IM
(1) «On TDlt qa*un liallon de 1 mètre de diamètre ne pourrait pas •^enlever s*il était formé d'un taffetas aussi épais que celui qu'on suppose pour les antres. On est dans l'usage de faire ce« petits tMitoiis en baudruche ; ils pèsent enriron 80 grammes, et conservent, ptr conséquent, SftO grammea de foret ascensiooneUe. •
41 Le volume, la surface et le diamètre du ballon ae calculent par les méthodes géométriques ordinaires , dont nous rappelons ici les principes : le rapport k de la circonférence au diamètre est égal à 3,44159 ou à peu prés à -^. La surface de la sphère S = ir D', et son tolume V = !!^ , le diamètre élant représenté par D,
Les autres notions que ce tableau renferme sont basées sur des considérations très-simples.
« Un mètre cube d'air, à une température et à une pression moyennes, pèse environ 1300 grammes. Un pareil vohime d'hydrogène impur et humide ne doit peser que 190 grammes environ-, la différence ou 1200 grammes est donc le poids que peut tenir en équilibre dans l'air ordinaire 1 mètre cube d'hydrogène. Ainsi le volume en mètres cubes du ballon multiplié par 1, 2 sera le nombre de kilogrammes que le ballon pourra soutenir.
ff D'un autre côlé on évalue à 250 grammes ou i de kilogramme le poids de 1 mètre carré du taffetas verni qui est employé dans la construction des ballons. Le nombre ex primant la surfoce enmètrescarrés, divisé par 4, donnera donc le poids du taffetas en kilogrammes.
«EnGn la différence entre le poids que le gaz est capable de supporter et celui de l'enveloppe exprimera la charge qu'il convient d'ajouter au ballon pour les cordages, la nacelle, les appareils, les hommes, le lest, etc.; bien entendu qu'il faudra charger le ballon de 2 ou 3 kilogrammes de moins que ce qu'il peut supporter, afin de conserver une force ascensionnelle suffisante; el comme cette force ascensionnelle est un point très^important, il convient de la mesurer à l'instant du départ au moyen d'une romaine fixée à terre ; car les calculs établis précédemment sont tous approximatifs, et peuvent d'ailleurs être ahérés par l'introduction accidentelle d'un peu d'air dans le ballon, ou par toute autre cause.
R On était dans l'usage, k l'époque où s'introduisit l'emploi des ballons, de conserver une force ascensionnelle beaucoup plus grande , de 50 à 60 kilogrammes et
tnôme plus; mais il est faeile de voir que cet excès est in^itile, quMl peut môme devenir dangereux, et qu'il vaut mieux se conserver la faculté de jeter une grandequantité de lesl que d'être forcé de perdre sans but une portion considérable de gaz.
c Un aéronaute prudent doit monter doucement et descendre de même. Il y parvient aisément en partant avec une force ascensionnelle faible, et dans ce cas, lorsqu'il veut redescendre, il lui suffit d'ouvrirquelques instants la soupape pour déterminer la chute du ballon. Comme cette chute s'effectue avec une vitesse accélérée, le lest dont il s'est pourvu lui devient indispensable pour la modérer. Il en jette successivement quelques parties, et il parvient , au moyen de cette simple précaution, à descendre très-doucement ; il peut même remonter , si le lieu qui se présente offrait quelque danger, pour aller redescendre dans un endroit plus convenable. En général, l'emploi du lest et celui de la soupape senties seuls moyens que l'aéronaute ait à sa disposition; mais ils suffisent quand ils sont bien dirigés, pourvu qu'on ait soin de ne tenter aucune ascension par un temps orageux ou dans un moment où l'atmosphère est agitée par des vents dont la direction peut varier à diverses hauteurs.
