‹ La navigation, poeme de Bernardino Baldi, traduit de l'italienChapitre 10 sur 41 · LA NAUT1CA. 1.1 BRO I · texte numérisé non relu

LA NAUT1CA. 1.1 BRO I

Nè stiasi pigro allor che già si vede Dal mar coi vaso in porto; anzi bel cerchio Tessa di fronde e fiori, e ne coroni O la poppa o la prora; indi sul lido Al sol distenda in maestrevol giro Le bagnate ritorte, e con pure acque Lavi del legno il fianco; e da la fosca Pece scuota 1’ umor salso e fangoso.

Se fia quai udito bai pronto e veloce Il servo, potrà poi quando le tempie Imbiancato gli avran le cure e gli anni , Tener quel seggio ove seder solea Riguardevole in vista il vecchio inastro;

Nè creda quei che ’n suo legnetto lieve Cantando osa solcar placido lago,

Gorrer cos'i fra le procédé e 1’ onde De l’ implacabil mar l’ incerte vie.

Deve il nocchier, se di tal nome indegno Esser non vuol, prudenza, ingegno ed arte Con 1’ etate aver giunto , e saper corne Si torni vincitor da gli aspri assalti Ch’ adirato Nettuno a’ legni muove.

Dee de’ lu mi celesti i nomi e ’l corso Tutti aver conti ; e perche vie più tardo De gli altri segni in mar caggia Boote.

Dee conoscere i venti, e saper quanti

LA NAVIGATION. LIVRE I. fif>

se ralentisse point; qu’il forme des guirlandes de feuillages et de fleurs pour couronner la poupe ou la proue; qu’il étende ensuite au soleil, sur la plage, en les tournant avec adresse, les cordages mouillés ; qu’il lave avec de l’eau pure les flancs du bâtiment et enlève la vase retenue par la poix.

Le matelot alerte et agile, tel qu’il vient d’être décrit, pourra ensuite, lorsqu’il aura été blanchi par les années et par les travaux, occuper la place élevée où siégeait avant lui le vieux pilote. Mais que celui qui , dans une légère barque et en chantant, se hasarde à sillonner un paisible lac, n’aille pas croire qu’il pourra parcourir ainsi les routes incertaines de l’implacable mer, à travers les écueils et les tempêtes. Le marin, s’il veut être digne de porter ce nom, doit à l’âge unir la prudence, le discernement, l’habileté, et savoir comment on revient vainqueur des rudes assauts que livre aux navires Neptune en courroux. Il doit connaître le nom et le cours des étoiles , et savoir que Bootès(i) tombe dans la mer beaucoup plus tard que les autres constellations. Il doit également distinguer les différentes sortes de vents r

(i) Bootès ou Bouvier, constellation voisine de la grande Ourse, et qui paraît suivre le Chariot.

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Sieno i maggior’, quanti i minori, e quale Natura alibia ciascuno, e da quai parte Muovan , quando lor Eolo allenta il freno :

Giove ad Eolo dà legge , Eolo castiga Gl’ impetuosi venti; i venti impero Ne’gran campi de l’aere anno, e de Fonda; Quinci cauto rettor F occulte frodi Dee con occhio cervier gran tempo innanzi Di Giunon preveder, d’Eolo e di Teti ;

Nè lasciarsi allettar da finto riso D' onda che dolce tremi, o d’aura lieve Che ’l vélo in alto lusingando chiami.

Tal sia dunque il nocchier. Ma perché parmi Tempo ornai d’ insegnar quando si tronchi La selva a’ colpi di taglienti ferri;

Forz’ è che io lasci il lido , e ’l passo volga Al bosco ,• ove fra l’ombre il fabbro assiso Duolsi di perder tempo, e Fora indarno Neghittoso passar, che tace e fugge.

Leggiadre ninfe, onde le verdi piante Anno il natio vigore, anno la vita;

Si chè uscite dal suol tenera verga,

Tosto crescendo al ciel ch’ a se le chiama Spandon F orride braccia , io da voi chieggio Perdon, vi chieggio, e d’impetrarlo spero.

Se giusto è il mio désir, ned io son quale Erisitton, che di nefario stuolo

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savoir quels sont les principaux , quels sont les intermédiaires, de quel point ils soufflent lorsque Éole leur lâche la bride. Jupiter soumet Éole à sa loi ; Éole châtie les vents ; les vents régnent dans les vastes champs de l’air et des ondes; c’est donc au pilote circonspect et clairvoyant à prévoir longtemps à l’avance les pièges que lui tendent en secret Junon, Éole et Téthys; à ne pas se laisser séduire par le sourire trompeur d’une eau qui frémit doucement ou par la légère fraîcheur qui invite les voiles à s’élever. Tel doit être le marini Mais il est temps d’indiquer à quelle époque il faut que les bois tombent sous les coups de la hache acérée. Quittons le rivage et retournons dans la forêt où le bûcheron, assis à l’ombre, regrette le temps perdu et les heures qui s’écoulent dans le silence et dans l'inaction.

