‹ La navigation, poeme de Bernardino Baldi, traduit de l'italienChapitre 9 sur 41 · LA NAUT1CA. LIBRO I · texte numérisé non relu

LA NAUT1CA. LIBRO I

Garrula seco la stagion de’ fiori.

Questi di fango pria, di frondi e giunclii, Quell’ esempio imitando, il primo umile Tugurio fabbricossi, onde con gli anni Appreser gli altri poi d’ alzar al cielo Torri, palazzi, anfiteatri, e tempj.

Duce sia dunque la natura , u’ l’ arte Ancor non nacque, od è fanciulla o inferma.

Fabbricate le navi, a mostrar vegno Corne anco le triremi altri si formi.

Dunque poi ch’ avrà il fabbro insieme accolta Materia atta a dar fine al suo lavoro,

Prima base de 1’ opra il lungo legno Del fondo adatterà, che da la prora Corre a la poppa , e ’l rilevato ventre Del gran concavo vaso in due divide ;

A cui di curve coste ordine certo Afliggerà , s\ che a mirarlo sembri Di marittima belva al lido spinta J1 contesto de l’ossa ignudo e scarno.

Nè debbon le galee di navi in guisa La prora erger e ’l fianco; anzi su 1’ acque Basse averle cosi , che viste lungc

LA NAVIGATION. LIVRE I. \ r y

alors qu’elle ramène en gazouillant la saison des fleurs, se fit, à son imitation, une humble chaumière formée d’abord de boue, de feuillage et de joncs. Ce fut de ce premier essai que d’autres apprirent ensuite avec le temps à élever jusqu’au ciel des tours, des palais, des amphithéâtres et des temples. Que la nature serve donc de guide partout où l’art est encore inconnu, à peine naissant ou en décadence.

De la construction des vaisseaux je passe à celle des trirèmes (i).

Lorsque les matériaux propres à l’exécution de ces dernières sont réunis, on commence par ajuster sur la cale la longue pièce de bois qui va de la proue à la poupe, et qui sépare en deux le ventre saillant que forment les parties concaves du navire; sur cette pièce on fixe, dans un ordre déterminé, des côtes arquées, de sorte que les yeux sont tentés de prendre cette grande charpente pour le squelette nu et décharné de quelque monstre marin jeté sur le rivage. Les galères ne doivent point ressembler aux vaisseaux pour la hauteur de leur proue et de leurs flancs; il faut même qu’elles s’élèvent si peu au-dessus des eaux, que, vues à une certaine distance de

(i) Espèce de galères à trois rangs de rames.

LA NAUTICA. LIBRO 1.

Dal suol , pajan del mar sorgere a pena.

Soglion di queste i lunglii lati armarsi Di ventiquattro remi, e più, se avviene Clie più di legni tai si stenda il fîaneo.

Fansi i remi di faggio, il cui soverchio Peso il piombo contempra , aggiunto dove Fæ dure man’ l’ignobil turba appoggia.

Pari in numéro a’ remi anno aneo i seggi , Ove siede, cadendo ignudo il tergo,

Quell’ ordine de’ servi , che traendo Al petto il lungo remo , il legno spinge ,

E candide nel mar desta le spume.

Chiudesi poi del lungo ventre il voto In fosclie anguste celle, anzi diviso Con saldo suol di ben congiunta selva.

Quinci ove lascia il destro fianco vano D’un remo il loco, il palischermo pende, Fncontro a cui su la sinistra sponda Giace il cammin fuliginoso e negro,

Ove per cocer 1’ esca arde Vulcano.

Da la poppa a la prora in mezzo al col nu»

Lungo e stretto sentier s’ innalza alquanto , Cui l’uso il nome dà : corsia si chiama;

Poi che v* ha il corso libero colui Ch’ or dura sferza oprando, or grido, or fisch L’ incatenate genti afflitte e stanche Rampogna, fiede, cd al ben far rincora.