« 11 est de la plus grande importance de ne pas remplir tout à fait le ballon au moment du départ. Pour avoir négligé celte remarque très-simple, plusieurs aéronautes se sont exposés à desdangers extrêmes. En effet,à mesure que le ballon s*élève, la pression de l'air qui Tenvironne diminue, etievolumedu gaz qu'il renferme augmente. II faut donc perdre ce gaz, ou s'exposer k voir Tenveloppe se déchirer sous l'effort produit par cette dilatation. Mieux vaut, sacs aucun doute, ne remplir le ballon qu'à moitié, ou au plus aux deux tiers, tout en lui donnant la force ascensionnelle nécessaire au but qu'on se propose. A mesure qu'il s'élève, son enveloppe s'enfle doucement, et le rapport des densitésde l'hydrogène et de Fair restant toujours le même sous les mêmes pressions, il en résulte
que mu n'ci^t obaagé dan» les conditions d'étiuilibre d« \9, m&ohiDe, et que rien ne change en général par celle caus0 , quelles que soient les modiûcations de hauteur ou de charge auxquelles Taéronaule soumette son appareil. o II résulte de tout ce qui précède qu'un aéronaute doit avoir des idées justes depbysique, s'il ne veut pas s'exposer h d'eflroyables chances. Des physiciens trôshabiles, MM. Charles, Biot, Gay-Lussao, ont entrepria des voyages aériens ; ils les ont elTectués sans danger ni trouble , quoique préoccupés de recherches scienliOques délicates et sérieuses; tandis que beaucoup de personnes qui n'avaient h s'occuper que de leur sûreté sont devenues victimes de leur ignorance ou de leur imprudence. 9
11. — Procédé généralement employé pour couper les fuseaux d*un ballon (!)«
«c 4* (Soit décrit le demi-cercle ABC du diamètre du iMillon proposé.
« î* Élever du centre D une perpendicalaire D B.
« 8* Diviser chacun des arcs A B et B G en six parties é((ales, et par ces points dedirision tirer des parallèles au diamètre.
« 4* Construire une figure auxiliaire H N, dont la longueur soit égale au développement des six parties eomprises dans l'arc CB.
« 5* A chacune des six divisions de cette même figure M tracer des parallèles 1, 2, 3, 4, 5, 6, sur lesquelles les dimensions du fuseau sont rapportées de la manière suivante.
« 6* Onpartage Tare A i en deux parties égales, et du |)oint du partage on tire le rayon 1 1) ; ensuite du point D comme centre, et avec des rayons successivement égaux à DL, DK, DI, DH, DG, on décrit les arcs de réductions, 4, 3, 2, 4.
(1) C« paragraphe ett «tirait, ainsi que lea tuiviatt, do JftfniMI ae M. Dupuia-Delooiart.
ÀPPSNDICS.
« 7* On prendra la mesure de ohacun de ces arcs de réduction, qu'on apportera par onlre sur la figure M N; e'esl-à'dire que Tare 5 sera porté sur la parallèle 5 pour avoir les deux points du fuseau sur cette parallèle; Tare 4 sera porté sur la parallèle 4, et ainsi de suite ^ ce
qui détermine les six points de chaque côté dé \à ligne Pf qui servent à tracer le fuseau, ou du moins le demi*-
fuseau, car la périphérie du fuseau entier est réellement indiquée par 24 points.
« On pourra prendre un patron en papier ou en carton sur cette dimension» et il servira de modèle pour cout^er Tétoffe destinée à la confection du ballon.