Aimables nymphes, vous qui donnez aux arbres la sève et la vie; aux arbres qui, n’étant au sortir de la terre que de tendres tiges, étalent bientôt, en montant vers le ciel qui les appelle, leurs branches menaçantes, j’implore votre pardon ; oui, je l’implore et j’espère l’obtenir, puisque mes désirs sont légitimes et que je ne suis point un nouvel Érésichton (i) qui, à la tête d’une bande sacri-

(i) Erésichton, Thessalien, fils de Triopas, méprisa le culte

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Duce, solo a vostr’onta i sacri rami Non temè d’atterrar, vibrando intorno L’importuno rigor de la bipenne.

Non prima dunque il bosco il fabbro assaglia Di scure armato, o di dentata lama,

Che non veggia a l’occaso innanzi l’alba Giunte d’ Atlante le dolenti figlie ,

E ’n eiô segua colui che ’l curvo aratro Formar si vuole, ed uom che si prépara Materia atta ad alzar palazzi e tempj.

Armisi dico allor che ’l primo gielo Sen viene, allor che de le verdi chiome L’ importuno Aquilon scuote le piante ;

E ne la selva entrato , alni ed abêti Querce , olmi , faggi e pini a terra mande , Perché nulla stagione opra ne porge In cio miglior; poichè l’umor che rende Gli arbor’ vivi e pregnanti , a le radici Sotterra si raguna , ove dimora Fin che Venere arnica aprendo il grembo A la comune madré il mondo veste Di verde ammanto, e di novelle frondi :

Perché s’ avvien che tronco altri recida ,

lége et brandissant importunément la hache à deux tranchants, ne craint pas, en dépit de vous, d’abattre les arbres qui vous sont consacrés.

Que le bûcheron , armé de ,1a cognée ou de la scie, n’aille donc pas attaquer la forêt s’il n’a vu avant l’aurore les tristes filles d’Atlas (i) toucher à l’occident; qu’il se règle d’après l’artisan qui choisit le bois pour former la charrue, et d’après l’architecte qui le destine à élever des palais et des temples. Qu’il s’arme, dis-je, de la hache alors qu’apparaissent les premières gelées, et que l’importun Aquilon dépouille les arbres de leur verte chevelure. Une fois entré dans les bois, qu’il abatte aunes et sapins, chênes, ormes, hêtres et pins; car nulle saison n’est plus convenable pour ce travail, puisque la sève, qui vivifie les arbres et les fait croître, se porte aux racines sous la terre, où elle demeure jusqu’à ce que la bienfaisante Vénus, ouvrant son sein à la mère commune, habille l’univers d’un nouveau manteau de verdure et de feuillages. Que si l’on coupe

de Gérés et abattit une forêt qui lui était consacrée. La déesse, irritée de cette impiété, l’en punit par une faim si horrible, qu'il consuma tout son bien sans pouvoir la satisfaire.

(i) Les Pléiades. Elles étaient sept.

7 ° LA NAtTICA. L1BRO I.

Mentre il vivace umor féconda i rami ,

Di mille vermi rei misera preda Divien in breve, e’n mille parti infermo.

Non perô la stagion cos'i s’osservi ,

Che ne caggia in obblio quanto la luna Ne’ corpi di quà giù possa girando ;

Perché quai crederem che ne le piante Abbia costei poter, s’ or vome or sugge ti’ ampio umor ch’ ondeggiando i lidi frangi Stiasi dunque in disparte il ferro allora Ch’ ella con ampia inargentata fronte Mira 1’ ardente frate, e tutta splende;

E cio fin che si celi , o pur si mostri Con brevi corna , e tal quai già la vide Delo scherzar con la materna mamma : Perché da tutti i corpi allor ritoglie L'umido succo, e’1 pescator ne puote Far ampia fede altrui , che vie men piene Svelle da scogli le sassose conche.

Già tronchi i legni son, già sovra il lido Dà forma il fabbro, e di robuste travi Già d’ alta torre in guisa in verso il cielo S’ erge 1 immcnsa mole, e già combatte Con 1’ orgoglioso flutto ; onde è mestieri Di prepararle fido loco , dove Ricovri allor che la nemica turba De gli animosi figli Eolo disserra.