Giaccion poi su la prora a grosse funi

LA NAVIGATION. LIVRE I. 4j

terre, elles paraissent sortir à peine de la mer. Leurs longs côtés sont ordinairement armés de vingt-quatre rames, et d’un plus grand nombre quand leurs flancs sont plus allongés. Ces rames sont en bois de hêtre, et leur excessive pesanteur est contre-balancée par le plomb qui règne sur la partie où s’appuient les mains endurcies des galériens. En outre, ces bâtiments ont à chaque rang de rames un banc correspondant où sont assis les esclaves qui, les épaules nues, tirant en cadence sur leur poitrine leurs longs avirons, poussent le navire et font voler l’eau en écumes blanchissantes. De sombres et étroites cellules ferment le vide qui existe le long des flancs, et que partage un solide plancher en bois bien ajusté. A droite, à la place d’un aviron, est suspendu un canot, et vis-à-vis, sur l’autre bord, est établi le foyer noir et plein de suie où, pour faire cuire les aliments, s’allument les feux de Vulcain. De la poupe à la proue, au milieu du bâtiment est un étroit sentier, un peu élevé, qu’on appelle coursier, parce qu’il est destiné à laisser un libre passage au patron qui, tantôt avec le fouet, tantôt avec la voix ou avec le sifflet, frappe, gourmande, excite les forçats enchaînés qui manquent de vigueur ou cèdent à la fatigue. Sur la proue sont

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Appesi i curvi ferri a morder pronti L’ umido suol de le tenaci arene.

Il pin che ne la selva il vivo e ’1 verde Perdeo dal ferro tronco, ed ebbe in sorte Di sostener, lasciato il natio carco ,

De l’antenna le braccia, in mezzo al fondo, Trastullo ai venti s’ erge, e doppio spazio Fra se interposto vede e l’alta poppa ,

Di quel che dal suo piè scorge a la prora ; La prora , a le cui travi il piè s’appoggia Del picciol arbuscel che ’l picciol vélo De l’umile trinchetto al vento porge.

Non ci ha giusta galea , che quattro almeno Lini , oltra questo brève , anco non abbia ; Perché s’egli addivien che lieve spiri Aura di vento , il buon ministro spande Il capace artimone, ove, se forza Prende alquanto maggior 1’ aereo moto,

Da l’antenna il discioglie, ed in sua vece Altro minor ci allaccia , e nol depone ,

Fin che ténor eguale il vento serba :

Il terzo anco men grande oppone ai colpi De’ più feroci spirti : il quarto angusto Vie più di tutti e vile, allor adopra,

Che pallido timor dipinge il viso Al medesmo nocchier, mentre fortuna Muove e concita 1’ onde, e per l’immenso Grembo del mar le navi urta e disperge.

amarrés avec de gros cordages les fers recourbés prêts à mordre le fond sablonneux qui doit les retenir. Le pin, qu’un fer tranchant est allé priver de vie et de verdure dans les bois, et qui, dépouillé de ses rameaux, fut destiné à soutenir les bras de l’antenne, s'élève du milieu de la cale, et s’offre debout aux vents pour en devenir le jouet ; l’espace qui le sépare de la poupe est double de celui qui s’étend de sa base jusqu’à la proue, sur les couples de laquelle s’appuie le pied de l’arbrisseau qui présente au vent la petite voile de l’humble trinquet. Il n’y a pas de galère convenablement disposée qui, indépendamment de cette petite voile, n’en possède au moins quatre. En effet, s’il ne s’élève qu’une légère brise, l’habile pilote déploie l’ample artimon, ou, si le mouvement de l’air prend un peu plus de force, il le détache de l’antenne pour lacer à sa place une moindre voile, qu’il ne retire point tant que le même vent se soutient; il en oppose une troisième encore moins grande à la tempête plus violente. Quant à la quatrième, la plus étroite, la plus mince de toutes, il l’emploie lorsque, pâlissant de terreur, il voit l’ouragan agiter, soulever les ondes, et le$ vaisseaux se heurter et se disperser dans l’immense sein de la mer. On embarque deux gouvernails,

LA NAUTICA. UBRO I.

Due portansi timon’ ; de’ ([liai l’un sempre Sopra stridente cardine si gira;

Giaeesi 1’ altro, e per allor si serba,

Che da 1’ estrema poppa il primo svelle Di gran tempesta d’ onde orribil colpo.

Con gradi alfîn dal suol, di trono in guisa Real , s’ alza la poppa , ove s’ asside Chi d’ ostro o d’ or pomposamente adorno La tri rem e ha in governo , e del cui senno Debbonsi gli altri far volere e legge.

Tessersi questa suol di nobil legno,

Com’ anco è nobil parte , e molto è vago Per opra tal di c^uella pianta il tronco,

Che con l’ombre nocenti i semi adugge.

