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TRAVAUX D'APPROFONDISSEMENT

L'approfondissement serait de tous les travaux d'amélioration le plus utile : il permettrait l'accroissement de la portée en lourd des péniches, du moins de celles dites flamandes, c’est-à-dire de celles qui sont réglementées d’après les termes de la loi de 1879.

La plupart de nos voies navigables ont une profondeur de 2 mètres. À l’enfoncement de 1 m. 80, la péniche flamande porte 270 tonnes; à celui de 2 m. 20, car elle peut naviguer à cet enfoncement, elle porte 350 tonnes.

Or, on peut faire naviguer des péniches avec un mouillage de 2 m. 20, il suffit que l’enfoncement ne dépasse pas 2 mètres, pour cela il n’y a qu'à approfondir le canal, point n’est besoin de l’élargir; nous avons vu qu'on pouvait même, sauf au passage des ouvrages d’art, obtenir une profondeur supplémentaire de 0 m. 20 (quand les berges sont suffisamment élevées) par une simple élévation du plan d’eau; dans ce cas, il suffit de remplir un peu plus le canal: on obtient de même par là, grâce à l'inclinaison des berges, un élargissement du plan d’eau, ce qui facilite les croisements.

Or nous savons que les dépenses d'exploitation des péniches sont indépendantes du tonnage transporté, sauf celle de traction qui tient à un accroissement de la résisjance de l’eau, mais la dépense de traction n’est qu'une faible fraction des dépenses totales. On peut donc aflirmer qu'à l'augmentation de la portée en lourd correspond une réduction des dépenses d’exploitation et par suite du

prix du fret.

\ Allongement des écluses.

Sur un certain nombre de nos voies d’eau, les écluses sont trop petites et ne permettent pas le passage des péniches réglementaires, qui ont 38 m. 50 de long. Certaines écluses du canal du Nivernais n’ont encore que 30 mètres de longueur, ce qui nécessite des transbordements, augmente par conséquent les frais, les pertes de temps et contribue à réduire le trafic.

Sur d’autres voies, les écluses ont bien les dimensions suffisantes, mais elles ne permettent l’éclusage que d’un seul bateau à la fois, ce qui occasionne encore des pertes de temps : il y aurait un grand avantage, sur les voies les plus fréquentées, à allonger les écluses de manière à permettre, comme sur la Haute-Seine, l’éclusage du remorqueur et de tout son convoi.

Suppression de barrages et de ponts.

Notre réseau navigable étant, dans l’ensemble, assez ancien, beaucoup de barrages sur certaines voies très fréquentées ont été construits d’après la méthode de l'époque, c'est-à-dire qu’ils sont nombreux et généralement à faible chute; naturellement il ne peut être question de barrages que sur les fleuves ou les rivières. Nous avons vu néanmoins qu’il y en aura de tout à fait modernes sur le grand canal d'Alsace, mais cette voie sera un véritable fleuve artificiel.

Les barrages sont franchis par les bateaux au moyen d'écluses et, comme ils sont iréquents sur nos voies navisables, la navigation subit forcément des retards. A l’époque où furent construits les barrages auxquels nous faisons allusion, on connaissait peu l'emploi de l'électricité; en augmentant la hauteur de chute aux écluses, bien des

barrages seraient susceptibles de fournir de l'énergie électrique. ;

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