‹ La navigation aérienne (volume 3)Chapitre 2 sur 7 · UN AUTRE Î^OIDS QU'ON POURRAIT Y ATTACHER · texte numérisé non relu

UN AUTRE Î^OIDS QU'ON POURRAIT Y ATTACHER

Un autre proposait de placer sur les limites de notre atmo6{^ère un vaisseau rempli de feu ou d'ait* éthéré, lequel vaisseau nagerait là* dessus èomme un vaisseau rempli d'air nage sur les eaux. Mais il ne disait ni comn^ent on remplirait un vaisseau de feu , ni ce que c'est que l'air éthéré et où Ton en prendrait, ni par quel moyen on arriverait à placer la machine sur les hmites de notre atmosphère , ni enfin , à supposer qu'on exécutât l'ascension, ce que deviendraient le vaisseau et les voyageurs une fois qu'ils se trouveraient au-dessus de l'air respirable.

Le Seul physicien d'alors dont les vues sur l'aérostation aient eu quelque chose de judicieux et

de rationnel est le R. P. jésuite François Lana. E prit pour point de départ la pesanteur de l'air, et en inféra qu'un vaisseau où l'on aurait &it le vide pèserait moins que le volume d'air qu'il déplacerait; qu'il serait donc possible de construire un globe creux dont les parois auraient une épaisseur telle y que, quand il ne contiendrait plus d'air, il monterait dans ce milieu avec un poids additionnel. Lana donna même les calculs nécessaires pour déterminer la grandeur de quatre vaisseaux sphériques en cuivre qui, une fois qu'on en aurait épuisé l'air, enlèveraient, croyait -il, dans l'atmosphère une nacelle avec des voyageurs. La seule chose ( très - importante pourtant) dont il n'ait pas tenu compte dans ses calculs, c'est la pression de l'air, qui, s'exerçant sur la surface extérieure des ballons, et n'étant neutralisée par aucune tension intérieure, eût nécessairement écrasé la machine ; d'autres difficultés d'exécution insurmontables empêchèrent sans doute qu'on pût tenter l'expérience.

Vers le même temps, un nommé Jean-Bi^Uste Dante fabriqua, dit Bourgeois dans ses Recherches sur Vart de voler, ^ des ailes qui lui servirent à s'élever dans l'air plusieurs fois; mais un jour il lui arriva de se casser une jambe, et il ne recommença plus ses exercices.

Le Journal des savants du 12 septembre 1678 parle aussi d'un certain Besnierqui parvint, avec quatre ailes attachées à son corps et mues par ses

seules forces, à descendre lentement et très-obliquement d'un lieu élevé jusqu'à terre; il pouvait ainsi traverser une rivière ou tout autre espace semblable proche d'une élévation. Le &it assurément n'a rien d'improbable ; mais on n'y voit rien non plus d'intéressant pour la science.

En 1709, un Portugais , Bartholoméo- Laurent de Guzman , présenta au roi son mdtre un mémoire dans lequel il disait avoir inventé une machine' volante capable de porter des hommes , et de naviguer dans les airs avec une grande rapidité; le dessin de cette machine représentait un vaisseau ayant quelque chose de la forme d'un oiseau; le mécanisme en était aussi bizarre que compliqué : des tubes devaient amener le vent dans des espèces de voiles , et de cette manière élever la machine; à défaut de vent, le même effet devait être produit par des soufflets ad hoc. Le tout était surmonté d'un dais garni de morceaux d'ambre, l'inventeur s'imaginant que cette dernière substance contribuerait à rendre sa machine plus légère ; enfin deux aimants étaient renfermés dans des sphères. On parvint, dit -on, à surprendre la religion du roi de Portugal au point d'obtenir de lui une ordonnance qui, pour engager le pétitionnaire à s'appliquer avec ardeur au perfectionnement de sa découverte, le nommait premier professeur de mathématiques à l'université de Coîmbre, lui promettait la première

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