A. — GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
Le Congo change plusieurs fois de nom, suivant les contrées qu'il traverse ; il est formé de deux bras
Bibliographie : Archwes diplomatiques^ 1888; — Rapport au roi sur l'Etat du Congo ^ janvier 1897 ; — Atlas Schradsr et Atlas Vidal-Lablache, cartes d'Afrique ; — The Daily Mail commercial Map of Africa (George Philip, London ; — Bulletin du comité de l'Afrique française, dernières années ; — Fauchille, L'Annexion du Congo à la Belgique {Rev. de droit internat, public, 1895, n» 4) ; — Lanier, L'Afrique, 1897 ; — Laveleye, La Neutralité du Congo (Rev. de dî'oit internat., 1883, n*» 3) ; — Liebre- RECHTS, Léopoldville, Publication de l'Etat indépendant du Congo, n» 2 ; — Revue de Belgique, décembre 1882 ; — Stanley, A travers le continent mystérieux ; Daîis les ténèbres de l'Afrique; — Wauters, L'Etat indépendant du Congo ; — Weyl, Le Congo devant l'Europe.
principaux : le Tchambézi et le Loualaba. Le Tchambézi qui prend sa source entre les lacs Tanganyka et Nyassa, coule d'abord vers le Sud-Ouest, il entre dans le lac Bangouelo, dont il sort au Nord sous le nom de Louapoula ; il traverse ensuite le lac Moëro. Avant de rencontrer le lac Landji, il reçoit le deuxième bras, appelé Loualaba, originaire des grands plateaux bordant le Haut-Zambèze. Il reçoit ensuite à droite les eaux du lac Tanganyka qui se déversent par le Loukouga. Là commence le Congo proprement dit, qui coule dans la direction du Nord en s 'infléchissant vers rOuest, puis vers le Sud, de manière à former une immense boucle qui traverse l'Equateur à deux reprises et arrive à la mer vers le 6® latitude sud, c'est-à-dire à peu près à la hauteur où se sont réunis les deux bras du Loualaba et du Louapoula. De nombreux accidents de terrain se trouvent sur sa route, et il les franchit par une série de rapides dont les plus connus et les plus importants sont les Stanley-Falls, sous l'Equateur, et les chutes de Livingstone, après le lac de Stanley-Pool, entre Brazzaville et le Matadi.
Ses affluents principaux sont à droite, entre le Loukouga, l'Arouhimi, TOubanghi etl'Alima; à gauche, le Louami, le Koua, seule issue d'un nombre infini de rivières qui sortent de la région de Lounda, telles que le Kouango, le Kasaï et le Mfini, déversoir du lac Léopold IL
Dans la partie moyenne de son cours, le Congo est
PILLIAS
un superbe cours d'eau coulant plein de majesté, large parfois de quinze à seize kilomètres, traversant des contrées d'une richesse incomparable et habitées par une population d'une densité extraordinaire. Toutes ses rives sont ombragées d'immenses forêts où la végétation tropicale éclate dans toute sa splendeur (1). Il n'y a donc pas à redouter que la navigation sur ce fleuve périclite, faute d'un fret suffisant.
Le Congo se jette dans la mer par un très grand estuaire de dix-sept kilomètres de large ; la force de son courant est considérable en cet endroit, comme l'ont observé maints navigateurs : à 450 kilomètres, il colore les eaux de l'Atlantique d^ine teinte brunâtre; à soixante kilomètres, ses eaux sont encore jaunâtres ; à vingt-deux kilomètres, l'eau de la mer à la surface est douce. On a évalué à 40 ou 50,000 mètres cubes la masse liquide qu'il roule, et à 72,000, au temps des pluies, à 350 millions de mètres cubes, la quantité annuelle d'alluvions apportées par lui dans la mer (2).