c Pour former Tappendice du globe , et donner en même temps plus de grâce au ballon, on a Thabitudede le terminer en potre ou en cône élégamment écbancré. Ici le caprice ou le goût du constructeur peut seul servir de régie. On obtient reflet désiré en laissant au bas da fuseau, au lieu de le terminer en poinle , une largeur qui varie en raison du nombre même des fuseaux. »
III. — Description générale d'un voyage aérien. — Instruments utiles à l'aéronaute dans le cours d'une ascension,
« Depuis Tinslant où Ton quitte la terre jusqu'à celui où Von parvient à la hauteur h laquelle il est permis à rhomme de pénétrer dans l'atmosphère, on passe par une succession de sensations nouvelles; le moment le plus agréable e^t sans contredit celui où Ton se sépare de la terre. Pendant les premiers moments de l'ascension, et jusqu'à 1,000 mètres environ, une jouissance délicate accompagne le voyageur aérien. Rien ne saurait mieux donner l'idée de ce qu'on éprouve alors , que ces rêves si agréables pendant lesquels on se sent voltiger çk et là comme des zéphyrs : ici la réalité remplace Pillusion. L'admiration qu'inspire bientôt le spectacle de la nature se joint à ce premier sentiment. A mesure que l'horizon se développe, les rivières présentent à la fois toutes leurs sinuosités, les villes et les habitations de toute espèce s'olTrenten foule ; on compte les routes et les sentiers qui les lient entre elles; et cette moindre partie du spectacle n'est pas sans un grand intérêt. Les différentes productions de la terre se font reniarquer d'une manière distincte par la variété de leurs teintes et la diversité de leurs nuances. Un champ de blé se dislingue parfai-
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tentent d'un champ de luzerne, une forêt d'un vignoble. « Au-dessus de 500 mètres, les proportions de chaque objet diminuent d'une manière très-sensible. Les hommes ressemblent déjà à des insectes; l'atmosphère est considérablement refroidie; alors, si l'on est plusieurs dans la nacelle, le silence, causé jusque-là par l'admiration des premiers moments, C4>mroence à cesser. On s'interroge, on se fait part de ses remarques et des nouvelles sensations qu'on éprouve. Bientôt la force d'ascension du ballon fait parvenir à 1,000 à 1,200 mètres; avec un froid plus vif on éprouve des bourdonnements dans les oreille. A 2,000 mètres, on est obligé à de plus grands efforts pour faire entendre sa voix , le véhicule du son , la densité de l'air ayant déjà beaucoup diminué. La dilatation du gaz hydrogène contenu dans le ballon, dilatation qui commence dès l'instant où l'on quitte la terre, est portée au point qu^il faut, dans certains cas, faire jouer la soupape, pour lui donner une plus large issue. A 4,000 mètres , le froid devient ordinairement rigoureux ; la surface de la terre parait confuse; les grandes routes ressemblent à de petits cordons; les rivières paraissent comme des ruisseaux ; le ciel est serein et d*un azur souvent très-foncé. A 6,000 mètres, on ne voit plus que les grandes masses : si alors un bruit éloigné, celui du cauon par exemple, vient à se faire entendre, les voûtes du ciel s'ébranlent, le ballon vibre ; si à cette distance on lâche des oiseaux; ils tombent ou volent péniblement, l'air étant trop raréfié pour que leurs ailes trouvent un appui sufûsant. A i 0,000 mètres, distance qui semble être, pour la plupart des hommes, le dernier terme où il leur soit donné de parvenir , l'isolement est parfait ; mais la place n'est plus teoable à cause de l'àpreté du froid et du malaise général qu'on éprouve dans toutes les parties du corps. La voix ne s'entend plus que difficilement; les petits animaux meurent. Les observations doivent se faire là avec rapidité, car le ballon, seul objet qui frappe la vue dans l'immensité de Tespace, semble prêt à s'ani^antir,
iSS APPRNDICniBé
tant le gaz hydrogène tend k s'échapper im|>étiieti6era6nt. Les hauteurs de Tatmosphère se perdent eafio dans des ténèbres profondes : c'est ici que finit lanature physique.
« La déperdition du gaa et souvent sa condensation par le froid font bientôt redescendre le ballon. L'air devient moins froid, et la lerre, qui ne paraissait plus que BOUS la forme d'une masse grisâtre, déroule de nouveau et peu k peu ses productions. Tout parait éclore et se vivifier à sa surface. Les arbres ressemblent à des plantes naissantes. Plus on s*approche , plus aussi les masses se débrouillent, et offrent l'aspect d'une ville, d'une forêt ou d'une prairie. On .dislingue bientôt les hommes et les animaui, et Tiostant arrive enfin où il faut de nouveau toucher terre. Un aéronaute habile sait retarder ce moment k son gré, en disposant k propos du lest dont le ballon est chargé. Il peut encore franchir de grands espaces et papillonner k la cime des arbres, s'amuser de l'effroi que sa présence cause k tous les animaux des campagnes; leurs cris d'alarme, leur fuite attestent qu'ils reconnaissent la présence d'un être étranger dont la forme les épouvante. L'aéronaute peut souvent reprendre encore un nouvel essor; et si» dans le cours de son voyage, le hasard le favorise k ce point qu'il soit témoin d'un ofage, il verra se développer sous ses pieds de nouveaux objets dignes d'admiration et inconnus au reste des humains. La constitution des nuages, les grandes opérations qui se font dans leur sein sont bien faites , on doit le penser, pour inspirer le respect, et même une certaine crainte, à l'homme qui les aborde pour la première fois.
