‹ La Navigation Intérieure en FranceChapitre 52 sur 124 · ET OES · texte numérisé non relu

ET OES

N tendance à amener celui-ci à la rive, tendance qui »st combattue par l’action du gouvernail ou par une façon particulière d’attacher la remorque au bateau.

L'’axe du bateau est donc un peu oblique par rapport à la direction à suivre : la pression de l’eau développée sur le flanc du bateau par suite de cette inclinaison suffit pour compenser l'attraction à la rive, mais elle augmente d'autant l’effort à exercer par les haleurs.

Beaucoup d’autres circonstances peuvent encore influencer la marche du bateau.

Le vent, surtout quand le bateau est vide et par conséquent émerge, exerce une grande influence : s'il est debout, il agit comme une force directement opposée et repousse le bateau; s’il souffle de côté, il oblige le bateau à se placer très obliquement sous peine de se jeter à la rive, ce qui augmente encore l'effort des haleurs.

À la remonte, le halage est pénible, mais sûr; le bateau se guide à volonté : la vitesse absolue est faible, mais le gouvernail a toujours une action due à la vitesse relative du bateau et de l’eau.

C'est le contraire à la descente, car le bateau ne peut bign gouverner que s’il a une vitesse sensiblement supérieure à celle du courant. Le halage est difficile, mais peu pénible; il faut même souvent suppléer à l'insuffisance du gouvernail en se servant d’avirons et de gaffes.

Pour que le halage en rivière soit vraiment commode, il faut que le chenal soit assez près de la rive, il faut ensuite allonger la remorque et la faire passer à une hauteur suffisante pour éviter son frottement sur la berge : beaucoup de bateaux sont à cet effet munis d’un mât, et on prend aussi la précaution de débarrasser la berge de toute végétation.

Le halage en rivière nécessite peu d'hommes, il faut surtout utiliser là des chevaux, des ânes et des mulets.

Les chevaux sont habituellement par « courbes » : on

rar

entend par cette expression une paire de chevaux sous la conduite d’un charretier. Ceux-ci peuvent appartenir au marinier et dans ce cas, ils sont logés à bord dans une écurie : d’autres sont loués par des charretiers ou des agriculteurs, on les appelle les haleurs aux longs Jours; ils font ainsi un certain nombre d'étapes avec le même bateau; d'autres sont groupés en relais par des industriels ou par l'Etat.

Quand les chevaux appartiennent au batelier, celui-ci en fait ce qu'il veut, mais il en est aussi quelquefois embarrassé pendant le chômage, les crues, les glaces et les opérations d'embarquement et de débarquement.

Le halage aux longs jours a un inconvénient : les propriétaires peuvent à tout moment avoir besoin de leurs chevaux et les reprendre, pour la moisson par exemple, et alors les mariniers se trouvent à la merci des haleurs de profession et on comprend ainsi comment les prix du halage aux longs jours subissent d'énormes et brusques variations; le halage par relais est celui qui présente le plus d'avantages : c’est le seul qui doive être maintenu.

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