‹ La navigation aérienne (volume 3)Chapitre 6 sur 7 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

Nous croyons devoir, pour compléter notre tâche, ajouter à cette, notice quelques indications relatives à la pratique de l'aérostation considérée tant au point de Tue des grandes ascensions, qu'en ce qui concerne les expérieuces en petit que peuvent exécuter les jeunes gens pour leur amusement et leur instruction. Nous empruntons ces détails k deux écrivains également compétents, l'un comme sa vaut, Tautre comme praticien, M. Dumas, chimiste et membre de rinstilut, et M. Dupuis-Deleourt, ingénieur- aéronaule.

L — Construction et rêmplisuig$ des ballons. — Production du gaz hydrogène*

« On peut, dit M. Dupuis-Delcourt (i), construire les ballons de toutes formes; mais l'usage en aérostation simple est de se servir de ballons sphériquesou avoisinant celte forme.

< il est certain que la forme ronde présente une foule d'avantages réunis. Sous le moindre volume , et avec le moins de surface, elle a une capacité plus grande que toute autre ijgure n'en pourrait donner. La condition de stabilité n'est pas moindre, et ce motif doit être toutpuissant aux yeux de l'aéronaute praticien.

c Pendant bien longtemps le taffetas verni a été la seule étoffe employée à la construction des ballons. La baudruche , en raison de sa légèreté , de son imperméabilité, a quelquefois été préférée. Dans ces dernières années on en a construit plusieurs en étoffe caoutchoutée à la façon des mac-iniosh; enfin le grand ballon que j'ai lancé au Ghamp-de-Mars, le 2i mai 1 848, était en soie préparée avec la gutta- percha, cette substance singulière qui

(1) Manuel d'aéroêtatUm. (Encyclopédie RoreL)

promet de venir en aide plus tard à la grande aérostation^ en raison de Timperinéabilité absolue dont elle jouit en certain état, et de sa propriétés! précieuse d'être, à froid, absolument inattaquable aux acides et aux gaz.

« La soie cuite, le taffetas de Lyon, le satin croisé, et dans certains cas le double florence, préparé au verois avec le soin convenable, sont encore le genre d'étoffes qu'on doit préférer quand on veut unir la durée et la solidité. Le métré d'une étoffe de ce genre bien conditionnée revient de dix à quinze francs,

a Le filet qui recouvre le ballon doit être en corde de cbanvre d'une grande solidité. La soupape, placée au pôle supérieur de la machine, doit être résistante, forte et solide. Il en est de même de la nacelle, habituellement construite en osier. II ne £aut pas rechercher Téconomie du poids sur ces divers engins, dont la solidité importe à la sûreté de l'aéronaute.

« Nous n'avons rien à dire, ou tout au moins nous nous étendrons peu sur les montgolfières ou ballons à feu, grands ou petits, leur usage présentant des inconvénients, des dangers qui croissent avec l'ineipérienee et le défaut de savoir de ceux qui les emploient. Les malheurs survenus en aérostation sont dus en grande partie à l'emploi du feu, elles gouvernements de l'Europe ont tous pris des mesures qui tendent h en restreindre ou k en supprimer l'expérimentation publique quand elle n*a pour objet que d'offirir un aliment à la spéculation.

icDansroriginedesballons,oneroyaitàrexistenced'nn gaz particulier, remplissant les ballons à feu, et qu'on avait nommé ga% montgolfier. Bientôt on reconn ut q ue l'ascension de ces machines était due à la seule diUtalion de l'air, et on constata que, par une température extérieure de 45 degrés, l'air échauffé ài'intérieur à 60 degrés ceotigrades, augmente son volume d'un tiers, en d'autres termes perd environ un tiers de son poids; qu'ainsi 4 mètre cube d'air chaud pèse un kilogramme environ, au lieu de 4300 grammes, poi<fo de l'air extérieur.

« Indépendamment de l'air chaud servant à Télévation des montgolfières, le gaz hydrogène est l'agent employé pour enlever les machines aérostatiques.

« Pour se procurer le gaz hydrogène, dit M. Dumas (1), on met à profit la composition de Teau , dont 100 parties contiennent 14,10 de ce corps et 88,90 d'oxygène ; ce dernier s'en sépare aisément en vertu de Ténergie avec laquelle il s'unit à beaucoup de corps, et particulièrement à quelques métaux.

a Si Ton place un canon de fusil contenant de la tournure de fer au travers d'un fourneau , et qu'à Tune des extrémités on adapte une cornue k moitié remplie d'eau, tandis que l'autre porte un tube recourbé propre à recueillir le gaz, on pourra se procurer une grande quanti lé d'hydrogène pur. En effet, le tube de fer étant porté au rouge, et Veau chauffée jusqu'au point où elle entre en ébullilion, la vapeur de ce liquide sera forcée de traverser la couchede tournure incandescente. Làellesera décomposée, et donnera naissance à l'oxyde de fer, qui restera dans le tube, et à du gaz hydrogène, qui se dégagera, et qu'on pourra recueillir.