Varie forma natura a si grand’ uso

l’arbre pendant que la sève féconde ses branches, bientôt il devient la misérable proie des vers qui le rongent en mille endroits et lui font perdre sa vigueur. Mais, tout en observant la saison, il ne faut pas non plus oublier l’influence que la lune, dans ses phases diverses, exerce sur les corps terrestres ; influence que nous devons croire d’autant plus puissante à l’égard des plantes, que cet astre attire et repousse tour à tour les flots qui se brisent sur le rivage. Laissez donc reposer le fer tant que sa vaste face argentée et toute resplendissante contemple l’ardente lumière de son frère; attendez qu’elle se cache ou qu’elle ne se montre plus qu’avec un faible croissant, et telle que Délos la vit autrefois jouant sur le sein de sa mère. Elle absorbe alors le suc nourricier des corps, et c’est ce qu’atteste le pécheur qui trouve presque vides les coquillages pierreux qu’il détache des rochers.

Mais déjà les bois sont coupés, les charpentiers sont à l’œuvre sur le rivage ; déjà l’immense édifice, avec ses robustes mâts, s’élève au ciel comme une imposante tour; déjà il lutte avec les flots orgueilleux : il ne reste plus qu’à lui préparer un lieu sûr, où il trouve une retraite quand Éole déchaîne les vents ennemis.

La nature offre pour cet important refuge une

LA NAUTICA. 1,1 BRO I.

E spiagge e foci e ritirati seni Di mar, che placidissime e tranquille Dolcemente increspate abbraccin l’ onde.

Pochi son perd quelli, ove sicuro Dormir possa il nocchier l’ intere notti,

O dove, allor che ’1 Vento empie le vele , Entri earco di merci a suo talento.

Se fia dunque alcun porto a cui sia infesto Qualche vento crudel , dal primo margo Spingerassi del lido in seno a l’acque Di gran pietre o di travi altéra mole :

Il cui fianco rompendo il vento averso In guisa il chiuso mar difenda e copra,

Che ’l nocchier baldanzoso il curvo pino Fidar gli possa in sen , benchè non ponga O ferro o l’une a sua licenza il freno;

Ma se fia tal , che 1’ agitata sabbia (il ’impedisca le fauci : appunto corne Avviene a quel, che mentre in Adria scendt Porge a’ poveri legni il fiume Isauro :

A spiar la cagione onde cio segua ,

Molto di là da quel che 1’ occhio scorge, Fedele io ti consiglio : i venti opposti Talor ciô cagionaro , e talor anco 11 mar che col suo fiutto al fiume vieta Sgombrarsi in lui da l’arenosa soina ;

grande variété de plages, d’embouchures, de baies retirées, qui embrassent les eaux paisibles, toujours calmes et se repliant doucement sur ellesmêmes. Toutefois, il y a peu de ces retraites où le nautonier puisse dormir toute la nuit en sûreté, ou dans lesquelles il ait la faculté d’entrer à son gré avec sa cargaison, lorsque le vent enfle les voiles. Aussi, un port est-il sous l’influence de quelque vent régnant et impétueux? il faut élever, en la prolongeant au milieu des eaux, à partir de l’extrémité du rivage, une immense jetée faite en pierres ou en bois, dont les côtés, détournant le vent ennemi, défendent et couvrent la mer dans l’enceinte qui la renferme, de sorte que le pilote puisse avec confiance faire mouiller le navire, sans le retenir avec l’ancre ou avec des cordages. Mais si l’entrée du port est encombrée de sables mobiles comme ceux qui existent à l’embouchure du fleuve Isaure (i) qui se jette dans la mer Adriatique et reçoit les petits bâtiments, épiez attentivement la cause de ce phénomène, fort au delà des limites auxquelles la vue s’arrête : il est occasionné, tantôt par des vents qui se contrarient, tantôt par la mer qui empêche le fleuve de décharger dans son sein

(1) Isauro. La Foglia , fleuve d'Ombrie.

LA NAUT1CA. L1BKO I.

Od anco ubbliquo letto ove si giunga In un troppa larghezza e inopia d’ onde.

Io , s’ a me dato fosse elegger loco Ove da l’ alto il combattuto legno Ritrar dovessi, prenderei quel solo,

Ch ’a guisa d’ arco o di novella luna Cheto e plaeido mar chiudesse in grembo ; Ed avesse disposte ambo le corna Si , che ne’ fianchi lor rottesi l’onde Perdessero l’ orgoglio , e eiascun vento Le sue paci turbar tentasse indarno.

