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C. — HALAGE A VAPEUR

L'emploi de la vapeur a marqué un grand progrès dans le halage des bateaux : d’abord il n’est plus besoin d’entretenir un chemin de halage, ensuite ce nouveau mode de traction permet un accroissement de vitesse et une augmentation du parcours journalier.

Sur les fleuves et les rivières à courant libre et à mouillage médiocre et irrégulier, les roues à aubes sont plus appréciées que l’hélice : elles agissent à la surface, exigent une moindre profondeur d'eau et ñe sont pas exposées à des chocs sur les hauts-fonds. |

Au contraire, sur les cours d’eau à grand mouillage, la supériorité de l’hélice est incontestable; elle n’est pas

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encombrante comme les roues avec leurs tambours, surtout sur les rivières canalisées : on pourrait également placer les roues à aubes à l’arrière du bateau, mais l’hélice est de beaucoup le meilleur propulseur.

C'est en partant de ce principe que sur le Rhin et le Rhône les remorqueurs sont à aubes et sur la Seine à hélice.

La complète immersion de l’hélice est une condition de son emploi; or la roue a demi immergée est avantaseuse dans les difficultés qui peuvent venir des herbes flottantes ou des roseaux : il est difficile de dégager l'hélice; par contre, on dégage facilement la roue @).

De même, le propulseur peut être appliqué au bateau lui-même qui porte les marchandises, c'est le cas du bateau à vapeur porteur.

Enfin, on peut aussi faire un bateau spécialement pour tirer les autres, c’est le cas du remorqueur.

La marche des bateaux à vapeur porteurs est assez rapide, surtout sur les rivières non canalisées : ils vont difficilement sur les canaux et les rivières canalisées, à moins que ces voies ne soient à un gabarit spécial, car le bateau porteur, surtout s'il est à aubes, est très large.

De plus la machinerie tient de la place au détriment de la marchandise transportée; d’autre part, elle ne sert pas pendant les opérations de chargements et de déchargements, par conséquent l’emploi de la vapeur est onéreux à cause de l’amortissement, qui est forcément long.

D'ailleurs, les automoteurs porteurs sont peu nombreux : on en rencontre quelques-uns sur la Seine et qui

(2) Il est d’ailleurs à remarquer que dans la plupart des colonies et des pays neufs le bateau à aubes est beaucoup plus fréquemment employé que celui à hélice. Cela tient à deux raisons : d’abord parce qu’on connaît mal les fleuves et ensuite parce que les avaries de la roue à

aubes sont plus facilement réparables que celles de l’hélice.

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vont même jusqu'en Angleterre; il convient de remarquer qu'ils fonctionnent presque tous au pétrole.

Au contraire, le nombre des remorqueurs à tendance à augmenter partout : sur la Seine, on fait maintenant des convois de dix et douze bateaux; il faut, pour haler des poids aussi considérables, des remorqueurs puissants. Ils Sont avantageux surtout sur les rivières à courant libre et sur les rivières canalisées, où les écluses sont assez grandes pour permettre le passage du remorqueur et de tout le convoi en même temps.

Sur la Seine, les remorqueurs sont tous à peu près du même genre, mais pour être complet, nous sommes obligés de dire quelques mots sur le remorqueur rhénan &).

Tandis que les chalands qui circulent sur le Rhin peuvent être ramenés à un type uniforme, les remorqueurs Yÿ varient énormément, suivant les différentes sections du fleuve, établies elles-mêmes d’après le mouillage et d’après la vitesse du courant.

Il faut remarquer que si, sur la Seine, on trouve maintenant des remorqueurs à pétrole, ceux qu’on rencontre sur le Rhin sont tous à vapeur, et cela se comprend, puisque le charbon n’est pas rare dans les pays que traverse le Rhin.

En principe, ces remorqueurs sont à hélice quand le tirant d’eau est de deux mètres; quand il est inférieur à deux mètres, ils sont à aubes : certains se trouvent avoir ainsi une largueur de 19 à 20 mètres !

Le tirant d’eau d’un remorqueur doit être égal au plus à l’enfoncement minimum des chalands remorqués aux plus basses eaux utilisables. Le chaland peut être déjaugé quand les eaux baissent; pour cela, il suffit de le décharger partiellement; avec le remorqueur il est impossible d’en faire autant; mais il va sans dire que, suivant que les eaux

(3) Cf. La Navigation française, Strasbourg, 1926, p. 105 à 111.

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