« Ce n'est pas en général par ce procédé qu'on se procure le gaz hydrogène dans le grand nombre d'expériences chimiques auxquelles on l'applique aujourd'hui. On le retire de l'eau par l'aclion d'un métal ; mais on opère à froid, en favorisant la décom position par la présence d'un, acide. L'expérience s'exécute avec une facilité remarquable. On prend un flacon d'un litre, à deux tubulures; à l'une d'elles on adapte un tube droit de 3 millimètres de diamètre, qui plonge jusqu'au fond du flacon, et qui s'élève au dehors jusqu'à 13 k 15 centimètres. On met dans le flacon 40 à 50 grammes de zinc et une quantité d'eau assez grande pour le remplir aux deux tiers. Tout étant ainsi disposé, on verse peu à peu, parle tube droit, de l'acide sulfurique concentré jusqu'au

(1) TraUi de chimie appliquée aux arts, tome 1», chap. I«.

fond du vase. Une vive elfervesceuce se manifeste, et le gaz hydrogène se dégage par le tube recourbé. L'effer- Tcscence et le dégagement servent de régulateur pour ropération,etindiquentrinslantoùilconvientderajouter de l'acide pour favoriser la production du gaz, ou de s'arrêter, s'il y alleu de craindre qu'elle ne devienne trop vive. D'ailleurs le gaz se recueille sur Teau et peut être considéré comme pur lorsqu'on a eu soin d'en perdre quelques litres. Celle expérience peut encore se faire aisément au moyen d'une fîole à laquelle on adapte un tube recourbé; mais dans ce cas il faut introduire à la fois le zinc, l'eau et Tacide, et recueillir le gaz.

<c Les produits de celle opéralion sont toujours de l'hydrogène et une dissolution de sulfaie de protoxyde de zinc, dont la production est accompagnée d'un dégagement assez considérable de chaleur. L'eau est manifes- . tement décomposée; son oxygène transforme le zinc en protoxyde qui s'unit à l'acide sulfurique emplojé, et son hydrogène, devenu libre, se dégage. Ajoutons que pour dissoudre complètement le zinc il est toujours nécessaire d'employer un excès d'acide. On substitue quelquefois au zinc un métal moins coûteux : c'est le fer en limaille, en tournure , en lil , ou à l'état de petits clous. Il se produit dans ce cas de l'hydrogène et du sulfate de fer; mais ce procédé, qui n'est que rarement mis en usage dans les laboratoires, exige que l'on emploie un excès d'acide plus grand que le précédent, parce que le fer est moins facilement attaqué que le zinc. La manière d'opérer et la théorie sont d'ailleurs semblables à celles que nous venons de décrire.

c La production du gaz (pourle remplissage des ballons) est basée sur les principes que nous venons d'exposer. Seulement, comme on opère plus en grand, il faut substituer aux flacons des tonneaux percés de trous sur un de leurs fonds pour livrer passage aux tubes. Chaque tonneau est chargé d'une quantité convenable de limaille, ou mieux de découpures de tôle, 11 est muni d'un tube

droit en plomb, potxf verser Tacide, el d'uli autre tube égalemetit en plomb qui conduit le gaï sous une cloche commune préalablement remplie d'eau. Du sommet de la clocbe , qui peut être en fer-blanc verni ou en bois, part un Ihyau de cuir qui dirige le gaz dans le ballon. La seule précaution à prendre consiste à maintenir dans la cloche une légère pression, ce qui arrive toujours lorsque le niveau extérieur de Feau est un peu plus élevé que le niveau intérieur. Quelques essais préalables, faciles à faire, déterminent toutes les conditions de détail. Au moyi'U de poids on maintient la cloche en place; elle reposée d'ailleurs sur le fond du baquet, et elle est munie d'échancrures pour le passage des tubes à gaz.

« Comme nous Favons déjà observé , il est nécessaire d'employer un excès assez considérable d'acide lorsqu'on fait usage du fer^ ainsi les données théoriques feraient nécessairement tomber dans de graves erreurs si on leur accordait une confiance absolue. On trouve par l'expérience que 3 kilogramtnes de fer et 6 kilogrammes diacide sulfuriqué du commerce fournissent au moins i métré cube de gaz. D*où l'on lire comme conséquence p^âtique qu'en etpf imant par V le volume d'un ballon eh mètres cubiques, ce volume V peut servir à déterminer aisément le poids des matières à employer. Ainsi ;

V X 3 = le poids de fer en kilogrammes.

V X Î5 = le poids de l'acide sulfurique en kilogrammes.

V X âO = le poids de l'eau également en kilogrammes.

« Donnons un exemple. Soit un ballon de 10 mètres de diamètre, ou de523,() mètres cubes de capacité, on aura à peu près :

Matièreê employéêê» Prodata,

1570kilo»r. -Fer. 1 525,6 «nèt«» cubes de g». I.,dn>g.

