‹ La Navarre françaiseChapitre 116 sur 131 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

VBRBDA.

Cétait robiigation de transmettre des ordres de village en village. Les exigences des seigneurs ou gouverneurs furent souvent si grandes, que cette peclui figure parmi les tnalasfueros. L'exemption de cette peclui était un privilège recherché et se payait en somme d'argent.

Nous pouvons dire, en finissant, sans être accusé de flatterie envers les anciens rois de Navarre, qu'ils gouvernèrent en général le peuple paternellement; ils le protégèrent contre la tyrannie des petits seigneurs de village et contre les exactions des percepteurs de l'impôt. Nous avons recueilli dans plusieurs chartes ce fait touchant, que le roi releva des contribuables, parce qu'on les avait chargés à l'excès (/w releva por liaher sido cargadat con eseeito).

J'ai terminé ma tâche; elle était longue, laborieuse et dillicile. Mon ardeur ne s'est pas laissé arrêter par de nombreux obstacles; mais ai-je su les surmonter et mettre en lumière les diverses sources d'intérêt que présentait un sujet tout nouveau en France?

En explorant les archives particulières des familles et les archives royales de Pampelune et de Pau, j'ai rencontré une telle abondance de documents inédits que j'ai regretté de ne pouvoir franchir les bornes qui m'étaient imposées et de n'avoir pas la liberté de donner à la partie historique tous les développements dont elle était digne.

Mon histoire du droit chez les Navarrais et les Basques ne pouvait dégénérer en un cours de législation espagnole. Aussi ai-je eu peu recours à l'érudition des foristes modernes. Ce qui m'intéressait le plus, c'est ce qui les a occupés le moins: les textes primitifs abolis ou modifiés, les monuments originaux des temps voisins de la barbarie, les transformations des fors depuis l'ère féodale jusqu'à la rédaction dernière, qui parut sous Louis XIV.

Dans mes recherches, aucun guide français ne m'a aidé : tantôt le hasard m'a procuré des découvertes, tantôt j'ar en besoin de toute l'énergie de mes efforts pour ne pas me laisser décourager par les obstacles qui se dressaient sur ma route.

La langue navarraise des vieux fors et des chartes du moyens âge est difficile pour un étranger; elle offre même aux savants du pays des obscurités qu'ils n'ont [)a» toujours su dissiper.

Dans mon interprétation des textes inédits et dans mes citations d'autorités étrangères, j'ai apporté un examen scrupuleux, une attention minutieuse. J'ai eu le bonheur de relever beaucoup d'erreurs. J'ai la crainte d'en avoir commis peut-être. Aussi ai-je besoin de réclamer d'avance l'indulgence, et j'ai l'espoir que ceux (|ui comprendront toutes les difficultés de mon travail ne me la refuseront pas.

Je n'ai recherché les antiquités nationales que d'un petit recoin du territoire de la France actuelle; mais ce petit recoin représentait naguère un royaume qui a figuré avec honneur dans l'histoire de l'Europe du moyen âge. J'ai regardé comme une œuvre patriotique de relever les vieux souvenirs de gloire des ancêtres de ceux qui n'ont cessé d'êlrc Navarrais (|ue pour être de bon» Français.

Nous avions eu le dësir de faire ici un tableau comparatif de la première page des manuscrits les plus renommés des fors de Navarre. Le savant don Cayetano Rosell nous avait procure la reproduction exacte du prëambule de quatre manuscrits conservés en Espagne. Le premier, du xiv' siècle, a pour titre : Fuerùs del reyno de Navarra. Il est écrit sur parchemin; il appartient à l'Académie royale d'histoire de Madrid. Le second a pour litre : Fuero de Sohrarbe; il est écrit sur parchemin, écriture du XIV* siècle. Le troisième a pour titre : Fueros antiquos de Navarra; il date aussi du xiv* siècle. Le quatrième, du xv* siècle, a pour titre : Fuero de Sobrarbe. Ces trois derniers manuscrits du for appartiennent à la Bibliothèque nationale de Madrid.

Nous avons déjà décrit le manuscrit de M. Barthéty, qui, d'après nous, serait le manuscrit estimé du collège de Foix. Il est dépouillé de sa reliure; il ne porte pas de titre. L'écriture est de la fm du xiv* siècle ou du commencement du xv*. La lettre initiale de aqui est fort ornée, elle est en couleur et or; elle s'étend le long de la rubrique en caractères rouges; la lettre P du mot prologuo est très longue et s'étend jusqu'à la 6n de la page; elle est écrite en encre noire : on y a représenté un roi couronDé et assis recevant \e& fueros qu'une députation lui présente. La comparaison des textes et de l'écriture des manuscrits les plus anciens offrait un véritable intérêt paléographique, et nous fournissait une occasion de faire des observations curieuses. Mais des difficultés d'exécution nous ont obligé de renoncer à notre premier projet, et nous nous bornons h donner le texte exact du prologue et du deuxième chapitre du for de M. Barthéty ; don José Yanguas a omis de citer ce second chapitre dans la reproduction des passages effacés lors de l'impression.

Prëambule des fueros de Navarre (inanu.«crit de M. Barthéty).

Aqui copiença el primer libro de fùo q lue fayllado en Espaynna, asi como ganaui las Iras sine» Hey lus môlaynescs, on

cl nôpue de Jhu Xlo, que es et sera nro salvamiento eupeçamos este libro por a siempre rembëramiento de los fiîos de Sobarbe exalcamiêto de Xriandat.

PROLOGUO.

Prologuo de la penlicion de Espaynna qnô moros la côqrierou sub era de dcc et 1 1 aynnos por la traycion q'el Rey don Rodrigo fijo del Rey Jeizaiio fezo al côle don Julian su sobrino que se iogo con su muger et ovo embiado su sobrino a los moros, et pues por la grant traycion on (a et pesar q ouo el côte don Julian ouo fabla cô moros cïï el miraniomelin rey de Maruescos et cô albozubra et cô alboala et cô otros reyes de Moros, et fezo sayllir a la bataylla al rey don Rodrigo entre Murceia et Lorca en el campo de Sangon et ouoy yrant mortaldatde Xrianos, et perdiôse y el Rey don Rodrigo q a liempos fue fayllado en Portogal en un sepulcro et avia y escriptoq aylli jazie el Rey don Rodrigo.

Eslonz se pdio Espaynna entro a los puertos sino en Galizia las Asturias et daîf alava et Bizcaya et del otra pt baztan la berrueça et daycrrien anso sober laq et encara en Roncal et en Sarasay et en Sobarbe et en Âynsa et en estas môtaynuas se aiçaron muyt pocas génies et dieronse apie fiziendo caualgadas el prisieron se a cauayllo el partian los bienes a los mas esforçados entro a que fueron en estas môtaynnas de Âynsa et de Sobarbe mas de ccc a cavayllo et no avia ninguno (jfizies uno porolro sobre las ganancias et las caualgadas ouo grant inbidia entre eyllos et sobre las caualgadas balaiauâ el ouieron su acuerdo q imbiasen a roma por conseyilar como farian al aposloligo aldebrano q era entonz et olrosi a lombardia q son homs de grât iusticia et a francia et imbiaronlcs a dczir q o>iessen rey por q se caudeyilasen el prinieramet que ouissen lures establimienlos jurados cl escriplos et fizieron como lis côseiarô et escriuierô lures fueros con conseyllo de los lôbardos et de los frâcesses quanto evllos millor podieron como homs q se ganauan las lierras de los moros et depues es-

eleyeron rey al rey Don pelayo q fue de linage de ios godos et guerreiô de las asturias a Ios moros de todas las mootaynas

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