À. — INCONVÉNIENTS D'ORDRE TOPOGRAPHIQUE
Les fleuves qui naissent du Massif Central ont donc pour
caractéristique une divergence très nette, plusieurs sont des torrents sur une partie de leur cours, si bien que pour “mettre en communication le centre du territoire français, par voie navigable, avec le littoral, il faudra exécuter des travaux d’art considérables, de même pour faire communiquer deux ou plusieurs vallées entre elles.
__ Les fleuves français ne descendent pas tous du Massif Central; certains prennent leur source dans les Pyrénées, dans les Alpes ou ailleurs, c’est-à-dire dans des montagnes fort différentes et à des hauteurs variables: aussi à leur divergence il convient d'ajouter la diversité de leur régime. La Seine n’est pas comparable au Rhône ni la Loire à la Garonne; il n’y a pas pour nos fleuves un type prédominant comme pour les fleuves russes, par exemple; chez nous, chacun a son individualité propre.
Le remède apporté à la divergence de nos fleuves a été la construction de canaux de jonction et celui apporté à la variété de régime, ou aux changements de régime du même fleuve suivant les saisons, a été la construction de canaux latéraux.
On peut se rendre compte par là même que la France
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se trouve moins favorisée que l'Allemagne pour la construction d’un réseau navigable; dans ce pays, nous rencontrons une série de fleuves sensiblement parallèles et qui ont des régimes assez semblables, si bien qu'avec quelques voies artificielles transversales, l'Allemagne a pu être dotée et à peu de frais d’un réseau de voies navisables unique en Europe; en Allemagne, le réseau est en majorité naturel, il est en France en majorité artificiel; pour obtenir ce résultat, notre pays s’est parfois lancé en faveur des canaux dans une politique désastreuse pour nos finances; c’est ce qui faisait dire à un député allemand avec un peu d’ironie, mais avec une grande justesse d'expression, que la France était le « paradis des canaux » G).
Un autre inconvénient du système hydrographique français provient de ce que le sol y est relativement accidenté, ce qui rend parfois le nombre des écluses considérable, et par suite des mouvements de terrains, sur la plupart des fleuves, la pente faible qui ramène le courant à une vitesse modérée est due souvent à des méandres qui allongent singulièrement le parcours et augmentent les pertes de temps et les frais de transport.