FIN
Nous croyons devoir, pour compléter notre tâche, ajouter à celte notice quelques indications relatives à la pratique de raérostation considérée tant au point de vue des grandes ascensions, qu'en ceqtii coùcerneles expérieoces en petit que peuvent exécuter les jeunes gens pour leur amusement etleur instruction. Mous empruntons ces détails à deux écrivains également compélents, l'un comme sa vaut, l'autre comme praticien , M. Dumas, ctiimisle et membre de l'Institut, et M. Dupuis-Delcourt, ingénieur- aéronaule.
I. ^ Construction et remplissage des batlonÉ. — Production du gaz hydrogènes
« On peut, dit M. Dupuis-Delcourt (1), construire les ballons de toutes formes; mais l'usage en aérostation simple est de se servirde ballons sphériquesou avoisinant celle forme.
< Il est certain que la forme ronde présente une fbule d avantages réunis. Sous le moindre volume , et avec le moins de surface, elle a une capacité plus grande que toute autre Ugure n'en pourrait donner. La condition de stabilité n'est pas moindre, et ce motif doit être toutpuissant aux yeux de l'aéronaute praticien.
< Pendant bien longtemps le taffetas verni a été la seule étoile employée à la construction des ballons. La baudruche , en raison de sa légèrtsté , de son imperméabilité , a quelquefois été préférée. Dans ces dernières années on en a construit plusieurs en étoffe caoutchoutée k la façon des mac-intosh; enfin le grand ballon que j'ai lancé au Ghamp-de-Mars, le 21 mai 1848, était en soie préparée avec la gutta - percha , cette substance singulière qui
(1) Manuel <t*airoitatUm, (Encyclopédie Roret.)
promet de venir en aide plus tard à la grande aérostation, en raison de Timpermcabilité absolue dont elle jouit en certain état, et de sa propriété si précieuse d*étre, à froid, absolument inattaquable aux acides et aux gaz.
« La soie culte, le taffetas de Lyon, le satin croisé, et dans certains cas le double (lorence, préparé au vernis avec le soin convenable , sont encore le genre d*étoOes qa'on doit préférer quand on veut unir la durée et la solidité. Le métré d*une élolTe de ce genre bien condi- (ionnée revient de dix à quinze francs.
« Le filet qui recouvre le ballon doit être en corde de cbanvre d'une grande solidité. La soupape , placée au pôle supérieur de la maobine, doit être résistante, fofte et solide. Il en est de même de la nacelle , babituellement construite en osier. Il ne faut pas rechercher l'économie du poids sur ces divers engins, dont la solidité importe à la sûreté de Taéronaute.
« Nous n'avons rien à dire , ou tout au moins nous nous étendrons peu sur les montgolfières ou ballons à feu, grands ou petits, leur usage présentant des inconvénients, des dangers qui croissent avec Tinexpérience et le défaut de savoir de ceux qui les emploient. Les malheurs survenus en aérostation sont dus en grande partie à remploi da feu , et les gouvernements de l'Europe ont tous pris des mesures qui tehdent h en restreindre ou k en supprimer l'expérimentation publique quand elle n'a pour objet que d^oflfHr un aliment à la spéculation.
« Dansroriginedes ballons, on croyait à l'ex istence d'un gai particulier, remplissant les ballons h feu, et qu'on avait nommé ^az mon<^o</?ef. Bientôt on reconn ut q ue l'aseension de ces machines était due à la seule dilatation de l'air, et on constata que, par une température extérieure de 48 degrés, l'air échauffé àt'iatérieur à 60 degrés centigrades, augmente son volume d'un tiers, en d^autres termes perd environ un tiers de son poids; qu'ainsi 4 mètre cube d'air chaud pèse un kilogramme environ, au lieu de 4900 grammes, poids de l'air extérieur.
il'2 APPENDICE.
« Indépendamment de l'air chaud serrant à Téléva* lion des montgolfières, le gaz hydrogène est l'agent employé pour enlever les machines aérostatiques.