E ’n guisa tal comunemente 1’ uso Di men nobil galea la poppa adorna,

Ma s’ esser questa eletta a 1’ altre duce Deve , e di loro aver su 1’ onde impero , Premio proposto pria di molto argento, S’inviti chi col ferro il legno formi;

E chi con color’ varii in lui dipinga Di Peleo i furti , le cangiate forme Del vecchio Proteo , Galatea fra 1’ onde Candida natatrice, ed in disparte Sovr’ alto scoglio il suo difforme amante, Che dando spirto a I’ incerate canne,

l’un qui tourne toujours sur ses gonds bruyants, l’autre qui, couché sur le pont, est tenu en réserve jusqu’à ce qu’un horrible coup de mer vienne arracher le premier de l’extrémité de la poupe. Enfin, sur l’arrière est un siège que des marches élèvent au-dessus du pont, à l'instar d’un trône, et sur lequel se place, pompeusement orné de pourpre ou d’or, celui qui gouverne la trirème et dont la volonté doit être la volonté et la règle de tous. Cette partie de la poupe, comme la plus noble, se recouvre d’un bois précieux; le plus recherché pour cet usage est le tronc de cet arbre dont l’ombre est nuisible aux végétaux (i). C’est ainsi que communément on décore l’arrière même des moins magnifiques galères. Mais lorsqu’il s’agit de celle qui a été choisie pour être à la tête des autres et pour leur commander sur les mers, une forte somme d’argent est promise en récompense, tant à celui qui doit façonner le bois avec le ciseau , qu’à celui dont le pinceau doit y retracer avec des couleurs variées les larcins de Pelée, les transformations du vieux Protée, la blanche Galatée se glissant à travers les ondes, et son amant difforme (2) qui, se tenant à l’écart sur

(1) Le noyer.

(a) Polyphème.

5ü LA NAUTICA. LIBRO I.

Sembri allettar con mal composte note La bella vaga a le propinque arene.

Nè coprir seggio tal povero vélo Deve; ma ciel, che spazioso inviti Gli occhj a mirar le sue ricchezze, e splenda Di porpora contesto e di fin oro.

Quinci in sublime ed elevata parte Grande e dorata lampade s’ appende,

Che di chiari cristalli intorno einta,

Il tremulo splendor che accoglie in seno,

Da lo scuoter de 1’ ale, e da 1’ orrendo Sofifiar de’ venti copra , e’I ciel notturno Col suo lume indorando, a Stella eguale, Segni a’ seguaci abêti il cieco solco.

Rendonsi poi di grave sabbia onusti,

Perché giaccian librati, e perché forse Non sian mal atti i legni , e troppo lievi.

Spalmansi questi al fine , acciocchè 1’ unto Cosi gli faccia sovra il molle suolo De 1’ onde sdrucciolar, corne vediamo Là sotto il polo in su gli strisci i carri Ratto fuggir per gli agghiacciati fiumi.

Poi che il legno è perfetto , e ’l fabbro gode De la Iode e del premio, e lieto mira L’ opra de le sue man’ tratto in disparte :

Mentre ancor sovra il lido în su le travi,

LA EAVIGATION. LIVRE I. 53

un rocher élevé et soufflant dans ses tuyaux réunis par la cire, semble, par des sons mal modulés, attirer la belle infidèle près du rivage. Ce siège doit être à couvert , non sous une toile grossière , mais sous un ciel spacieux qui, tout éclatant de pourpre et d’or, attire les regards par sa richesse. Au haut de la poupe, à la partie la plus élevée, on suspend un grand fanal doré dont l’éclat vacillant, protégé contre les secousses des voiles et contre le souffle impétueux des vents par les cristaux transparents qui l’entourent, brille dans la nuit du ciel à l’égal des étoiles, et indique la route aux bâtiments qui suivent. On charge aussi les navires de gravier pour leur donner de la stabilité, une assiette convenable et empêcher qu’ils ne soient trop légers. Enfin, on les espalme (i) de façon que le suif les fasse glisser sur la molle surface des eaux , comme on voit sous le pôle ces rapides traîneaux qui fuient sur des plaines de glace.

Après l’entier achèvement du bâtiment, lorsque les ouvriers ont reçu le prix et les éloges dus à l’œuvre sortie de leurs mains, et que, d’un œil satisfait, ils la considèrent de loin tandis qu’elle est

(i) On entendait autrefois par cspalmer , enduire de suif fondu le dessous d’un vaisseau, d'une galère. Aujourd’hui il signifie nettoyer, approprier la carène d’un bâtiment.