IWM Iem I ^^ kilogrammes sulfate de fer.

«Théoriquement, cette quantitéde gaz devrait résulter de la dissolution de 1 ,41 8 kilogrammes de fer seulement; mais, quoique la règle empirique donne un excédant de

▲Pl>ËNi)ICE.

-1 50 kilogrammes , il faut se tenir plutôt au-dessus qu'audessous du résultat qu'elle donne, afln d'éviter les lenteurs qui oceasionnent des pertes de gaz très-grandes, en raison de la perméabilité de Tenveloppe, et qui sont fort pénibles d'ailleurs lorsqu'on procède à des expériences publiques.

a Du reste, on retirera des tonneaux le sulfate acide de fer , qu'on fera chauffer dans des chaudières de fer, de cuivre ou de plomb , avec de la limaille ou des rognures de fer, pour saturer l'excès d'acide, et qu'on fera cristalliser pour le livrer au commerce, ce qui compense une partie desfrais. Ceux-cideviendraient même presque nuls, si Ton pouvait se procurer de l'acide tel qu'on doit l'employer, et qui n'aurait pas supporté les frais de concentration. En effet, il existe des fabriques de sulfate de fer qui produisent ce sel avec bénéfice au moyen du fer et de l'acide sulfurique faible.

« Voici le volume et le diamètre de quelques ballons , ainsi que les autres conditions de cette espèce d'appareil, d'après M. FraLncœur. {Dictionnaire technologique, t. !•', p. i79.)

Diamètre

Volume

Surface

KlloOTam.

que le gaz

peut

enlever.

Poids

Force

en

en mètres

en mètres

en Idlogr.

de

et poids

mètres.

cubes.

carrés.

l'enveloppe.

des agrès.

ft,19

(1) « On Toit qu*un balloD de 1 mètre de diamètre ne pourrait pas s*eniever s'il était formé d'un taflihas aussi épais c|te celui qu*on suppose pour les autres. On est dans Tusage de Taire ces petits ballons en baudruclie ; ils pèsent environ 80 grammes, et conservent, par conséquent, 540 grammes de force ascensionnelle. •

« Le volume, la surface et le diamètre du ballon se calculent parles mélhodes géométriques ordinaires, dont nous rappelons ici les principes : le rapport « de la circonférence au diamètre est égal à 3J4I59 ouàpeu près k ". La surface de la sphère S = « D', et son volume V = !!?^ , le diamètre étant représenté par D. Les autres notions que ce tableau renferme sont basées sur des considérations très-simples.

« Un mètre cube d*air, à une température et k une pression moyennes, pèse environ 1300 grammes. Un pareil volume d'hydrogène impur et humide ne doit peser que 190 grammes environ^ la différence ou 1200 grammes est donc le poids que peut tenir en équilibre dans Tair ordinaire -I mètre cube d'hydrogène. Ainsi le volume en mètres cubes du ballon multiplié par 1, 2 sera le nombre de kilogrammes que le ballon pourra soutenir.

« D'un autre côlé on évalue à 250 grammes ou i de kilogramme le poids de 1^ mètre carré du taffetas verni qui est employé dans la construction des ballons. Le nombre exprimant la surface en mètres carrés, divisé par 4, donnera donc le poids du taffetas en kilogrammes.

«Enfin la différence entre le poids que le gaz est capable de supporter et celui de Tenveloppe exprimera la charge qu'il convient d'ajouter au ballon pour les cordages, la nacelle, les appareils, les hommes, le lest, etc.; bien entendu qu'il faudra charger le ballon de 2 ou 3 kilogrammes de moins que ce qu'il peut supporter, afin de conserver une force ascensionnelle suffisante; et cojnme cette force ascensionnelle est un point très-im- •portant, il convient de la mesurer à Tinstanl du départ au*raoyen d'une romaine fixée à terre ; car les calculs établis précédemment sont tous approximatifs, et peuvent d'ailleurs être altérés par Tintroduction accidentelle d'un peu d'air dans le ballon, ou par toute autre cause.

« On était dans l'usage^ h l'époque où s'introduisit l'emploi des ballons, de conserver une force ascensionnelle beaucoup plus grande , de 50 à 60 kilogrammes et

même plus; mais il est facile de voir que cet excès est inutile, qu'il peut même dcTenir dangereux, et qu'il vaut mieux se conserver la faculté de jeter une grandequantité . de lest que d'être forcé de perdre sans but une portion considérable de gaz.

« Un aéronaute prudent doit monter doucement et descendre de même. 11 y parvient aisément en parlant avec une force ascensionnelle faible, et dans ce cas, lorsqu'il veut redescendre, il lui suffit d'ouvrirquelques instants la soupape pour déterminer la chute du ballon. Gomme cette chute s'effectue avec une vitesse accélérée, le lest dont il s'est pourvu lui devient indispensable pour la modérer. Il en jette successivement quelques parties, et il parvient , au moyen de cette simple précaution, à descendre très-doacement ; il peut môme remonter, si le lieu qui se présente offrait quelque danger, pour aller redescendre dans un endroit plus convenable. En général, l'emploi du lest et celui de la soupape senties seuls moyens que l'aéronaute ait à sa disposition; mais ils suffisent quand ils sont bien dirigés, pourvu qu'on ait scinde ne tenter aucune ascension par un temps orageux ou dans un moment où l'atmosphère est agitée par des vents dont la direction peut varier à diverses hauteurs.