« Deux instruments, le baromètre et le thermomètre , sont indispensables k l'aéronaute, alors même qu'il ferait dans l'air un simple voyage d'agrément et n'aurait formé le projet de selivrerk aucune observation. Sans baromè* tre, il serait impossible k l'aéronaute d'estimer régulièrement la hauteur k laquelle il se trouve; sans thermomètre, il serait peu en état de juger de la températars
APnBNDICB* 18S
df l'air, •(« par conséquent, de rapporter à eette oausa lea variations que peut éprouver un ballon dans l'air.
«c Toutes les recherches scientifiques, toutes les ex* périenees possibles dans Tordre de celles connues ou de celles à imaginer , sont du ressort de Taérostation pra* tique. £levé dans Tair, flottant librement au sein de l'atmosphère, loin des causes perturbatrices auxquelles Tobservateur^ le savant, à terre, sont fatalement soumis» l'aéronaute, au sein de son vaste laboratoire, est en position de se livrer à des travaux susceptibles d'éclairer, de réformer les connaissances acquises, et d'en conquérir de nouvelles. Le champ n'est point limité, c'est à Texpé» rimentaleur qu'il appartient de déterminer et de choisir lesinatruments dont il peut avoir besoin* »
lYh «^ Des petit! halUms à ga% hydrogène, de lewrvieage dan$ Jés féteê etjewo des eoUégee ei instiUUione,
«Bien de plus propre à récréer l'esprit et les yeux des jeunes gens, que l'ascension de petits ballons oude diverses figures d'animaux, de personnages, etc., qu'ils peuvent facilement, en s'eierçantun peu, apprendre à tracer, confectionner et enlever eux-mômes.
c Ces sortes de jeux exigent la connaissance etdiverses applications très-récréatives du dessin, de la peinture» et quelques notions en chimie et en physique. Ceux des élèves qui ne sont pas assez avanci^ dans leurs études pour parvenir à mener à bien ces expériences et ces petites constructions, consulteront leurscamarades; l'émulation naîtra; les professeurs, au besoin, ne dédaigneront cer* tainemenl pas de renseigner le jeune élève qui viendrait leur présenter oonvenablementsa requête. C'est toujours un bonheur pour le maître d'avoir à satisfaire au désir de s'instruire manifesté par ses élèves.