Capace ancor s\ lo vorrei , che in seno Gli potesse ordinar prudente Duce D’ armati legni numeroso stuolo ;

Stretto poscia di foce, e si profondo,

Ch’ indi passar dovendo onusta nave Non trovasse ritegno , o ne la sabbia Con l’ imo fondo suo segnasse il solco.

Fra 1’ uno e l’altro corno il varco augusto Chiuderei con catena, onde notturno Nullo temessi e repentino assalto :

Poggiar anco farei verso le stelle Sublime torre, ove potesse il giorno Dimorar 1’ uom , che contemplando il mare Scoprisse i legni che apparir da lunge Quinci vedesse e quindi, e con l’usato Segno il numéro lor, la forma, e d’onde Gli scorgesse venir, mostrasse altrui :

Ove, quando la notte umida e scura

le sable qu'il charrie, tantôt par une colline qui augmente de largeur, à mesure que les eaux diminuent. Pour moi, le lieu que je prendrais, si j’avais à choisir une retraite pour les navires battus par la tempête, serait un enfoncement en forme d’arc ou de croissant, où la mer paisible et calme serait renfermée ; les deux extrémités seraient d isposées de manière que les lames, en s’y rompant , y perdraient leur orgueilleuse impétuosité, et que les vents, quels qu’ils fussent, essayeraient vainement d’en troubler la tranquillité. Je le voudrais aussi d’une capacité telle qu’un chef prudent put y ranger un nombre considérable de bâtiments armés; je voudrais que l’entrée en fût étroite et assez profonde pour qu’un navire chargé pût y passer sans obstacle, ou qu’il marquât seulementsa trace sur le sable. Je renfermerais avec une chaîne le court intervalle laissé entre les côtés opposés, de peur de quelque surprise nocturne etsoudaine. J’élèverais vers les étoiles une énorme tour, au haut de laquelle serait placé pendant le jour un gardien qui, les yeux fixés sur la mer, découvrirait les bâtiments qui apparaîtraient de loin çà et là, en signalerait le nombre, la forme, et indiquerait le point d’où il les verrait venir. Sur cette tour, lorsque la nuit humide et obscure embrasse

7 G LA NAUTICA. L1BRO I.

La terra ingombra e’1 mar col denso vélo, Splendida face ardesse , a la cui luce Emula de la luna il corso errante Drizzar potesse ogni smarrita nave.

Vorrei che moite il porto mio d’ intorno laigge avesse e ricetti , ove lo stanco Peregrin si posasse allor che giunto Si trova al fin de’ perigliosi errori :

Chiusi anco e forti alberglii , ove le salme Che dal legno il nocchier fermô sul lido, Fida chiudesse ed ingegnosa chiave.

Nel più sublime loco ornato tempio V’ innalzerei, dove colui che scampo Trovo da 1’ onde irate i sacri voti Appendesse in memoria , e la tabella Ov’ è l’ istoria del passato danno.

Di larghe piazze aneor einto il vorrei,

Ove di portamenti e d’ idioma Varii adunarsi i popoli remoti Potessero a far patti , a cangiar merci.

Fonti vi bramerei di natie linfe;

E se scai'so ivi il suol fosse di viva Vena, farei che vasi arte maestra Sotterra vi facesse, ove purgato Si serbasse l’ umor che da le nubi La gelosa Giunon distilla in pioggia.

Vorreivi alfin poco lontan da 1’ onde Di forte chiuso e custodito giro lien inteso arsenale, ove sicura

de son voile épais la terre et la mer, des feux brillants seraient allumés, dont la clarté, rivale de celle de la lune, aiderait aux navires égarés à retrouver leur route. Je voudrais, aux entours du port que je suppose, un grand nombre de galeries couvertes, d’abris, où le voyageur fatigué, après avoir touché au terme de ses courses périlleuses, pût trouver du repos; de vastes magasins, dont les portes, munies de fortes serrures, tinssent enfermées les marchandises qui seraient déchargées sur le rivage. Dans l’endroit le plus élevé, je bâtirais un temple richement orné, où le navigateur,* échappé au naufrage, viendrait appendre les vœux qu’il fit au moment du péril, et placerait le tableau destiné à en consacrer la mémoire. Je voudrais également des places spacieuses où les étrangers, de nations éloignées et différentes de costume et de langage, pussent se réunir pour y traiter d’affaires, pour y échanger des marchandises. Des fontaines alimentées par des eaux vives y seraient établies ; et, à défaut de sources, je ferais en sorte que des réservoirs souterrains, disposés avec art, recueillissent leseaux que la jalouse Junon fait tomber des nuages sous forme de pluie. A peu de distance de la mer serait un arsenal convenablement ordonné, fermé de toutes parts et bien

7# LA NAUTICA. LIBRO i.

