LES PROJETS D'AMELIORATION DE VOIES EXISTANTES
L'extension de notre réseau navigable n’étant guère à envisager pour le moment, c’est l’amélioration des voies existantes () qui, actuellement, « répond le mieux à notre capacité financière et aux besoins de notre économie générale » (2).
Les travaux d'amélioration ne nécessitent que des dépenses relativement modérées, par conséquent assez en harmonie avec un budget des travaux publics comprimé, comme l’est et comme doit l’être dans les années à venir celui de la France. On peut ainsi tous les ans effectuer un certain nombre de travaux, sans être obligé d'en répartir l'exécution sur plusieurs exercices.
De plus, les travaux étant effectués très vite, la navigation en profite tout de suite, les capitaux investis ne restent pas longtemps improductifs et les intérêts intercalaires sont à peu près nuls.
Ce système a eu, en outre, l'avantage de se plier fort bien aux annuités du Plan Dawes 6), des travaux de petite
(1) Rapport Richemond, p. 38 à 41.
(2) Ibid., p. 38.
(3) Le système des prestations en nature du plan Dawes à été modifié ainsi par le plan Young :
« Les annuités conditionnelles pourront être payées en nature, c’est-àdire en livraisons de marchandises ou en travaux, mais seulement pendant les dix premières années pour un montant qui n’excédera pas 150 millions de R. M. et s’abaissera progressivement à 300 millions; la part de la France dans ces livraisons en nature sera de 54,45 p. 100. »
ou de moyenne importance permettant l’utilisation des prestations en nature.
D'autre part, les travaux d'amélioration des voies nav’gables rendant service dans un très bref délai à de nombreuses collectivités, celles-ci semblent devoir être plus facilement disposées à accorder leur concours financier pour l'exécution de ces travaux.
Par conséquent, limités financièrement comme nous le sommes et comme nous le serons encore longtemps, il convient de dédaigner les apparences et de s'attacher à la réalité. Aux gouvernements futurs de ne pas disperser leurs efforts s’ils veulent que ceux-ci soient efficaces; leur devise doit être en matière de navigation intérieure « Faisons peu, mais faisons bien. »
Il faudra donc employer nos modestes ressources financières pour les travaux d'amélioration des voies navigables qui présentent le plus d'intérêt pour l’ensemble de l’économie nationale et remettre à une date ultérieure, impossible à déterminer dès maintenant, les travaux qu'il pourrait y avoir à entreprendre dans telle ou telle région, quelle que puisse en être l'importance locale ©.
Les améliorations à effectuer porteront sur la voie, le matériel et la traction.
SECTION PREMIERE