C. Le Bas-Niger, des chutes de Boussa au delta
D. Le delta du Niger.
A. — Le HAUT-NIGER.
Les eaux deviennent navigables à partir de Karoussa la plus grande partie de Tannée, et le lit sablonneux n'offre aucun danger sur une longueur de 275 kilo-
(1) Dahomey^ Niger , Touareg.
mètres, jusqu'à Kangaba (i). Un projet de chemin de fer est à Tétude, afin de relier la Guinée française au Soudan ; il partirait de Konakry et aboutirait précisément à Karoussa.
Après Kangaba, la sécurité est moins grande jusqu'à Bammako, néanmoins le Niger, en exceptant la saison sèche, reste navigable. Un balisage serait nécessaire au moment des crues.
B. ~ Le NIGER-MOYEN.
A Bammako, se trouve une série de rapides qui rend toute utilisation du fleuve impossible sur une longueur de 70 kilomètres, jusqu'à Koulikoro (2). C'est à Koulikoro que commence la navigation proprement dite du Niger qui se poursuit jusqu'à la mer. A Koulikoro, les bateaux à vapeur peuvent passer pendant plus de la moitié de l'année, et les embarcalions de 50 tonneaux pendant toute Tannée.
C'est probablement vers cette section du fleuve qu'aboutira le chemin de fer de Kayes au Niger (3).
De Sansanding à Mopti, les petits bateaux à vapeur
(1) Nous empruntons ces renseignements, ainsi que ceux qui vont suivre, à des récits d'explorateurs, et aux documents contenus dans les numéros du commencement de 1899 du Bulletin du Comité de l'Afrique française.
(2) Atlas Vidal-Lablache, carte n*» 125 ; — Lanier, l'Afrique, p. 426.
(3) Ce chemin de fer fonctionne déjà de Kayes à Bafoulabé, longeant le fleuve du Sénégal qui est innavigable en cet endroit ; il est en projet de Bafoulabé au Niger.
peuvent remonter ou redescendre pendant toute saison, et les bateaux de fort tonnage calant 1™, 50 à 2 mètres, pendant huit ou dix mois. Cette section du fleuve est actuellement parcourue par nos canonnières.
Un peu en amont de Mopti, deux routes s'offrent aux bateaux : la première par Ouagouaka, la deuxième traversant le lac Déboé ; celle-ci est suivie par les chalands de ravitaillement; elle a toujours au moins 50 centimètres de profondeur ; la deuxième est meilleure et a toujours au moins un mètre ; mais il faudrait faire sauter quelques roches qui, en certains endroits, entravent le passage.
On arrive ainsi aux lacs situés près de Tombouclou, la capitale autrefois mystérieuse du Soudan qui forme, dans différents projets du chemin de fer transaharien, le point de rencontre de cette ligne avec le Niger. Cette ville possède deux ports : Karieta-Kawiconnie, sur le Niger, et Kabara, h cinq kilomètres du fleuve et à sept kilomètres de Tombouctou, relié au Niger par un chenal.
De Kabara c^ Say, le fleuve est partout navigable, sauf en quelques endroits, notamment à Ansongo, où des roches surgissent du fond ; mais on peut quand même passer, et le commandant Galliéni a pu dire, en 1888 : « Il est permis de croire que des travaux, peut-être peu importants, ouvriraient un passage entre le Bas et le Moyen-Niger ». A Sinder commencent des cailloux et des rapides ; mais les embarca-
tions indigènes qui ont \0 mètres de long peuvent naviguer jusqu'à Say. De Say à Boussa, se trouvent quelques récifs qu'il serait, paraît-il, facile d'anéantir. On pénètre ensuite sur le territoire anglais où les rapides de Boussa forment une barrière, mais non insurmontable, car « le capitaine Toutée arriva à la mer dans la même embarcation qui l'a porté au travers des chutes de Boussa, jusqu'au Sahara français » (I).