Stanza avesser le navi , allor che il verno Suole innasprir contr’ Orione armato.

Lunglii aver questo e spaziosi tetti Dee, sotto cui dimori il fabbro, mentre Contesse i novi legni, e quei, che aperse Il tempestoso mar, salda e ricuce :

E stanze altre in disparte, ov’ altri attenda A tesser vele , altri a rivolger sarte ,

Altri a far remi , altri a forraar col foco Su le sonanti incudi ancore gravi :

Ove in ampio ricetto, e’n chiusa parte Pendan lucidi usberghi, elmi, loriche, Ferrati scudi , frassini ed abêti Conversi in lunghe lancie, e spade ed archi E dipinte faretre, e quegli ardenti Folgori elle involô di mano a Giove L’ empio German sovra Prometeo audace.

Tutti qu'l sian con ordine distinti Questi bellici ordigni, i gravi, i lievi,

Quei che fulminan pietre, e quei che’l ferro Con suon che fa tremar la terra e’I cielo Da l’affocate fauci awentan lunge.

gardé; un bassin y serait pratiqué pour recevoir les batiments, lorsque l’hiver déploie ses rigueurs contre Orion, armé du glaive (i). De vastes hangars y abriteraient les ouvriers qui travaillent à la construction de nouveaux navires et au radoub de ceux qu’a maltraités la tempête. Plus loin, d’autres ateliers seraient destinés aux ouvriers qui fabriquent les voiles, commettent les cordages, travaillent les avirons, et à ceux qui, faisant résonner l'enclume, forment, à l’aide du feu, de lourdes ancres. Dans un grand espace fermé, on verrait suspendus à la muraille de brillantes cuirasses, des casques, des cottes de mailles, des boucliers ferrés, des frênes, des sapins convertis en énormes lances, des épées, des arcs, des carquois bariolés, et ces foudres brûlants qu’un Allemand inhumain, plus audacieux que Proinéthée, déroba des mains de Jupiter. Tous les instruments de guerre occuperaient ici une place distincte, lourds ou légers, ceux qui lancent des pierres et ceux qui, de leurs bouches enflammées, vomissent au loin le fer avec un bruit qui fait trembler la terre et le ciel. Enfin,

(i) Constellation composée de dix-sept étoiles et placée aux pieds du Taureau. Elle a la figure d'un homme armé d'un glaive, d’où les poètes ont pris occasion de parler de l'épée d'Orion.

Ho LA NAUTICA. LIBRO K

Sia in somma tal questo arsenal , che chaula E serbi quanto oprare in pace o’n guerra Devria guerriero e fabbro , e non gli manche Armeggio alcun di quei che suol fra l’ onde Bramar nel legno suo saggio nocchiero.

Nè già dei tu , se di si nobil parte Vuoi 1’ esempio veder, gli Arabi e gl’ Indi Cercar remoti , e trapassar dov’ arde I/arena d’Etiopia, o dove il gielo Stringe là sotto l’Orse il mar e i fiumi;

Poi chè la gran città che regge il freno D’Adria un n’ ha in sen vie più famoso e illustre Di quel ch’ ebbe Cartago ; e quel che mille Navi poteo capir, che fondo l’empio Tiranno che Sicilia oppresse e strinse.

Ma perché vola il tempo , e già vagando Trascorso ho largo spazio ; a lin che prenda La sua forza di novo il braccio stanco,

Do posa ai rend , e ’l curvo ferro affondo.

F1\'K DEI. I.IBRO PRIMO.

cet arsenal devrait être tel, qu’il contînt tout ce qui peut être utile au soldat, à l'ouvrier, en temps de paix ou de guerre, et qu’il n’y manquât aucun des objets nécessaires à l’armement d’un navire et dont un sage marin veut être pourvu sur mer.

Mais un port semblable existe, et, pour en admirer le magnifique spectacle, il n’est pas besoin d’aller au loin chercher les peuples de l’Arabie et de l’Inde, de traverser les sables brùlantsde l’Ethiopie, d’aller visiter les régions glacées de l’Ourse. La grande cité qui domine l’Adriatique en possède vin beaucoup plus fameux et plus remarquable que celui qu’avait autrefois Carthage, ou celui que fonda le tyran , oppresseur de la Sicile, et où mille vaisseaux pouvaient être contenus.

Cependant le temps vole, et, dans ma course, j’ai franchi un long espace; mes bras fatigués ont besoin de prendre de nouvelles forces ; je vais donc poser les rames et jeter l’ancre.

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