« Il est de la plus grande importance de ne pas remplir tout à fait le ballon au moment du départ. Pour avoir négligé celte remarque très-simple, plusieurs aéronautes se sont exposés à desdangers extrêmes. En effetjk mesure que le ballon s'élève, la pression de l'air qui Tenvironne diminue, elle volumedu gaz qu'il renferme augmente. Il faut donc perdre ce gaz, ou s'exposer k voir l'enveloppe <f|» déchirer sous Teffort produit par cette dilatation. Mieux vaut, sans aucun doute, ne remplir le ballon qu'à moitié, ou au plus aux deux tiers, tout en lui donnant la force ascensionnelle nécessaire au but qu'on se propose. A mesure qu'il s'élève, son enveîoppe s'enfle doucement, et lerapporldesdensitésderhydrogèneet de l'air restant toujours le même sous les mêmes pressions, il en résulte

que rien n'est changé dans les conditions d'éctuilibre de la machine, et que rien ne change en général par cette cause , quelles que soient les modifications de hauteur ou de charge auxquelles Taéronaute soumette son appareil. A II résulte de tout ce qui précède qu'un aéfonaute doit avoir des idées justes de physique, s'il ne veut pas s'exposer à d'effroyables chances. Des physiciens trèsh&biles, MM. Charles, Biot, Gay-Lussac, ont entrepris des voyages aériens; ils les ont effectués sans danger ni trouble , quoique préoccupés de recherches scientifiques délicates et sérieuses; tandis que beaucoup de personnes qui n'avaient à s*occuperque de leur sûreté sont devenues yictimes de leur ignorance ou de leur imprudence. >»

IL *^ Procédé généralement employé potir ooiiper les fîiseauo) d'un ballon (1).

« I^^Soit décrit le demi-cercle ABC du diamètre du ballon proposé.

« ^ Élever du centre D une perpendiculaire D R

« 3* Diviser chacun des arcs A B et B C en six parties égales , et par ces points de division tirer des parallèles au diamètre.

« 4« Construire une figure auxiliaire M N, dont la longueur soit égale au développement des six parties comprises dans l'arc CB.

« 5® A chacune des six divisions de cette même figure M tracer des parallèles!, 2, 3, 4, 5, 6, sur lesquelles les dimensions du fuseau sont rapportées de la manière Rivante.

« fi' Onpartage Parc A 1 en deux parties égales, et du point du partage on tire le rayon 1 D *, ensuite du point D comme centre, et avec des rayons successivement égaux à DL, DR, DI, DH, DG, on décrit les arcs de réductions, 4, 3, 2, ^. *

(1) Ce paragraphe est extrait, ainsi que les suivants, éuManuei de M. Dupuis-Delcourt.

« 7* On prendra la mesure de chacun de ces arcs de réduction, qu'on apportera par oïdre sur la figure M N; c'est-à-dire que Tare 5 sera porté sur la parallèle 5 pour avoir les deux points du fuseau sur cette parallèle; Tare 4 sera porté sur la parallèle 4, et ainsi de suite -, ce

qui détermine les six points de chaque côté de la ligne P, qui servent à tracer le fuseau, ou du moins le demi-

fuseau, car la périphérie du fuseau entier est réellement indiquée par 24 points.

ft On pourra prendre un patron en papier ou en carton sur celte dimension, et il servira de modèle pour couper réloffe destinée à la confection du ballon.

€ Pour former Tappendice du globe, et donner en même temps plus de grâce au ballon, on a Thabitudede le terminer en poire ou en cône élégamment écbancré. Ici le caprice ou le goût du constructeur peut seul servir de règle. On obtient reflet désiré en laissant au bas du fuseau, au lieu de le terminer en pointe, une largeur qui varie en raison du nombre même des fuseaux. »

ÎÎI. — Description générale d'un voyage aérien. — Instruments utiles à l'aéronaute dans le eours d'une ascension. '