« Mous nous sommes déjà élevé en divers endroits contre remploi du feu en aérostation. Avec les grandes machines aérostatiques à air raréfié , les hommes sont
exposés, pour la plupart du temps, à de grands dangers ; plusieurs ont péri de cette manière : ainsi Olivari, ainsi Bitlorf et d'autres. L'usage des petites montgolfières ne présente pas moins d'inconvénients. 11 est rare d'abord que ces ballons, s'ils sont d'un très-petit volume, s'élèvent-, ils brûlent assez ordinairement au milieu des efforts, bien souvent infructueux, qu'on fait pour échauffer l'air intérieur dont ils doivent être remplis. Si les dimensions sont grandes, on éprouve un extrême embarras pour les installer sur place et pour les manœuvrer; puis alors on les garnit d'un réchaud et d'un combustible quelconque, papier huilé, éponge ou étoupe imbibée d'esprit-de-vin, etc. Or ce sont là des jeux trèsdangereux , et ceux qui s'y livrent devraient réfléchir à la grande responsabilité qu'ils encourent en se livrant à un exercice qui n'est rien moins qu'innocent. La montgolfière prend encore bien souvent feu au moment du départ ,à la suite des oscillations, des balancementsqu'on ne peut éviter qu'avec une ei tréme adresse et une habileté qui ne sont pas données à tous. Dans ce cas, ses débris enflammés retombent sur les toits environnants et peuvent y communiquer le feu. Ou bien on parvient à lancer le ballon muni de son réchaud ; il s'élève pompeusement,et par un ventfavorable vase portera quelques kilomètres du point de départ. Mais alors il porte avec lui le germe de la destruction. Il peut répandre des brandons allumés sur son passage ; et, dans la plupart des cas , mettre le feu au moment de sa descente, s'il se pose sur des matières inflammables ou s'il les touche en passant. En étudiant Thisioire de l'aérostation, nous avons trouvé qu'une foule de ces incendies subits de fermes, de chaumières, de meules de grains, et de forêts, qu'on attribuait, dans l'ignorance d'une cause constatée, au hasard ou k la malveillance, ont élé bien souvent occasionnés par la descente des montgolfières , grandes et petites, qui sont lancées en foule & l'époque des fêtes publiques, sur toute l'étendue du sol de la France.
« Et que de regrets ne dott-oa pas avoir en pensant qu*un simple amusement peut devenir la cause de mal- \
heurs aussi grands que ceux de la ruine d'une famille , *
et quelquefois pis ! Nous ne douions pas que rintelligence des jeunes lecteurs auxquels ce chapitre est tout spécialement adressé, et la prudence des mattres chargés de diriger leurs plaisirs , ne préviennent à l'avenir de semblables dangers.
« Cela est d'autant plus naturel et plus simple, qu'il y a d'autres moyens de se procurer un divertissement non pas égal, mais bien plus grand, bien plus satisfaisant, en substituant les petits ballons & gaz hydrogène aux ballons à feu , et en procédant aux jeux aérostatiques par le moyen que nous allons indiquer.
« Le gaz hydrogène, même très-grossièrement produit, est dix fois plus léger que l'air échaofiTé au point le plus élevé où l'on puisse arriver dans les petites montgolfières. On gagne rarement au delà d'un tiers de légèreté sur le poids de Tair atmosphérique de ces dernières machines. Un ballon ayant 1 mètre cube de capacité, rempli d'air échauffé , aura donc k peine , k part le poids de l'enveloppe, 4 hectogrammes de puissance, tandis qu'un ballon de même capacité plein de gaz hydrogène aurait sur l'air ambiant un excès de légèreté de plus de 4 kilogramme. De Ik aussi la faculté de faire des ballons à gaz hydrogène de bien plus petites dimensions que les ballons k feu, lesquels, le plus communément, ne réussissent que lorsqu'on leur donne 2k 3 mètres de hauteur.
c Des feuilles de papier k letUre ordinaire, réunies k la colle de p&te et taillées en fuseaux de la manière indiquée plus haut, puis vernies en dedans et en dehors, soit avec rhuile grasse rendue siccative par la litharge , soit avec l'un des nombreux vernis gras qu'on trouve tout préparés chez les fabricants et marchands de couleurs, peuvent COQ sti tuer un ballon propre k contenir assez parfaitement le gaz hydrogène. Pour donner à ce genre de ballons la
9alidUéd^jFabU,oaii«QiD4'mtppdttir«,enl08 fabriquant, un rutMin Irèa -étroit ea soie ou en eolon, ou mémo 11119 simple ficelle daos U coUure de chacun des fuseaux, lorsqu'on vient k les réunir pour en former la sphère. Après ce dernier Iravail, on ajoute à la tête du ballon, au poi ntde joaclioQ desfuseaux, une pièce ronde, également en papier vomi. On termine le baspar un tuyau également en papier verni, qui prend le nom d'appendice, et^ui sert à rintroduction du gaz dans le ballon.