« Pour se procurer le gaz hydrogène, dit M. Dumas (I), on met ii profit la composition de l'eau , dont iOO parties contiennent I4,i0 de ce corps et 88,90 d'oxygène ; ce dernier s'en sépare aisément en vertu de Ténergie avec laquelle il s'unit à beaucoup de corps, et particulièrement à quelques métaux.
« Si Ton place un canon de fusil contenant de la tournure de fer au travers d'un fourneau , et qu*à Tune des extrémités on adapte une cornue k moitié rem plie d'eau, tandis que l'autre porte un tube recourbé propre à recueillir Iç gaz, on pourra se procurer une grande quanti té d'hydrogène pur* En effet, le tube de fer étant porté au rouge, et Teau chauffée jusqu'au point où elle entre en ébullition, la vapeur de ce liquide sera forcée de traverser la couche de tournure incandescente. Làelle sera décomposée, et donnera naissance à l'oxyde de fer, qui rester» dans le tube, et à du gaz hydrogène, qui se dégagera, et qu'on pourra recueillir.
c Ce n'est pas en général par ce procédé qu'on se procure le gaz hydrogène dans le grand nombre d'expériences chimiques auxquelles on l'applique aujourd'hui. On le retire de l'eau par l'action d'un métal; mais on opère à froid, en favorisant la décomposition par la présence d'un acide. L'expérience s'exécute avec une facilité remarquable. On prend un Qacon d'un litre, à deux tubulures; à l'une d'elles on adapte un tube droit de 3 milli* mètres de diamètre, qui plonge jusqu'au fond du flacon , et qui s'élève au dehors jusqu'à 12 k ^15 centimètres. On met dans le flacon 40 à SO grammes de sine et une quantité d'eau assez grande pour le remplir aux deux tiers. Tout étant ainsi disposé, on verse peu à peu, par le tube droit, de l'acide sulfurique concentré jusqu'au
(1) Traité de chimie appliquée aux arts, tome I*', chap. W.
fond du vase. Une vive eiTervesceuce se manifeste, et le gaz hydrogène se dégage par le tube recourbé. L'effervescence et le dégagement servent de régulateur pour ropération^etindiquentrinstantoù ilconvientde rajouter de l'acide pour favoriser la production du gaz, ou de s'arrêter, s'il y alieu de craindre qu'elle ne devienne trop vive. D'ailleurs le gaz se recueille sur Teau et peut être considéré comme pur lorsqu'on a eu soin d'en perdre quelques litres. Cette expérience peut encore se faire aisément au moyen d'une fiole à laquelle on adapte un tube recourbé-; mais dans ce cas il faut introduire à la fois le zinc, l'eau et l'acide, et recueillir le gaz.
R Les produits de cette opération sont toujours de l'hydrogène et une dissolution de sulfale de protoxyde de zinc, dont la production est accompagnée d'un dégagement assez considérable de chaleur. L'eau est manifestement décomposée; son oxygène transforme le zinc en protoxyde qui s'unit à l'acide suifurique employé, et son hydrogène, devenu libre, se dégage. Ajoutons que pour dissoudre complètement le zinc il est toujours nécessaire d'employer un excès d'acide. On substitue quelquefois au zinc un métal moins coûteux : c'est le fer en limaille, en tournure , en fil , ou à l'étal do petits clous. Il se produit dans ce cas de l'hydrogène et du sulfate de fer; mais ce procédé, qui n'est que rarement mis en usage dans les laboratoires, exige que l'on emploie un excès d'acide plus grand que le précédent, parce que le fer est moins facilement attaqué que le zinc. La manière d'opérer et la théorie sont d'ailleurs semblables à celles que nous venons de décrire.