« Depuis Tinslant où Ton quitte la terre jusqu'à celui oiî Ton parvient à la bauteur k laquelle il est permis k rhomme de pénétrer dansTatmosphère, on passe par une succession de sensations nouvelles-, le moment le plus agréable est sans contredit celui où l'on se sépare de la terre. Pendant les premiers moments de l'ascension, et jusqu'à i, 000 mètres environ, une jouissance délicate accompagne le voyageur aérien. Rien ne saurait mieux donner l'idée de ce qu'on éprouve alors , que ces rêves si agréables pendant lesquels on se sent voltiger çà et là comme des zéphyrs : ici la réalité remplace Tillusion. L'admiration qu'inspire bientôt le spectacle de la nature se joint à ce premier sentiment. A mesure que Thorizon se développe, les rivières présentent h la fois toutes leurs sinuosités, les villes et les habitations de toute espèce s'offrent en foule ; on compte les routes et les sentiers qui les lient entre elles; et cette moindre partie du spectacle n'est pas sans un grand intérêt. Les différentes productions de la terre se font remarquer d'une manière distincte par la variété de leurs teintes et la diversité de leurs nuances. Un champ de blé se dislingue parfai-

tement d'un champ de luzerne, une forêt d'un vignoble. « Au-dessus de 500 mètres, les proportions de chaque objet diminuent d'une manière très-sensible. Les hommes ressemblent déjà à des insectes; l'atmosphère est considérablement refroidie; alors, si Ton est plusieurs dans la nacelle, le silence, causé jusque-là par l'admiration des premiers moments, cx)mmence à cesser. On s'interroge, on se fait part de ses remarques et des nouvelles sensations qu'on éprouve. Bientôt la force d'ascension du ballon fait parvenir à 1,000 à 1,200 mètres; avec un froid plus vif on éprouve des bourdonnements dans les oreilles. A 2,000 mètres, on est obligé à de plus grands efforts pour faire entendre sa voix , le véhicule du son , la densité de l'air ayant déjà beaucoup diminué. La dilatation du gaz hydrogène contenu dans le ballon, dilatation qui commence dès l'instant où l'on quitte la terre, est portée au point qu'il faut, dans certains cas, faire jouer la soupape, pour lui donner une plus large issue. A 4,000 mètres , le froid devient ordinairement rigoureux ; la surface 'de la terre paraît confuse; les grandes routes ressemblent à de petits cordons; les rivières paraissent comme des ruisseaux ; le ciel est serein et d'un azur souvent très-foncé. A 6,000 mètres, on ne voit plus que les grandes masses : si alors un bruit éloigné, celui du canon par exemple, vient à se faire entendre, les voûtes du ciel s'ébranlent, le ballon vibre; si à cette distance on lâche des oiseaux; ils tombent ou volent péniblement, l'air étant trop raréfié pour que leurs ailes trouvent un appui suffisant. A 10,000 mètres, distance qui semble être, pour la plupart des hommes, le dernier terme où il leur soit donné de parvenir , l'isolement est parfait ; mais la place n'est plus teoable à cause de l'àpreté du froid et du malaise générai qu'on éprouve dans toutes les parties du corps. La voix ne s'entend plus que difficilement; les pelits animaux meurent. Les observations doivent se faire là avec rapidité, car le ballon, seul objet qui frappe la vue dans l'immensité de l'espace, semble prêt à s'anéantir,

tant le gaz hydrogène tend k s'échapper impétueusement. Les hauteurs de l'atmosphère se perdent enfin dans des ténèbres profondes : c'est ici que finit la nature physique.

« La déperdition du gaz et souvent sa condensation par le froid font bientôt redescendre le ballon. L'air devient moins froid , et la terre , qui ne paraissait plus que sous la forme d'une masse grisâtre, déroule de nouveau et peu k peu ses productions. Tout paraît éclore et se vivifier k sa surface. Les arbres ressemblent à des plantes naissantes. Plus on s^approche , plus aussi les masses se débrouillent, et offrent l'aspect d'une ville, d'une forêt ou d'une prairie. On distingue bientôt les hommes et les animaux, et Tinstant arrive enfin où il faut de nouveau toucher terre. Un aéronaute habile sait retarder ce moment k son gré, en disposant k propos du lest dont le ballon est chargé. Il peut encore franchir de grands espaces et papillonner k la cime des arbres, s'amuser de l'efi'roi que sa présence cause k tous les animaux des campagnes; leurs cris d'alarme, leur fuite attestent qu'ils reconnaissent la présence d'un être étranger dont la forme les épouvante. L'aéronaute peut souvent reprendre encore un nouvel essor ; et si , dans le cours de son voyage, le hasard le favorise k ce point qu*il soit témoin d'un orage, il verra se développer sous ses pieds de nouveaux objets dignes d'admiration et inconnus au reste des humains. La constitution des nuages , les grandes opérations qui se font dans leur sein sont bien faites , on doit le penser, pour inspirer le respect, et même une certaine crainte, à l'homme qui les aborde pour la première fois.

« Deux instruments, le baromètre et le thermomètre , sont indispensables k l'aéronaute, alors même qu'il ferait dans l'air un simple voyage d'agrément et n'aurait formé le projet de se livrer k aucune observation. Sans baromètre , il serait impossible k l'aéronaute d'estimer régulièrement la hauteur k laquelle il se trouve; sans thermomètre, il serait peu en état de juger de la température

de l'alf, et, par (jonséquenl, de rapporter k cette cause les variations que peut éprouver un ballon dans Vair.

