16 degrés en juin à 24°,7 en janvier.

La saison sèche commence en avril et dure jusqu'en septembre, la période des pluies s'étend d'octobre à mars. Les plus fortes pluies tombent de novembre à janvier ; 1l y a souvent de neuf à vingt journées pluvieuses dans un mois.

Ce sont les mêmes causes que tout à l'heure qui amènent les deux saisons si tranchées que nous venons de mentionner. Pendant l'hiver boréal, c'est-à-dire à partir de novembre, la partie méridionale de l'Amérique du Sud, le centre du Brésil, la république Argentine, sont fortement échauffés, l'Amérique du Nord est au contraire très froide ; il en résulte encore un vent nord-ouest qui arrive chargé de vapeur d'eau par son passage au-dessus de la mer des Antilles et de l'océan Pacifique, il dépose son humidité sur tout le Vénézuéla, les Guyanes et le Brésil, A partir du printemps et pendant l'été boréal, ce sont, au contraire, les plateaux du Mexique et la région des

prairies aux Etats-Unis qui s'échauffent ; un vent sud-ouest

lend à se produire qui neutralise encore les vents alizés de l'hémisphère boréal, mais qui, s'ajoutant aux vents alizés de l'hémisphère austral, amène des pluies sur la côte est du Brésil

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