c Iji production du gaz (pourle remplissage des ballons) est basée sur les principes que nous venons d'exposer. Seulement, comme on opère plus en grand, il faut substituer aux flacons des tonneaux percés de trous sur un de leurs fonds pour livrer passage aux tubes. Chaque tonneau est chargé d'une quantité convenable delimaille, on mieux de découpures de tôle. Il est muni d'un tube
174 APPBNDIGB.
droit en plomb, pour verser l'acide, el d'un autre tube également en plomb qui conduit le gai sous une elocbe commune préalablement remplie d'eau* Du sommet delà elocbe , qui peut éire en fer-biano verni ou en bois, part un tuyau de cuir qui dirige le gaz dans )e ballon. La seule précaution à prendre consiste à maintenir dans la cloche une légère pression, oe qui arrive toujours lorsque le niveau extérieur de Teau e^t un peu plus élevé que le niveau intérieur. Quelques essais préalables, faciles à faire, déterminent toutes les conditions de détail. Au moyen de poids on maintient la cloche en place; elle repose d'ailleurs sur le fond du baquet, et elle est munie d'éohancrures pour le passage des tubes à gaz,
« (ioDime nous l'avons déjà observé , il est nécessaire dVmployer un excès assez considérable d'acide lorsqu'on lait usage du fer; ainsi les données théoriques feraient nécessairement tomber dans de graves erreurs si on leur accordait une confiance absolue. On trouve par Texpé* rienoe que 3 kilogrammes de fer et K kilogrammes d'aoide sulfurique du commerce fournissent au moins i mètre cube de gaz. D'où Ton lire comme coniéquenoe pratique qu'en exprimant par V le volume d'un ballon en mètres cubiques, ce volume V peutservir à déterminer aisément le poids des matières à employer. Ainsi :
V X 8 3B le poids de fer en kilogrammes.
V X 6 n le poids de Tacide sulfurique en kilogrammes.
V X SO c= le poids de Teaa également en kilogrammes»
« Donnons un exemple. Soit un ballon de lOmèlrei; de diamètre, ou de 523, ^^ mètres cubes de capacité, on aura à peu près :
Matière» employées. Produits.
1 WJ kllogr. - Fer. | 525 ^ ^^^^ ^^^^ jç ^3, hydrog.
Mil " i^ •" ■'' I 80S0 kflognmtntis lollàte de fer.
15708 —Eau. J
< Théoriquement, oette quanti lé de gaz devrait résulter de la dissolution d e 1 ,4i 8 kilogrammes de fer seulement; mais, quoique la règle empirique donne un excédant de
ÀFMNtlICai.
4 10 kilofrattOMs , il Ikut se tenir plutôt au-dessus qu'audesseus du résultat qu*e!le donne, afin d'éviter les lenteurs qui oceasionnent des pertes de gai trôs^grandes, en raison de la perméabilité de l'enveloppe, et qui sont fort pénibles d*aiUeurs lorsqu'on procède à des expériences publiques.
c Du reste, on retirera des tonneaux le sulfate acide de fer , qu'on fera ebauifer dans des chaudières de fer, de cuivre ou de plomb , avec de la limaille ou des rognures de fer, pour saturer Toxcôs d'acide, etqu'on fera eristalliser pour le livrer au commerce, ce qui compense une partie des frais, €eux*>ci deviendraient même presque nuls, si l'on pouvait se procurer de l'acide tel qu'on doit remployer, et qui n'aurait pas supporté les frais de concentration. En effet, il existe des fabriques de sulfate de ferqui produisent ce sel avec bénéûoe au moyen du fer et de Tacide sulfurique faible.
« Voici le volume et le diamètre de quelques ballons , ainsi que les autres conditions de cette espèce d'appareil, d'après II. FvMïeas^T. {Dieiionnaiu teohnologiqw, t. l'r, p. 179.)
Diamètre
Yolume
Surfkee
Kilomm.
que le git
peut enlever.
Poids
Force
en
en mètres
en mètres
en kllegr.
de
et poids
mètres.
cubes.
earrés.
reuTeloppe.
desafrèf.
8,ia
SS»5t