‹ La nature tropicaleChapitre 9 sur 113 · FABLE · texte numérisé non relu

FABLE

Er

et de l'Amérique du Sud; aussi la flore tropicale descend-elle

assez bas sur cette région, landis qu'elle manque complè-

tement sur la côte Pa du Mexique, au-dessus de la latitude 20 degrès (fig. 7 ‘

On peut re sur le PR africain des remarques à peu

près semblables comme on s’en assure en consultant la figure 7.

En résumé, on peut donc dire que, dans toute la zone tropi- |

cale, on rencontre une flore magnifique parce que deux éléments essentiels au développement de la végétation, la chaleur et lhumidité, sont fournis largement aux plantes qui s'y trouvent. Ce sont ces deux facteurs qui contribuent à donner à la végétation les caractères que nous allons décrire. Par suite de la prédominance des continents dans l'hémisphère nord et de l'Océan dans l'hémisphère sud, cette flore est plus développée au sud, et cela se voit nettement en Afrique où une région désertique s’avance bien au-dessous des tropiques (/ig. 7). Nous avons cru devoir insister sur ce qui précède pour bien limiter la région que nous allons étudier, nous voyons donc que cette flore, qui prédomine surtout près de la ligne, serait mieux appelée équatoriale que tropicale.

Les anciens avaient saisi, mieux que nous peut-être, le rôle considérable que jouent les deux facteurs chaleur et humidité que nous venons d'indiquer, mais ils traduisaient leurs observations dans un langage qui nous déroute. Ils savaient bien que la terre recèle dans son sein la cause ou les germes des êtres, mais qu'elle a besoin d'être fécondée à la fois par les pluies qui semblent venir du cielet par la chaleur qui vient du soleil. Les vicissitudes des saisons sont donc liées aux mouvements des astres, aussi regardaient-ils le ciel comme la cause active de tous les changements quise manifestent sur la terre. « Le ciel était le père, disait Plutarque, parce qu'il versait la semence dans le sein de la terre par le moyen de ses pluies, la terre, qui, en les recevant, devenait féconde et paraissait être la mère. » « La terre, dit Virgile, s'entr'ouvre au printemps « pour demander au ciel le germe de la fécondité, l’union de leurs deux immenses corps donne la vie et la nourriture à tous les êtres ». Les nuages, selon les hymnes védiques, sont les vaches célestes qui renferment caché dans leur sein le feu divin qui jaillit quand la foudreéclate et que le tonnerre gronde ; ce feu sacré se dissimule dans les pluies, puis dans la sève des plantes ; il reparaît entre les deux morceaux de bois que l’on frotte l’un contre l'autre dans l'opération du sacrifice : il existe dans tous les êtres et l'homme lui même est la suprême étincelle du Divin Agni, car son souffle s'éteint quand le froid envahit ses membres. Dans ces belles conceptions, le soleil était la force souveraine qui créait les êtres et qui par conséquent les pétrissait à sa guise.

Page 1