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E. — CONCURRENCE DES BATEAUX ÉTRANGERS

Une autre cause des difficultés que rencontrent actuellement les transporteurs par eau est l'apparition récente sur les voies navigables françaises de bateaux étrangers, généralement belges et construits en grande partie en Hollande ou en Allemagne (1).

À l'abri de circulaires anciennes toujours en vigueur et contrairement à l’esprit de la loi, beaucoup de bateaux étrangers circulent sur nos voies navigables, et comme les mariniers qui les conduisent n’ont pas les mêmes charges fiscales que les mariniers français, ils peuvent accepter d'effectuer des transports à des prix beaucoup trop bas, ce qui provoque une baisse injustifiée et excessive de certains frets. Cet état de choses, qui est une

(17) Il convient de remarquer que la proportion des automoteurs est beaucoup plus forte en Belgique et en Hollande qu’en France; souvent, en constatant le nombre assez considérable d’automoteurs étrangers qu’on voit circuler sur nos voies d’eau, on serait tenté de déduire que la batellerie française est en retard au point de vue technique sur telle ou telle des pays voisins du nôtre. Or il n’en est rien. Si les automoteurs sont plus répandus en Belgique et en Hollande qu’en France, cela tient à ce que les réseaux navigables de ces pays sont beaucoup plus denses que le nôtre et à ce que, à l’inverse de ce que l’on rencontre en France, les voies navigables se coupent souvent à angle droit, ce qui gêne considérablement la traction sur berge : de plus, beaucoup de ces automoteurs font du cabotage sur les côtes; enfin il faut bien reconnaître que le crédit fluvial, qui est inexistant chez nous, est bien organisé en Belgique et eu Hollande.

\ conséquence de la crise qui sévit plus durement peut-être chez nos voisins que chez nous, provient de ce que les transports par voie d’eau intérieure ne sont pas protégés contre la concurrence étrangère, alors que les autres transports par voie d’eau, soit par mer, soit même par le Rhin, sont en partie ou en totalité réservés au pavillon français.

« Bien plus, l'Administration elle-même remet ses propres transports dans certains cas au pavillon étranger, malgré les circulaires ministérielles prescrivant de s’adresser aux entreprises françaises. » (18),

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