« Toutes les recherches scientifiques , toutes les expériences possibles dans Tordre de celles connues ou de celles à imaginer , sont du ressort de Taérostation pratique. Élevé dans Vair, flottant librement au sein de l'atmosphère, loin des causes perturbatrices auxquelles Tobservateur, le savant, k terre, sont fatalement soumis, Vaéronaute, au sein de son vaste laboratoire, est en position de se livrer k des travaux susceptibles d*éclairer, de réformer les connaissances acquises, etd*en conquérir de nouvelles. Le champ n*est point limité, c^estkTexpérimenlateur qu'il appartient de déterminer et de choisir lesinstruments dont il peut avoir besoin. »

î V. — Des petits haltcms à gaz hydrogène, de leur usage dans les fêtes et jeux des collèges et institutions,

(uRieû de plus propre k récréer Tespritelîesyeuxdes jeunes gens, que Tascensiôn de petits ballons ou de di^ verses figures d'animaux , de personnages, etc., quMls peuvent facilement, en s'exerçantun peu, apprendre à tracer, confectionner et enlever eux-mêmes.

« Ces sortes de jeux exigent la connaissance et diverses applications très-récréatives du dessin, de la peinture, et quelques notions en chimie et en physique. Ceux des élèves qui ne sont pas assez avancés dans leurs études pourparvenir à mener à biences expériences et ces petites constructions, consulterontleurs camarades; Témulation naîtra; les professeurs, au besoin, ne dédaigneront certainement pas de renseigner le jeune élève qui viendrait leur présenter convenablementsa requête. C'est toujours un bonheur pour le maître d'avoir à satisfaire au désir de s'instruire manifesté par ses élèves.

ff Nous tious sommes déjk élevé en divers endroits contre remploi du feu en aérostation. Avec les grandes machines aérostatiques à air raréfié , les hommes sont

exposés, pour la plupart du temps, à de grands dangers ; plusieurs ont péri de cette manière : ainsi OliTari, ainsi Bittorf et d'autres. L'usage des pelites montgolfières ne présente pas moins d'inconvénients. Il est rare d'abord que ces ballons, s'ils sont d'un très-petit volume, s'élèvent; ils brûlent assez ordinairement au milieu des efforts, bien souvent infructueux, qu'on fait pour échauffer l'air intérieur dont ils doivent être remplis. Si les dimensions sont grandes, on éprouve un extrême embarras pour les installer sur place et pour les manœuvrer; puis alors on les garnit d'un réchaud et d'un combustible quelconque, papier huilé , éponge ou éloupe imbibée d*esprit-de-vin, etc. Or ce sont là des jeux trèsdangereux, et ceux qui s'y livrent devraient réfléchir à la grande responsabilité qu'ils encourent en se livrant à un exercice qui n'est rien moins qu'innocent. La montgolfière prend encore bien souvent feu au moment du départ,à la suite des oscillations, des balancements qu'on ne peut éviter qu'avec une ex trême adresse et une habileté qui ne sont pas données k tous. Dans ce cas, ses débris enflammés retombent sur les toits environnants et peuvent 7 communiquer le feu. Ou bien on parvient à lancer le ballon muni de son réchaud; il s'élève pompèusemenl,etpar un ventfavorable vase porter à quelques kilomètres du point de départ. Mais alors il porte avec lui le germe de la destruction. Il peut répandre des brandons allumés sur son passage; et, dans la plupart des cas, mettre le feu au moment de sa descente, s'il se pose sur des matières inflammables ou s'il les touche en passant. En étudiant l'histoire de l'aérostation, nous avons trouvé qu'une foule de ces incendies subits de fermes^ de chaumières, de meules de grains, et de forêts, qu'on attribuait, dans l'ignorance d'une cause constatée, au hasard ou k la malveillance, ont été bien souvent occasionnés par la descente des montgolfières , grandes et petites, qui sont lancées en foule k l'époque des fêtes publiques, sur toute l'étendue du sol de la France.

« Et que de regrets ne doit-on pas avoir en pensant qu'un simple amusement peut devenir la cause djB malheurs aussi grands que ceux de la ruine d'une famille , et quelquefois pis ! Nous ne douions pas que rinlelligence des jeunes lecteurs auxquels ce chapitre est tout spécialement adressé, et la prudence des maîtres chargés de diriger leurs plaisirs, ne préviennent à Tavenir de semblables dangers.

« Cela est d'autant plus naturel et plus simple, qu'il y a d'autres moyens de se procurer un divertissement non pas égal , mais bien plus grand , bien plus satisfaisant, en substituant les petits ballons à gaz hydrogène aux ballons k feu, et en procédant aux jeux aérostatiques par le moyen que nous allons indiquer.