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Che sostegno gli fanno, altiero siede;

Suol movendo il nocchier dal porto al tempio Sacerdote chiamar, che in hianco e puro Y T estir, dopo cantar di caste note,

Dopo avergli d’ intorno il fianco asperso Con verde ramuscel di sacre linfe,

Certo gl’ imponga, onde s’ appelli, il nome.

Son poi le cagion’ varie, onde a ciascuno Vien questo nome o quel eoncesso in sorte; Perché di loro alcnn da qualche nume Si chiama, che dorato e fiammeggiante Gli orni la poppa o la ferrata prora.

Altro il nome ha del suo signore illustre,

E scritto il porta in riguardevol parte :

Quai alto limitai' d’ augusta reggia,

Che le famose insegne e ’I nobil nome Di chi 1’ alzô dal suol, mostri nel f’regio.

Altro da chiaro e nobil fabbro il prende, Pur corne già quel d’Argo, altro da’ mostri Di cui porti scolpiti i capi orrendi,

Corne quoi legni fur che da Sigeo Il pietoso Trojan piangendo sciolse.

Kra questi legni, a cui le antiche genti Dal numéro de’ remi il nome diero,

Sempre famosi lien quei che il Senato Veneto fabbricô , quando al superbo Tiranno oriental fiaccaro il corno L’invitte arme d’Europa il di che giunse

encore majestueusement assise sur les chantiers, les matelots quittent le port pour aller au temple; ils y vont chercher le prêtre qui, revêtu d’une robe éclatante de blancheur, après avoir adressé au ciel de chastes chants, doit avec un vert rameau arroser d’eau sacrée les flancs du navire et lui imposer le nom qui lui est destiné.

Un batiment doit son nom à des causes variées : tantôt c’est à quelque divinité qui orne, étincelante d'or, sa poupe ou sa proue garnie de fer; tantôt à l'illustre maître auquel il appartient, et dont le nom figure sur quelque partie apparente, comme au-dessus de l’entrée d’un magnifique palais, sur la frise, brillent les armes et le titre de son fondateur; tantôt à l’homme célèbre qui a présidé à sa construction, ainsi que cela eut lieu pour le navire Argo ; tantôt aux monstres dont les horribles tètes sont sculptées sur sa muraille, à l’exemple des vaisseaux qui sortirent du port de Sigé emportant le pieux Enée, accablé de douleur. Parmi les bâtiments qui, anciennement, étaient désignés par le nombre de leurs rames, il en est qui seront à jamais fameux: ce sont ceux que fit construire le sénat de Venise, alors que l’Europe résolut d’abattre par les armes l’orgueil du despote de l’Orient, et que, dans ce but, la

LA NAUTICA. L1BHO I.

Concorde voglia in un le destre e i cori De la Donna de l’Adria , e de 1’ ibero Rege, e di cbi sul Tebro ha sacro il manto.

Saisi il mar di Corinto , e più d’ un hume Ch’ in sen gli scende, Eveno ed Acheloo Fien testimon’, che timidi e tremanti Fur per torcer il corso a 1’ alte fonti :

Quando credendo di meschiar con 1’ onde Amare il dolce , il mescolar’ col sangue ,

Col sangue ond’ era sparso il mar , che irato Volgea (grave spettacolo ed orrendo)

T ronche membra , arsi legni , archi e faretre. Ma perché tardo ornai? perché non spiego Quai sian de 1’ uom del mar gli ordigni e l’arme? Senza aita di cui né solear lice,

Né de .’irato mar vincer la rabbia.

Dunque, perché non puote immensa nave Accostarsi ove vuol , chè cio 1’ è tolto Da 1’ acque non profonde, il palischermo Aver dee sempre seco, e lunghi ponti,

Onde varco si faccia al fermo lido :

Aver anco le trombe a sugger pronte Fin dal più basso fondo i saisi umori Che penetraro ove spiraglio angusto Dato fu lor da le disgiunte travi :

Né quel deve obbliar, ch’ a lungo filo

maîtresse de l’Adriatique, le roi d’Espagne et le pontife révéré qui règne sur le Tibre, réunirent, d’un commun accord, leurs forces redoutables : époque mémorable dont garderont à jamais le cruel souvenir la mer de Corinthe et plus d’un fleuve qui se jette dans son sein , comme Evenus et Achéloüs qui, timides et tremblants, furent sur le point de remonter vers leurs sources, quand, croyant mêler leurs eaux douces avec l’onde amère, ils ne la mêlèrent plus qu’avec du sang ; imposant et horrible spectacle où la mer sanglante, irritée, roulait çà et là des membres mutilés, des arcs, des carquois, des mâts embrasés. Mais hâtons-nous d’indiquer les objets essentiels aux navigateurs, et sans le secours desquels ils seraient inhabiles à sillonner ou à dompter les mers.