u II est une substance très- anciennement connue, nommée baudruche, et qui sert à la confection des peiita ballons qu'on trouve tout faits chez les principaux mar^ chands de jouels d'enfaots^àParis. La baudruche est la peliiculeiniérieure du gros intestin du bœuf. Elle est asseï chère; on se la procure difficilement; son emploi est d'ailleurs trop compliqué pour que nous osions en recom* mander l'usage à nos jeunes lecteurs. C'est avec cette sorte de peau que les batteurs d'or constituent les gros livrets entre les feuilles desquels ils placent Tor pour l'amincir en le battant,
« Le papier Ternira Tinconvénient de devenir cassant au bould'un certain temps; il ne peut être employéque pour les ballous ou figures aéroslatiques qu'on veut lancer immédiatement. Nous allons indiquer un moyen que nous avons souvent employé nous-même , et qui nous a toujours donné d'excellents résultats. Le seul inconvénient qu'il présente est de ûtire des enveloppes un peu pesantes , et qui ne permettent pas de descendre, comme dimension, au-dessous d'un ballon de 60 ^ 80 cenii* mètres de diamètre; mais il est à observer qu'un ballon plus petit serait trop exigu pour permettre de tenter quelque récréation utile, et qu'il présenterait en outre, dans sa confection, des difficultés assez compliquées, comme celles de l'emploi de moules , etc.
c On prépare les fuseauxen papier à leUresou en papier de Chine* très-fin ; on les taillera graphiquement comme nous l'avons dit ci-dessus, et en nombre double^ o'est-^
à«dira queti Ton foît un patron d'après nos indioalions, exigeant Sou 13 de ees fuseaux pour que, réunis, ils forment la sphère, on aura le soin d'en confectionner t6 eu 24, et cela parce que nous allons les réunir deux par deux au moyen d'une préparation qui les fait adhérer pariaitemenl, et rend le papier entièrement imperméable à l'air et au gaz, tout en lui conservant sa souplesse; il s'agit, on le voit, d^un contre-collage et de l'établissement d'un ballon en papier double, qui donnera pour résultat une bonne et belle machine conservant le gaz assez longtemps, et permcltant de faire à son aide une foule d'expériences curieuses*
« La matière dont il va être parlé est connue des écoliers. C'est la gomme élastique, avec laquelle on efface si bien les traces du crayon. Cet^ substance exotique est un sucprincipalement extrait d'iln arbre nommé caoutchouiC, dentelle prend le nom dans le commerce. Elle provient de rinde et desdeui Amériques, principalement de la partie méridionale. Ce suc, grossièrement recueilli dans le pays, bhinc quand il décou^ des arbres, nous arrive noirci par la fumée des bois rébineux au moyen d esquels on en fait Texploitation. 11 nous arrive en France sous des formes bizarres, tantôt de poires, tantôt de Bouliers, ete. Pour les besoins de la papeterie, on le fait dissoudre, ou bien, ce qui est plus ordinaire, on le lamine à chaud, on l'amalgame et on en fait des tablettes régulières.
« Le caoutchouc se dissout à chaud, mais à une basse température qu'on obtient facilement par l'usage du hain-marie, dans l'essence de térébenthine rectifiée, telle qu'on la trouve dans le commerce. Voici comment on procède :
c Dans un vase quelconque en terre grossière, on met de l'eau bouillante, à l'instant même où on la sort du feu. Au milieu de ce vase on a installé préalablement un autre vase en terre, en verre ou en porcelaine, dans lequel on a mis de l'essence de térébenthine et de lagomme élastique coupée en très-petits morceaux. Aussitôt que la chaleur
de Teau se communique au mélange, la dissolution commence. On voit la gomme se fondre et colorer la térébenthine. On agile arec une petite palette en bois qu'on se prépare soi-même. Il faut, quand Teau vient à se refroidir, surtout si Ton est pressé , activer Topération en renouvelant Teau chaude du bain-marie. On foit ainsi arriver la dissolution jusqu'à consistance de sirop. On laisse ensuite reposer la matière jusqu'à parfait refroidissement; on décante alors la liqueur dans un autre vase, en iaclioant légèrement et peu à peu. On garde pour une au Ire opération le résidu, qui se compose de quelques impuretés et de petils morceaux de gomme à demi dissoute.