« Le gaz hydrogène, même très-grossièrement produit, est dix fois plus léger que l'air échauffé au point le plus élevé où l'on puisse arriver dans les petites montgolfières. On gagne rarement au delà d'un tiers de légèreté sur le poids de Tair atmosphérique de ces dernières machines. Un ballon ayant 1 mètre cube de capacité, rempli d'air échauffé , aura donc à peine , à part le poids de l'enveloppe , 4 hectogrammes de puissance , tandis qu'un ballon de même capacité plein de gaz hydrogène aurait sur Tair ambiant un excès de légèreté de plus de 4 kilogramme. De là aussi la faculté de faire des ballons à gaz hydrogène de bien plus petites dimensions que les ballons à feu, lesquels, le plus communément, ne réussissent que lorsqu'on leur donne 2à 3 mètres de hauteur.

« Des feuilles de papier à lettre ordinaire, réunies à la colle de pâte et taillées en fuseaux de la manière indiquée plus haut, puis vernies en dedans et en dehors, soit avec l'huile grasse rendue siccative par la litharge , soit avec Tun des nombreux vernis gras qu'on trouve tout préparés chez les fabricants et marchands de couleurs, peuvent constituer un ballon propre k contenir assez parfaitement le gaz hydrogène. Pour donner à ce genre de ballons la

dbyGbogle

soliditédé$ifabl6,oaaso)Dd'introdttire,en les fabriquant, un ruban très-étroit en soie ou en coton , ou même une simple ficelle dans la collure de chacun des fuseaux, lorsqu'on vient k les réunir pour en former la sphère. Après ce dernier travail, on ajoule à la tête du ballon, au point de jonction des fuseaux, une pièce ronde, également en papier verni. On termine le bas par un tuyau également en papier verni, qui prend le nom d'appendice, et qui sert à rintrodttction du gaz dans le ballon.

f> Il est une substance très- anciennement connue, nommée baudruche, et qui sert kla confection des petits ballons qu'on trouve tout faits chez les principaux marchands de jouets d'enfaots, àParis. La baudruche est la pellicule intérieure du gros intestin du bœuf. Elle est assez chère ; on se la procure difficilement ; son emploi est d'ailleurs trop compliqué pour que nous osions en recommander l'usage à nos jeunes lecteurs. Cest avec cette sorte de peau que les batteurs d'or consli tuent les gros livrets entre les feuilles desquels ils placent l'or pour l'amincir en le battant.

« Le papier Terni a l'inconvénient de devenir cassant au boutd'un certain temps; il ne peut être employéque pour les ballons ou figures aérostaliques qu'on veut lancer immédiatement. Nous allons indiquer un moyen que nous avons souvent employé nous-même , et qui nous a toujours donné d'excellents résultats. Le seul inconvénient qu'il présente est de faire des enveloppes un peu pesantes , et qui ne permettent pas de descendre, comme dimension, au-dessous d'un ballon de 60 k 80 centimètres de diamètre; mais il est k observer qu'un ballon plus petit serait trop exigu pour permettre de tenter quelque récréation utile, et qu'il présenterait en outre, dans sa confection, des difficultés assez compliquées, comme celles de l'emploi de moules, etc.

« On prépare les fuseaux en papier k le tires ou en papier de Chine très-fin; on les taillera graphiquement comme nous l'avons dit ci-dessus, et en nombre double , c'est-

APÏ^ENDICÈ. 187

k-dire que si Ton fait un patroti d'après nos indications, exigeant 8 ou 12 de ces fuseaux pour que, réunis, ils forment la sphère, on aura le soin d'en confectionner 16 ou 24, et cela parce que nous allons les réunir deux par deux au moyen d'une préparation qui les fait adhérer parfaitement, et rend le papier entièrement imperméable à Tair et au gaz, tout en lui conservant sa souplesse; il s'agit, on le voit, d*un contre-collage et de rétablissement d'un ballon en papier double , qui donnera pour résultat une bonne et belle machine conservant le gaz assez longtemps, et permettant de faire à son aide une foule d'expériences curieuses.

« La matière dont il va être parlé est connue des écoliers. C'est la gomme élastique, avec laquelle on efface si bien les traces du crayon. Cette substance exotique est un sucprinci paiement extrait d'un arbre nommé caoutchouc, dont elle prend le nom dans le commerce. Elle provient de rinde et des deux Amériques , principalement de la partie méridionale. Ce suc, grossièrement recueilli dans le pays, blanc quand il découle des arbres, nous arrive noirci par la fumée des bois résineux au moyen desquels on en fait l'exploitation. Il nous arrive en France sous des formes bizarres, tantôt de poires, tantôt de souliers, etc. Pour les besoins de la papeterie, on le fait dissoudre, ou bien, ce qui est plus ordinaire, on le lamine à chaud^ on l'amalgame et on en fait des tablettes régulières.

