A. — VOIES NAVIGABLES NATURELLES
« L’inconvénient principal d’une rivière à l’état naturel est que le mouillage y est très variable avec les saisons en même temps que le débit. » 6).
On peut y remédier, en divisant la rivière en un certain nombre de biefs, séparés par des barrages construits en travers du lit, de manière à relever le niveau supérieur à l’amont et offrir à la batellerie un mouillage suffisant. Les barrages sont généralement mobiles, c’est-à-dire qu’on peut les enlever quand il est besoin de restituer à la rivière tout son lit, par exemple en cas de crue; ils sont dits fixés dans le cas contraire.
La communication entre deux biefs consécutifs est étabiie au moyen d’une passe ou pertuis qu'on peut ouvrir ou fermer à volonté au moyen d’une écluse constituée par un bassin à sas muni de portes à ses deux extrémités, de façon à pouvoir le relier tantôt avec l’amont, tantôt avec l'aval.
Lorsqu'une rivière est ainsi divisée au moyen de barrages, elle est dite canalisée; dans le cas contraire, elle
(&5) Id, ibid., p. 4 et 2.
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est libre; il y a donc deux sortes de voies navigables naturelles : les rivières à courant libre et les rivières canalisées (6).
La rivière a un régime; c’est l’ensemble des phénomènes qui se produisent dans ses états successifs : les deux plus caractéristiques sont l’étiage et le niveau des plus hautes eaux (1).
L'étiage, en chaque point d’un cours d’eau, est le niveau des basses eaux normales, celles qui se produisent généralement chaque année; ce niveau ne correspond pas au minimum connu du débit, mais au débit constaté sur plusieurs années.
Le niveau de l’étiage est relativement fixe pour les cours d’eau qui ont surtout un débit liquide,. mais il n’en est pas de même pour ceux qui roulent en même temps des matières solides, telles que les galets, les graviers et les sables, comme le Rhône par exemple; aussi de temps en temps il faut reviser le niveau de l’étiage.
Il convient aussi d’être renseigné sur le niveau des plus hautes eaux, c’est-à-dire celui qui est le plus élevé de ceux qui se sont produits lors des grandes crues qui font sortir le fleuve de son lit et qui inondent la vallée, cela afin de déterminer la hauteur des ouvrages qui doivent être iusubmersibles.
Le niveau des plus hautes eaux est celui à partir duquel la navigation cesse : il est généralement déterminé en dehors des difficultés et des dangers résultant de la vitesse du courant par la hauteur dont dispose la batellerie sous les ponts.
On voit donc que la navigation est possible à partir de l’étiage, niveau des basses eaux normales, jusqu’au niveau des plus hautes eaux.
Les eaux moyennes sont, d’une façon générale, celles
(6) Id., ibid., p. 2.
(1) Id., ibid., p. 77 à 19.
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qui, se produisant pendant une partie de l’année, assurent à la navigation un mouillage convenable sans que leur vitesse soit assez grande pour devenir gênante.
Le lit mineur est le sillon dans lequel se maintiennent généralement les eaux; le lit majeur est constitué par la partie de la vallée recouverte par les plus hautes eaux.
Le débit solide peut provoquer certaines modifications aux seuils (hauts fonds) et aux mouilles (bas fonds).
Enfin, les biefs sont en pente et séparés par des écluses.