‹ La Navigation Intérieure en FranceChapitre 107 sur 124 · AEUAS M MT PS TT · texte numérisé non relu

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Néanmoins, il convient de ne pas fonder trop d’espérances Sur le courant électrique que pourraient donner certains barrages; en effet, pour augmenter la hauteur de chute aux écluses, il faudrait relever d'autant le plan d’eau en amont, et pour cela établir des digues robustes le long des fleuves, dont le plan d’eau pourrait se trouver parfois plus élevé que la plaine elle-même : nous avons vu que le canal d'Alsace sera construit par endroits en remblais. Avec nos fleuves irréguliers et aux vallées généralement peu encaissées, l’élévation du plan d’eau serait un travail gigantesque et peu rémunérateur. 11 y à là un obstacle d'ordre topographique insurmontable dans la plupart des cas; or il faut tout calculer avec le régime des fleuves. D’un autre côté, le mouillage aurait l'avantage d’être augmenté en amont du barrage, ...ne serait-il pas réduit en aval ? La question est à examiner dans chaque cas particulier.

Pourtant, partout où l'élévation du plan d’eau des rivières peut être effectuée à peu de frais et naturellement sans déranger sensiblement leur régime, la réduction du sombre des barrages et l'augmentation de la hauteur des chutes permettraient à la fois d'accélérer la navigation et de capter l'énergie électrique. Ce sont là des travaux qu'il y 8 le plus grand intérêt à exécuter, d’ailleurs il n’y a guère que la Seine qui permette d'envisager la possibilité de grands travaux de ce genre. Naturellement le plan d’eau surélevé diminuerait d'autant la hauteur libre sous les ponts.

Or, sur la Seine, la navigation est gênée déjà par de nombreux ponts, dont le tirant d'air est insuffisant ou dont les arches sont étroites et dangereuses pour la batellerie et gênantes pour l'écoulement des crues.

Par ailleurs, beaucoup de ces ponts portent des chaussées étroites peu en rapport avec la circulation actuelle des véhicules. Il conviendrait donc de remplacer successivement les vieux ouvrages par des modernes adaptés,

pour la hauteur aux besoins de a batellerie et pour la largeur à ceux de la circulation routière.

Le rapport Bedouce indique les travaux d'amélioration des voies existantes prévus soit par les « crédits outillage national », soit par les « crédits budgétaires » de l’exercice 1932.

a) Crédits outillage national. — Ces crédits s'appliquent: 4° aux voies navigables du Nord et du Pas-de-Calais (reconstruction d’un pont, travaux d'infrastructure du port de Lille sur le canal de la Deule, reconstruction de quatre écluses sur l’Escaut, substitution de ponts fixes à des ponts mobiles du canal d’Aire, construction d’un garage pour bateaux à Bouchain-sur-l'Escaut, amélioration de la Colme); 2° améliorations sur le canal de la Marne au Rhin et embranchements; 3° amélioration du canal du Rhône au Rhin; 4° amélioration de la Saône, reconstiruction d’une écluse; 5° canal latéral à la Garonne, canal du Midi et canal de Sète à Beaucaire (remplacement des ponts suspendus par des ponts en béton armé, dragages et dérasement des seuils rocheux); 6° amélioration de la Seine (construction d’une grande écluse); 7° défense de Paris contre les inondations.

b) Crédits budgétaires de l'exercice 1932 : 1° région du Nord : on poursuit l'amélioration progressive de la ligne de Dunkerque à Janville en vue de faire passer le mouillage de 1 m. 80 à 2 m. 20; on poursuivra l'exécution des travaux d'amélioration de la grande voie reliant Dunkerque à Béthune, de la Deule et de l'Escaut, et aussi l'amélioration du canal de Saint-Quentin; 2° Seine : à l'aval de Paris, on reconstruit les écluses d’Amfreville-sousles-Monts au moyen d'un marché passé par application du plan Dawes et on supprimera le barrage de Martot, qui est dans un état extrêmement inquiétant. Dans la région de Paris et aux abords, on achève le programme qui avait

pour but de mettre Paris à l’abri des inondations, en faci- ;

litant l'écoulement des crues, et subsidiairement d'amé-

liorer la navigation entre Port-à-l’Anglais et Bougival. En amont de Paris, on reconstruit des barrages arrivés à la limite de l’usure et on en profite pour réduire le nombre des chutes; 3° canal de la Marne au Rhin et rivière de Marne; de nombreux travaux de détails sont exécutés; 4° canal du Rhône au Rhin : on réalisera l’enfoncement réglementaire de 1 m. 80 sur toute sa longueur; 5° Saône : des écluses nouvelles de 150 m. 40 sur 16 m. seront construites; 6° canal du Rhône à Sète : des travaux d’amélioration et d'approfondissement sont continués; 7° canal de la Somme : reconstruction de ponts; 8° travaux divers des améliorations de détail seront poursuivies sur toutes les voies navigables.

Le rapporteur conclut : « Tout cela ne constitue qu'une très faible part du programme de 1929. Même en supposant que les crédits supplémentaires dits d'outillage national pourraient se renouveler tous les ans, il faudrait vingt ans pour réaliser l’essentiel de ce programme. »

Le rapporteur consacre ensuite de longs développements au canal du Midi et au canal latéral à la Garonne et même au canal maritime des Deux Mers.

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