« Le caoutchouc se dissout à chaud, mais à une basse température qu'on obtient facilement par Tusage du bain-maric, dans l'essence de térébenthine rectifiée, telle qu*on la trouve dans le commerce. Voici comment on procède :

« Daus un vase quelconque en terre grossière, on met de l'eau bouillante, à l'instani même où on la sort du feu. Au milieu de ce vase on a installé préalablement un autre vase en terre, en verre ou en porcelaine, dans lequel on a mis de l'essence de térébenthine et de la gomme élastique coupée en très-petits morceaux. Aussitôt que la chaleur

de Feau se Gommunique au mélange, la dissolution commence. On voit la gomme se fondre et colorer la térébenthine. On agile avec une petite palette en bois qu'on se prépare soi-même. U faut, quand l'eau Tient à se refroidir, surtout si l'on est pressé , activer Topéralioii en renouvelant l'eau chaude du bain- marie. On fait ainsi arriver la dissolution jusqu'à consistance de sirop. On laisse ensuite reposer la matière jusqu'à parfait refroidissement; on décante alors la liqueur dans un autre vase, en inclinant légèrement et peu à peu. On garde pour une autre opération le résidu, qui se compose de quelques impuretés et de petits morceaux de gomme à demi dissoate.

« La solution de caoutchouc ainsi préparée, on retendra avec un pinceau plat et un peu rude sur chacun des fuseaux couchés sur une table ou sur des planches disposées pour les recevoir. Cela fait, et sans attendre que^ par Tévaporation qui est assez rapide , cette substance soit desséchée, on juxtapose deux fuseaux ensemble, en réunissant, bien entendu^ chacune des faces enduites de gomme; on appuie légèremeot dessus avec la main, et bientôt, ainsi qu'on le remarquera, l'adhérence est parfaite : les deux feuilles n'en forment plus qu'une.

«c Cette préparation a un avantage que n'ont pas tous les vernis : celui de ne point tacher ni colorer le papier en le transperçant. On a une surface blanche , nette et polie, propre à recevoir toute espèce de dessins, de peintures ou d'inscriptions.

€ Il faut, en réunissant les fuseaux pour former la sphère, introduire également, et comme nous l'avons dit ci-dessus, dans chaque collure un, fil ou un ruban. Cela dispense d'employer un filet pour faire porter au ballon la petite nacelle , la couronne ou l'emblème qu'on veut lui donner à enlever dans les airs. Les fils réunis à la base du ballon servent encore à établir un point solide par lequel on peut aisément le retenir captif, soit dans rintérieur d'un appartement, soit à l'air libre.

V Pour ce qui est maintenant du remplissage de ces

petilsballoosparlegaz hydrogène, nous sommes bien convaincu que les jeunes gens studieux qui ont des notionsde chimie et qui ont lu avec soin ce que nous disons plus haut sur la production du gaz hydrogène, seront aussi bien renseignés que nous- même sur la manière de se le procurer, et qu'ils se mettront, à cet égard, rapidement en état de satisfaire à tous les besoins de leurs petites expériences.

a Une opération d'arithmétique fort simple leur donnera la mesure exacte de toutes les parties de la sphère qu'ils voudront construire, en procédant toujours du diamètre ou du rayon à la circonférence, au volume et à la surface.

« S'il s'agit d'une figure autre que la sphère ou le cylindre, d'un poisson monstre, par exemple , ou d'un personnage de fantaisie , oh! alors, nous en convenons , l'emploi de quelques formules géométriques sera nécessaire. Mais où est le mal? Eh bien I l'élève qui ne sera pas assez fort pour arriver toutd'abord au but qu'il se propose, se renseignera auprès du camarade plus avancé capable de l'aider. 11 pourra même, ce qui serait mieux encore , chercher dans les livres d'études la science dont il pourrait manquer.

« Une fois la capacité de son ballon connue, rien de plus simple que d'évaluer laquantilé des matières à employer pour la production du gaz hydrogène nécessaire à son remplissage. ( Voir ciHiessus,au ^l de cet appendice, les indications relatives àcette partie de lapratique aérostatique,)

« Pour procéder à ce remplissage , arrivons à n'employer qu'un de ces petits barils de 50 à 60 centimètres de hauteur, qu'il est si facile de se procurer; puis un petit tuyau coudé en fer-blanc, puis un entonnoir, un seau ou tout autre vase , comme réfrigérant, et nous voilà en mesure. Arrivons même , au besoin, à nous servir de simples flacons de Wolf, en verre, à deux ou trois tubulures, et de quelques autres vaisseaux de chimie qu'on trouvera dans le laboratoire du collège ou du pensionnat. Nous voici en état de 'développer maintenant à notre

volonté, et selon nos besoins, ^ décimètre ou i mèlre cube de gaz. Nous aurons ainsi parcouru en sens inverse Téchelle qu'ont si rapidement franchie, en 4783, Charles et Robert , quand, obligés , pour enlever leur ballon, d'employer des masses considérables d'acide et de métal, ils ont dû substituer tout d'un coup aux bocaux et aux vases en verre de Priestley , le plus ancien manipulateur des gaz , les énormes appareils composés de cuves , de tonneaux , avec d^immenses tuyaux, que nous employons encore aujourd'hui. »

FIN Dï: l'appendice.

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