Un grand bâtiment ne pouvant, par le manque de profondeur des eaux, s’approcher indifféremment d’un lieu quelconque, il faut que le navigateur ait toujours à sa disposition un canot et de longues planches qui lui servent de pont pour descendre à terre ; il faut aussi qu’il soit pourvu de pompes prêtes à enlever de la cale l’eau salée qui s’y est introduite par quelque fente étroite, à travers les coutures; qu’il soit muni du plomb qui, suspendu à un long fil, lui permettra de

LA NAUT1CA. LIBKO I.

Grave piombo sospeso , i ciechi abissi Di più profondi gorghi altrui rivela.

Dee procurar ancor che ’l picciol ago Che in volubil vasel difende il vetro,

Sia temprato cos'i , che non si stanchi ,

Nè pigro al foco giri ond’ arde il polo.

Parte di suo tesoro abbia anco insieme Accolto in breve spazio il volto immenso De la terra e de 1’ onde , ove non manclii , Nè sia fuor di suo sito isola, scoglio, Porto, cittate, promontorio , o fiume :

Ed abbia intorno a se ne’ proprii alberglii Segnati i venti ; l’Aquilon discenda Sovra i monti Ilifei, sovra la Tana Ad agitar le nevi ; il basso Noto Sia posto in parte , onde coinmova e giri L’instabil suol de le Getule arene :

Euro poco sia lunge ai ricchi regni Del geloso Titon là ve si volve Quasi ampio mar ne l’Oceano il Gange :

Zefiro abbia l’oecaso, e spiri sopra Quelle remote e sconosciute parti ,

Che dianzi aperse il Genovese audace :

Abbia il nocchiero ancor fra tante care Sue cose accolta in trasparente vetro Arida arena , che versando fuori D’ angustissimo calle, insegni altrui De 1’ ore il corso e 1 trapassar fugace :

Abbia gli ordigni seco, onde quei saggi, Cui se duce a le stellc Urania offerse,

sonder les cavités ténébreuses des gouffres les plus profonds ; qu’il ait soin que la petite aiguille qu’une glace abrite dans une boîte mobile soit constamment tenue en équilibre et ne se lasse jamais de tourner vers l’astre étincelant du pôle. Une partie non moins précieuse de son bagage est la feuille qui, dans un petit espace, représente avec exactitude l’immense étendue de la terre etde l’Océan, sans en excepter une île, un écueil, un port, une ville, un promontoire ou un fleuve, et autour de laquelle sont tracés les vents dans leur demeure respective: l’Aquilon, descendant sur les monts Riphées et sur le Tanais, d’où il entraîne les neiges ; Notus, l’aile basse, occupant le point d’où il fait voler les sables mouvants de l’Afrique ; Eurus, non loin des riches contrées du jaloux Tithon, là où le Gange se précipite comme une vaste mer dans l’Océan; Zéphire, à l’occident, soufflant sur ces plages lointaines et inconnues que découvrit naguère l’audacieux Génois. Au nombre des autres choses indispensables au marin, il faut mettre le cristal transparent d’où, tombant par un étroit passage, le sable indique le cours rapide des heures; il faut y comprendre aussi les instruments avec lesquels mesurèrent les immenses champs du ciel ces sages à qui la divine Uranie en-

Go

LA NAUTICA. LIBRO I.

Misuraron tfel ciel gl’ iminensi campi.

Felici, a cui fu dato uscendo a volo Fuor di valle palustre, a le superne Parti arrivar del mondo, e gloriosi Indi tornando, rivelarvi altrui Quai mente 1’ universo informi , e quale Puro accenda le stelle eterno foco :

Narrar chi faccia oltraggio al giro ardente Di Febo , e quai sia il vel che ’l volto illustre De la sorella sua copra ed adonibre.

Queste e tutte 1’ altre arme , onde ognor copia Dee procurar ben corredata nave,

Sian disposte cosi , che ’l servo accorto Ne’ soliti bisogni e ne gl’ incerti Non stenda al loco usato il braccio indarno.

imitisi il villan che al vaglio, al rastro,

A la falce, al marron, comodo e certo Loco prefigge, e le fumose mura Ricclie ne fa del poverello albergo.