« La solution de caoutchouc ainsi préparée, on retendra avec un pinceau plat et un peu rude sur chacun des fuseaux couchés sur une table ou sur des planches disposées pour les recevoir. Cela fait, et sans attendre que , par Tévaporation qui est assez rapide , cette substance soit desséchée, on juxiapose deux fuseaux ensemble, en réunissant, bien entendu^ chacune des faces enduites de gomme \ on appuie légèrement dessus avec la main, et bientôt, ainsi qu'on le remarquera, l'adhérence est parfaite : les deux feuilles n'en forment plus qu'une.
« Cette préparation a un avantage que n'ont pas tous les vernis : celui de ne point tacher ni colorer le papier en le transperçant. On a une surface blanche, nette et polie, propre à recevoir toute espèce de dessins, de peintures ou d'inscriptions.
c II faut, en réunissant les fuseaux pour former la sphère, introduire également, et comme nous l'avons dit ci-dessus, dans chaque collure un fil ou un ruban. Cela dispense d'employer un lllet pour faire porter au ballon la petite nacelle , la couronne ou l'emblème qu'on veut lui donner à enlever dans les airs. Les fils réunis à la base du ballon servent encore à établir un point solide par lequel on peut aisément le retenir captif, soit dans l'intérieur d'un appartement, soit à l'air libre.
cr Pour ce qui est maintenant du remplissage de ces
petits balloDS par le gaz hydrogène, nous sommes bien convaincu que les jeunes gens studieux qui ont des notionsde chimie et qui ont lu avec soin ce que nous disons plus haut sur la production du gaz hydrogène, seront aussi bien renseignés que nous- même sur la manière de se le procurer, et qu'ils se mettront, à cet égard, rapidement en étatde satisfaireà tous les besoins de leurs petites expériences.
« Uneopération d'arithmélique fortsîmple leur donnera la mesure exacte de toutes les parties de la sphère qu'ils voudront construire, en procédant toujours du diamètre ou du rayon à la circonférence, au volume et à la surface.
c S'il s'agit d'une Ggure autre que la sphère ou le cylindre, d'un poisson monstre, par exemple , ou d'un personnage de fantaisie , oh! alors, nous en convenons , l'emploi de quelques formules géométriques sera nécessaire. Mais où est le mal? Eh bien I l'élève qui ne sera pas assez fort pour arriver tout d'abord au butqu'il se propose, se renseignera auprès du camarade plus avancé capable de l'aider. Il pourra même, ce qui serait mieux encore , chercher dans les livres d'études la science dont il pourrait manquer.
« Une fois la capaciléde son ballon connue, rien de plus simple que d'évaluer laquantilé des matières à employer pour la production du gaz hydrogène nécessaire à son remplissage. ( Voir ci-dessus, au^ldecet appendice, Us indications relatives àcetie partie de lapratique aérostatique.)
« Pour procéder à ce remplissage» arrivons à n'employer qu'un de ces petits barils de 50 à 60 centimètres de hauteur, qu'il est si facile de se procurer; puis un petit tuyau coudé en fer-blanc, puis un entonnoir, un seau ou tout autre vase , comme réfrigérant, et nous voilà en mesure. Arrivons même , au besoin, à nous servir de simples flacons de Wolf, en verre, à deux ou trois tubulures, et de quelques autres vaisseaux de chimie qu'on trouvera dans le laboratoire du collège ou du pensionnat. Nous voici en état de développer maintenant à notre
volonté, et selon nos besoins, ^ décimètre ou 1 mètre cube de gaz. Nous aurons ainsi parcouru en sens inverse Téchelle qu'ont si rapidement franchie, enn83, Charles et Robert, quand, obligés, pour enlever leup ballon, d'employer des masses considérables d'acide et de métal, ils ont dû substituer tout d'un coup aux bocaux et aux vases eu verre de Priestley , le plus ancien manipulateur des gaz , les énormes appareils composés de cuves , de tonneaux, avec d*immens6s tuyaux, que û6us employons encore aujourd'hui. »
n» DE l'apfeivdigb.