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B. — VOIES NAVIGABLES ARTIFICIELLES

S'il n'y a pas de rivière ou s’il y en a une mais qui ne peut pas être régularisée, on fait un canal, c’est-à-dire une voie artificielle, à peu près sans défaut. Si le canal est construit dans la vallée même et plus ou moins parallèle à la rivière, on fait un canal latéral; maïs quand il s’agit de passer d’une vallée dans une autre, et par conséquent de franchir la ligne de partage des eaux, on fait un canal de jonction ou à point de partage.

Un canal est donc une voie d’eau créée de toutes pièces et composée de biefs horizontaux, car il n’y a pas de courant, reliés par des écluses.

Ainsi, nous trouvons en France des canaux latéraux à la Loire; à la Garonne, à l’Oise et à l'Aisne, et des canaux à point de partage comme celui de Saint-Quentin, à cause du bief de partage qui réunit la Somme à l'Escaut, de même le canal de la Marne au Rhin qui a plusieurs points de partage comme le souterrain de Mauvages, qui fait -communiquer la Marne avec la Meuse.

: Détermination de la section transversale d’un canal ®.

La section transversale d’un canal dépend des bateaux qui sont appelés à y circuler.

(8) Cf. Cuënot, Rivières canalisées et canaux, p. 471.

Ro

Nous avons vu qu'aux termes de la loi de 1879, les bateaux fréquentant les lignes principales devaient avoir 38 m. 50 de longueur, 5 mètres de largeur et un enfoncement ou tirant d’eau de 4 m. 80 pour un chargement de 300 tonnes.

On remarque une différence de 0 m. 20 seulement entre le mouillage et le tirant d’eau, ce qui est une bien faible revanche %), aussi le plafond qui correspond à la profondeur de 2 mètres est-il appelé souvent plafond théorique.

Il faut que deux bateaux puissent se croiser, c’est-àdire qu’à 0 m. 20 au-dessus du plafond théorique la largeur de la section doit être de 10 m. 60 représentant la largeur de deux bateaux, soit 10 mètres, et la revanche de 0 m. 20 nécessaire entre les parois des bateaux d’une part, entre leur paroi extérieure et le talus de la cuvette d'autre part.

La largeur du plafond théorique est de 10 mètres: la surlargeur de 0 m. 60, qui est strictement nécessaire pour le croisement de deux bateaux, est obtenue grâce à l’inchinaison des talus qui sont généralement réglés à 3 mètres de base pour 2 de hauteur, car les berges, pour des raisons de solidité, ne doivent pas être verticales, ce qui exigerait de coûteux travaux de maçonnerie.

« La revanche de 0 m. 20, ménagée entre les parois du canal et des bateaux, n’est généralement pas suffisante. Le plafond s’envase et s’ensable; les talus se déforment et s’adoucissent par le pied. Il en résulte que les bateaux naviguant avec leur tirant d’eau maximum viennent bientôt labourer le fond ou toucher les parois de la cuvette au moment des croisements. Il faut alors draguer, dévaser et même désherber. » (0).

L'Administration s’est (préoccupée de cette situation

(9) Revanche a le sens de marge ou d'écart.

(10) Cuënot, Rivières canalisées et canaux, p. 471.

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