Ma quai sarà il ministro a cui commetta,

Quasi a vivo instrumento, il nocchier saggio Di cottant’ opre 1’ opportuna cura ?

Odi , eleggi prudente uom , che di vaste Membra non sia ; se tal perb nol chicggia A l’ingrato sudor l’opra del renio;

Uom che 1' ardor non tema, e nulla stimi

seigna le chemin des étoiles: heureux mortels qui, prenant l’essor, s’élevèrent du fond de vallées marécageuses aux régions supérieures du monde, et eurent la gloire, au retour, de révéler l’intelligence qui règle l’univers, de signaler la cause du feu éternel et pur qui allume les étoiles, d’expliquer le phénomène qui cache outrageusement le disque enflammé de Phœbus aussi bien que celui qui voile et obscurcit la brillante figure de sa sœur.

Ces objets divers, comme tous ceux qui concourent à l'armement d’un navire bien équipé, doivent être disposés de manière à ce que jamais, dans les besoins ordinaires ou imprévus de la manœuvre, le matelot exercé ne tende inutilement le bras à leur place accoutumée. Imitez en cela l’homme des champs qui assigne un lieu commode et invariable au crible, au rateau, à la faux, à la houe, et en décore les murs enfumés de sa pauvre chaumière.

Mais quel sera l’homme, l’instrument vivant auquel le sage navigateur confiera le soin de tant de détails importants? Écoutez : choisissez prudemment un homme de moyenne stature , à moins qu’il ne soit destiné à l’ingrat emploi de rameur; que cet homme ne craigne ni l’ardeur du soleil,

(y). LA NAUTICA. LIBRO 1.

Il gelido rigor che la nocente

Notte dal lemho suo scuote e diflonde;

Ch’ ogni periglio sprezzi , e mai non lasci Al sonno lusinghiero in preda i lumi.

Aggia il servo marin tal anoo il guardo liinceo, che di lontan discopra e scerna Ogni picciol vascello , ancor che fosco Siasi notturno , o mattunino il cielo.

D’ ir in alto non tema, e’n cio pareggi Colui che audace e temerario ardisce Fidare a fragil fil d’ aerea fune ,

Con la morte scherzando, il piè fallace.

Sia snello in guisa, che volendo possa Largo spazio adeguar con leggier salto.

Nuoti quai pesce, e del mari no gorgo Spii le nascoste parti, e si nel petto Chiuda 1’ aure vital’, che lungo tempo Star possa sotto al mar, pur corne suole Ëssaco per morir, mentre rimembra L’antico duol che giù da 1’ alta pietra Lo spinse, ond’ ci vestio pallide piume.

Sappia i remi adoprar, sappia le sarte Temprar, ed aggirar ad orza a poggia L’ ampio gonfiato vélo, e intenda il fischio Del canuto nocchier che ’l legno regge :

ni la rosée glaciale que la nuit laisse échapper des extrémités de son voile; qu’il méprise tous les dangers et ne s’abandonne jamais aux douceurs du sommeil ; que ses yeux de lynx découvrent et distinguent de loin le plus petit navire, quelque sombre que soit le ciel , à toute heure du jour ou de la nuit; qu’il monte sans crainte au haut des mâts, égalant le bateleur hardi et téméraire qui, jouant avec la mort, ose confier ses pas incertains à la corde fragile suspendue dans les airs; que, leste, il puisse, quand il le veut, franchir d’un saut léger un grand espace ; nageur à l’égal du poisson, qu’il aille reconnaître les abîmes cachés de la mer, et qu’enfermant l’air dans sa poitrine, il demeure sous l’eau comme Esacus qui, de désespoir, s’étant précipité du haut d’un rocher dans la mer, fut métamorphosé en plongeon; qu’il sache faire agir les rames, préparer les haubans, amurer d’un bord à l’autre (i) la grande voile, gonflée de vent ; qu’il saisisse avec promptitude le commandement que donne le vieux pilote avec son sifflet. Arrivé dans le port, que son activité ne

(i) Le texte dit : ad orza a poggia ; c’est-à-dire, à orse à poge , qui sont des termes de marine du Levant Page est le côté droit, qu’on appelle tribord sur l'Océan; et orse , la gauche, bâbord.

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